CHAPITRE V
>robation de ses méfaits, la ramènent dans de meillenres voies.
Ce que je reproche à la presse, c'est de nous avoir enlevé la publicité. (Qtielqties voix : C'est vrai! Rires à gauche.) Nous n'avons plus de publicité depuis que nous avons la presse. Trouvez-vous, dans la plupart des journaux, la physionomie de nos séances? Le pays assiste-t-il à nos discussions? (Au centre : Non! non !)
Pas le moins du monde. EUes sont complètement transformées ; ce n'est plus là ce que nous avons vu et entendu : c'est tout autre chose. Si la presse rentrait dans le langage de la vérité, elle serait utile au pays, et, je le déclare, je l'aimerais profondément.
Mais la façon déloyale dont les journaux d'opposition usaient de leurs armes contre le gouvernement et la société, le remplissait d'indignation et le poussait à s'associer aux mesures les plus rigoureuses.
Le 26 mai 1835, à Toccasion d'une amende de 10,000 francs votée par la Chambre, le général Bugeaud se déclara prêt, quant à lui, à voter même une amende plus forte *et de nature à tuer le journal du coup.
Le 28 août, dans la discussion des lois dites lots de septembre^ le général Bugeaud s'exprime ainsi :
Les lois qui vous sont proposées sont presque toujours combattues comme étant l'œuvre des ministres. Il est nécessaire de rappeler à l'opposition qu'elle a la France presque tout entière en présence. Oui, Messieurs, cette œuvre n'esi^ pas seulement l'œuvre du ministère ; il ne fait qu'obéir au
sentiment pablic de la France, c^est-à-dire de rimmense majorité de cette France industrieuse, de la garde nationale, des hommes d^ordre, des agriculteurs, des producteurs de toute nature qui veulent le repos, l'ordre et la liberté, et qui ont demandé des lois. Il y a longtemps que la France vous dit à vous, chambre, à vous, ministres : Vous êtes coupables d'avoir laissé si longtemps attaquer la Constitution, le principe du Gouvernement, le Roi qui est ce principe vivant; vous deviez les défendre plus tôt. Ces lois qu'on vous propose sont-elles trop fortes pour réprimer les attaques continuelles contre le principe du Gouvernement? Je crois, moi, qu'elles sont trop faibles. (Bruit à gauche.)
Il dît encore sur le même sujet, le 23 mai 1835 :
J'étais partisan de la liberté de la presse; il a fallu sa conduite insensée, tous les outrages qu'elle a déversés sur ce qu'il 7 a de plus sacré au monde, pour que je sentisse diminuer mon amour pour elle. Je croyais qu'elle maintiendrait les fonctionnaires dans le devoir, qu'elle proclamerait les vérités utiles. Mais qu'a-t-elle fait? Elle a répandu les mensonges, les sophismes et la calomnie sur les citoyens, sur les lois, sur les actes du Gouvernement, bons ou mauvais. Voilà ce qu'elle a fait, au lieu de remplir son mandat. Elle n'est plus un frein pour personne ; tous les honnêtes gens se révoltent contre elle. Voilà pourtant ce que l'on appelle la plus vitale de nos libertés I
Pour moi, je n'ai pas à me plaindre de la presse. En m'attaquant, elle m'a fait estimer des honnêtes gens. Elle m'a fait plus de bien que de mal, et je la défie de percer ma cuirasse ; cependant elle aurait pu me nuire dans bien des circonstances.