CHAPITRE VI
antre manière. Ils sont payés par rixonnenr, et je ne propose pas d'angmenter leurs tmtements ; mais je demande qu'ils, ne subissent pas de réduction, puisque leurs traitements sont restés immobiles, quand tous les autres ont grandi depuis trente ans (1).
La somme employée & Tentretien de cette armée paraîtrait beaucoup plus légère, si on considérait que l'armée fait vivre une foule d'industries; ainsi l'habillement l'équipement et l'armement alimentent plusieurs branches de commerce.
L'armée répand d'une main ce qu'elle reçoit de l'autre. Je dirai de plus qu'à l'armée on ne fait aucune économie et que le soldat dépense plus qu'on ne lui donne; car il n'en est aucun qui n'écrive à sa mère qu'il est malade ou à l'hôpital pour en avoir de l'argent. (On rit.)
(1) Les traitements des officiers, en effet, ont été singnlièremcnt augmentée depuis la loi du 25 décembre 1887. — Voici quelques chiffrea comparatifs établiasant seulement pour Tarme de l'Infanterie la solde de 1887 et celle de 1882.
nrmitamanta. Eo 1SS7. En 18St. Angwêntaïk>9,
Colonel 7,600 9,76Ç ^ 2,166
Ifîeutenant-colonel 5,020 6,084 1,064
Chef de bataillon 4,240 5,004 7 G4
Capitaine de V classe 2,724 8,420 696
Capitûne de 2m« classe... 2,824 8,168 844
lieutenant 1,666 2,448 782
Bous-lieutenant 1,416 2,268 852
Pour Tanne de la cavalerie, il y a une ang^iientation de 200 francs euTiroa
pour chaque grade sur l'infanterie. Dans Tanne de l'artillerie, ces différences
sont moins accentuées :
Itettemeiita. En 1837. En IS8S. AngmenUilon.
Capitaine de 1'* classe. . . . 2,924 8,600 676
Lieutenant 2,116 2,628 512
Bous-lieutenant 1,916 2,566 640
Le traitement des généraux de division (lieutenants généraux) n'a pas été notablement augmenté. H était de 26,400 francs en 1887 : il est de 26,910 francs aujourd'htd. C'est le général de brigade (maréchal de camp) qui a le plus bénéficié des lois nouvelles ; il touchait 18,600 francs sous le toi Louis-Philippe, il touche 15,948 francs sous la seconde République, c'est-&dire 2,848 francs de plus.
Les garnisons donnent la vie et Tactivité à toutes les branches de commerce. Bien ne le prouve mieux que les demandes que font les villes pour avoir des troupes.
Depuis le grade de colonel surtout, les traitements sont trop faibles et celui de colonel le plus mal rétribué. Un colonel d'infanterie, par exemple, a cent et tant d'officiers sous ses ordres. Pour les apprécier, pour juger leur talent, leur mérite, leur communiquer ses id^es, s'identifier avec eux, faire passer dans leur âme ce qui est dans la sienne, il faut qu'il les reçoive, chez lui, qu'il les admette à sa table. Il lui faut des frais de représentation plus considérables qu'à beaucoup de fonctionnaires salariés plus haut dans l'échelle hiérarchique.
L'année suivante, 13 mars 1832, sur l'amendement Mangin tendant à réduire les traitements militaires :
Je suis rentré au service après quinze ans d'absence de l'armée, parce que je croyais la guerre imminente, la France menacée. Certes, ce n'est pas à mes appoii^tements que je tenais ; c'est dans cette position que je viens défendre mes camarades.
... On veut appliquer aux militaires les règles adoptées pour la réduction des traitements civils. Gela ne me paraît pas équitable. Kon que je veuille, en aucune manière, élever les services militaires au-dessus des services civils. Mais les carrières diffèrent.
Un fonctionnaire civil n'est pas forcé d'être fonctionnaire ; un militaire est forcé de l'être. Dès l'âge de vingt ans, il perd, dans la carrière des armes, les années qu'il aurait pu employer dans une autre profession; quand il a commencé l'état militaire, il est forcé de le continuer..*