CHAPITRE VI
Il pénètre dans la ville et excite les soldats ^ après cette horrible explosion qui avait jeté un peu d'hésitation dans les rangs. Il reçut le coup mortel au moment où il assurait la victoire. Quand il la voit sûre, il revient sur la brèche, où il rencontre le général en chef et le duc de Nemours. Il leur rend compte de sa mission avec un calme tel , qu'on aperçoit qu'il est blessé seulement lorsqu'il se retourne. On vit alors le trou de la balle qui avait percé l'omoplate et traversé le poumon. <t Heureux, dit-il, ceux qui survivront à cette victoire ! »... Le lendemain, il était mort! Non, vous ne devez pas craindre, en faisant une noble exception pour le colonel Combes^ de compromettre nos finances. De pareils caractères ne seront pas trop communs. Si votre décision arrivait à les multiplier, il n'y aurait qu'à l'en bénir. (Séance du 10 février 1838.)
Quand Thonneur militaire lui semble en jeu il insiste encore plus vivement que sur les questions d'argent.
Dans la séance du 15 septembre 1831, le général Bugeaud propose et soutient un amendement tendant à faire confirmer les décorations accordées, du 4 février au 7 juillet 1815, tant par TEmpereur que par les généraux commandants de corps.
Quelques jours plus tard, il demande aussi la confirmation des grades donnés par le Gouvernement impérial à la même époque.
Le 10 mars 1832, on délibérait sur une loi dont l'objet était de faire porter au Panthéon les restes des citoyens Foy, La Rochefoucauld-Liancourt, Manuel et Benjamin Constant.
Le maréchal Clauzel ayant proposé d'ajouter le maréchal Ney, en Tinscrivant en tête, le général Bugeaud propose d'ajouter aux cinq noms ceux de Dugommier, Masséna, Hoche, Kléber, Desaîx, La Tour-d'Auvergne.
Je révère, dit-il, je respecte la mémoire des grands hommes qui sont venus à cette tribune défendre la liberté, et qui l'ont défendue dans leurs écrits ; mais je crois que l'on ne doit pas moins de récompenses à ceux qui l'ont défendue sur le champ de bataille. (Interruption, bruit.)
Les grands hommes dont vous voulez honorer la mémoire ont fleuri dans le repos et la tranquilUté que la France devait à ceux que je propose de leur adjoindre. (Nouvelle interruption.) Si nous n'avions pas vaincu sur le Rhin et les Alpes, Manuel, Foy et Benjamin Constant n'auraient pu faire briller à cette tribune l'éloquence parlementaire.
M. Odilon Barrot, dans une réplique, ayant qualifié à^ honorables les personnages mis en avant par Bugeaud, celui-ci s'écrie : a: Ils sont plus qu'honorables. Monsieur, ils sont illustres! 2>
Dans une séance du 15 octobre 1831, la délibéraration portait sur la révision de l'article 23 de la Charte relatif à la nomination des pairs de France. On proposait de les choisir parmi les citoyens ayant six ans de fonctions civiles électives (membres des chambres de commerce et des conseils généraux payant 3,000 fr. de contributions directes). Le général Bugeaud réclama en faveur de l'armée.