‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 89 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

conscience vraiment; j'aimerais mieux qu'ils n'eussent pas de conscience. (Rires d'approbation au centre.)

L'amnistie, nous dit-on (c'est toujours M. de Sade que je cite), est une grande mesure politique ; c'est une œuvre de réconciliation.

Grande mesure politique, je le nie. Il est toujours impolitique de laisser le crime impuni.

Quant à la réconciliation, je l'avoue, je la désire autant que qui que ce soit. Mais je la veux avec les honnêtes gens. Quant aux brigands qni sont l'objet de l'amnistie, je ne tiens pas du tout à me réconcilier, pas le moins du monde! (Murmures.)

Je sais gré à l'honorable M. de Sade d'avoir dit que l'armée ferait toujours son devoir. Mais s'en suit-il qu'il faille toujours la mettre en champ clos avec les factieux?... Je ne veux pas, dans l'intérêt de l'armée, l'amnistie qui rendrait des chefs aux émeutiers.

M. Janvier a dit : L'amnistie efface les délits, la grâce remet la peine. C'est justement parce que l'amnistie efface les délits que je n'en veux pas. Je veux que le souvenir, je ne dis pas des délits mais des crimes, reste profondément gravé dans le cœur des Français malheureusement trop oublieux. Il faut qu'on s'en souvienne ; et c'est pour cela que je désire qu'il y ait jugement avant l'amnistie.

La royauté verra ensuite ce que les circonstances lui permettent de faire.

Je vote contre l'amnistie avant jugement, parce que la France doit connaître le complot et les machinations infâmes qui ont été ourdies. Il faut qu'elle sache combien la loi sur les associations était nécessaire, que c'était une loi de salut. Si vous étouffiez le procès, on ne verrait rien, on ne saurait rien. Si aujourd'hui l'amnistie était accordée,

demain tons les hauts barons de la presse, tons ces hobe^ reaux (Murmures) s'écrieraient : C'est qu'il n'y avait pas de preuves I C'est qu'il n'y avait pas de crimes ! C'est que la police avait tout fait !

Il faut rendre le complot évident à la France entière. L'amnistie ne serait pas une loi de clémence ; ce serait une lâche concession, une capitulation, diront les partis encore menaçants.

Je vote pour le projet de loi.

Dans plusieurs des citations qui précèdent, on a pu voir les sentiments de l'orateur à l'égard de la presse. Et cependant Bugeaudjf^îs^ît Wètxe point svs- ^^atiquement hostile à la prARRA^^ Ip. d^ylara avec une certaine netteté au commencement et à la fin de sa carrière"^aïïement aii:^^ ea. X83L. ^t. m 1^40.

En 1831. il s'afflssait de subventionner un journal

tejgtiifUeimfint les Hiaronrft Hps nratpnr« politifliiftp.

Je tiens beaucoup, dit Bugeaud dans la séance du 8 octobre 1831, à ce que la vérité soit connue. C'est un moyen de publicité de plus pour répandre un compte rendu fidèle de nos débats, et pour servir à la presse départementale.

Le 30 novembre 1840, à la veille de son départ pour le gouvernement général de l'Algérie, il disait :

On aurait tort /^^ /*t./^;t»o ^^ j^ an^c^ ^rtr^^^yii df Ifli liberté de la presse. Au fond je ne suis l'ennemi que de ses erreurs. j£ ne désire .pas le moins du monde la suppression de la liberté de la presse. Je désire que tous les hommes de sens,

Page 1