BUGEAUD ORATEUR MILITAIRE
Sollicitude du maréchal Bugeaud pour les intérêts du petit officier. — Les améliorations budgétaires. — Il prend la défense des traitements militaires (décembre 1831). — Le traitement des officiers (mai 1835). «-— Les officiers rentrant de captivité (juin 1834). — Les veuves des généraux (janvier 1834). — Le colonel Combes (février 1838). — Confirmation des grades donnés sous l'Empire (mars 1832). — L'armée à la Chambredes Pairs. — Les généraux députés (janvier 1840). — Théorie de la guerre d'embuscade (mars 1882). — Ce qui constitue le bon soldat (mai 1835). — Prophétie de la guerre de 1870. — Recrutement de l'armée (avril 1836). — Les fortifications de Paris (juin 1838, janvier 1841). — ChiflEre d'effectif (mars 1833). — Les pensions militaires (mars 1834). — Les volontaires de 98 et les héros de Juillet (janvier 1834). — Éducation militaire; l'école de la Flèche (janvier 1832, mai 1835). — L'élément civil dans les conseils de révision (mars 1840). — La question d'Orient (novembre 1840).
La sollicitude légendaire que le maréchal Bugeaud, en campagne, portait au bien-être du soldat, fut manifestée par lui au Parlement dans toutes les questions qui se rattachaient à la situation de Tofficier, en particulier à celle du petit officier.
Le général Bugeaud était riche pour Tépoque oh il vivait. L'aisance dont il jouissait comme gentilhomme campagnard pendant ses quinze ans de disponibilité, — répoque la plus heureuse de sa vie, — suffisait à ses besoins, à ses goûts. Aussi affirme-t-il souvent que ce n'est pas pour lui-même qu'il plaide, mais pour ses camarades.
En effet, à considérer les améliorations considérables que le second Empire et la troisième République ont apportées à la situation des officiers et soldats soit pour les pensions, soit pour les traitements, soit pour les émoluments accessoires de toute sorte (1), on reconnaît aisément qu'en 1830, sous un gouvernement naissant, au milieu des graves difficultés budgétaires, au lendemain du régime de demi-solde de la Restauration, la situation pécuniaire des officiers était loin d'être enviable.
"'^Tje député Bugeaud saisit donc toutes les occasions de défendre les intérêts pécuniaires du soldat et, au besoin, d'en réclamer l'amélioration. Dans la séance du 13 décembre 1831, il prend, à l'occasion * du budget, la défense des traitements militaires.
Il dit notamment :
Les traitements des militaires en activité étant toujours inférieurs aux traitements civils (Interruption), les traitements civils ont été successivement augmentés depuis l'Empire ; ceux des militaires sont restés immobiles. {Quelques voix : Pas de privilège!)
Il y a disproportion complète. Un colonel qui est à la tête de 3,000 hommes et de 100 officiers ne reçoit que 8,000 francs quand certains chefs de bureau en touchent 20,000. Je sais que les militaires sont dédommagés d'une
(1) Le second Empire, en dehors d'augmentations appréciables de traitement, a rétabli le traitement des légionnaires, a organisé les mat militaires, donné à l'armée circulation à quart de place, le tabac à prix réduit, etc. La troialème Bépublique a doublé les pensions ; sous le gouvernement de Juillet, Tarmée sur tous ces points était soumise au régime du droit commun.