‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 96 sur 294 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

et autres infirmités semblables. Quoique je ne puisse le prouver, ces maladies n'en sont pas moins prises au service.

Dans la discussion de la loi sur le cadre de l'étatmajor en 1834, le général Bugeaud avait soulevé une sorte de tumulte parlementaire en comparant l'avancement attendu par les officiers méritants à un pico- Un d avoine.

a C'est une expressîon empruntée à notre plus célèbre fabuliste, d avait dit l'orateur un peu surpris du bruit que suscitait son expression familière. Dans la discussion de 1835, le général reprit son expression, et, cette fois, comme il l'entoura de certaines précautions oratoires, elle passa sans encombre.

Je ferai d'abord remarquer, dit-il dans la séance du 14 mai, que de toutes les armées de l'Europe, l'armée française est celle qui a proportionnellement le moins de généraux, et celle qui les paie le moins.

... En temps de paix une armée ne peut se passer d'avancement. Il faut de l'émulation. Malheureusement les hommes sont ainsi faits. Us n'aiment pas à rester dans la même situation...

Quand le colonel a bien servi, il lui faut le grade d'officier général. Voilà pourquoi il faut que le cadre des officiers généraux soit proportionné à l'armée. Vous avez besoin, engér néral, d'entretenir cette émulation salutaire. Je ne dirai pas qu'il faut avoir le picotin d'avoine^ puisque cela a fait rire, quoique le mot fût certainement très bien placé. (Hilarité à gauche.) Je ne devrais pas craindre d'employer l'expression d'un de nos meilleurs poètes ; mais je dirai qu'il faut de l'ér

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malation dans le militaire comme dans le civil. Un substitat veut devenir procureur du roi, un sous-préfet veut devenir préfet. C'est dans le cœur humain I Que feriez-vous des colonels, si vous n'aviez pas un cadre d'officiers généraux?

Le 12 juin 1838, il réclanae le rétablissement d'une indemnité d'Afrique (suppléments de solde). Il avait vu la situation par lui-même aux campagnes de la Sickack et de la Tafna.

La suppression, dit-il, d'une indemnité dont les officiers, sous-officiers et soldats ont joui en Afrique jusqu'en 1834 a subitement changé leur position.

Messieurs, l'Afrique est dure, très dure ; les fatigues y sont grandes. Les officiers ont de grandes dépenses à faire ; ils ne vivent qu'avec la plus grande difficulté. Dans les camps, ils ne peuvent avoir que les vivres que des spéculateurs apportent d'Europe et qu'on leur vend bien plus cher qu'à Paris. D'autre part, dans les expéditions, les officiers dépensent beaucoup pour leurs vêtements; j'ai vu que plusieurs fois, dans de petites expéditions de huit à dix jours , ils usaient complètement un pantalon et une paire de bottes et déchiraient souvent leur habit et leur capote. Leur position est vraiment misérable, obligés sans cesse à vivre de privations. Eh bien, quand vous accordez une indemnité aux troupes qui sont sur la frontière des Pyrénées (1), qui sont en garnison à Lyon , à Paria , n'est-il pas juste d'accorder, je dirai même qu'il y aurait injustice à ne pas accorder, l'indemnité que je demande pour les officiers d'Afrique ? Elle est indispensable

(1) Surveillance motivée par les guerres civiles d'Espagne, Carlutoê et Crû' tinos.

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