LES ORIGINES DE LA GUERRE D'ITALIE
Les origines de la guerre d'Italie. —L'Autriche et le Piémont. — Déclaration dé guerre. — L'armée des Alpes. — Le général comte Giulay. — Proclamation de Napoléon 111.
On sait ([lie, pendant la Guerre de Grimée, le petit royaume de Piémont avait fourni à la France un contingent de 20,000 hommes, commandé par le général La Marmora, qui se battit, dans diverses rencontres, contre les Russes. Ge royaume était gouverné par deux hommes de haute valeur: le roi Victor-Emmanuel et son ministre, Gavour, qui voulaient agrandir le Piémont et affranchir l'Italie du joug de l'Autriche. Cette dernière puissance possédait alors la Lombardie et la Vénétie, et dirigeait les cours de Parme, de Modène et de Florence, les diverses principautés de l'Italie.
A cette époque, les sociétés secrètes, présidées par l'agitateur Mazzini, fomentaient de ténébreux complots contre l'Autriche et poussaient les popula-
tions à la révolte. Tout le monde sentait qu'un conflit était imminent (1), et que le canon seul dénouerait la crise. Depuis le jour où l'empereur Napoléon III, recevant aux Tuileries les représentants des puissances, avait gourmande M. de Buol, le représentant de l'Autriche, tout le monde s'attendait à une rupture et à un coup d'éclat.
La diplomatie avait fait de vains efforts pour les retarder. Le cabinet de Vienne prolongea, pour sa part, les négociations jusqu'au jour où il estima qu'il ne pouvait plus, sans compromettre sa dignité, éviter une rencontre.
Le 22 avril 1859, à la dernière heure, sommé de désarmer, il refusa d'obéir à cette perfide mise en demeure. Mais ce n'était pas assez: un impérieux ultimatum adressé au roi Victor-Emmanuel exigea le désarmement des troupes du Piémont et le licenciement sous trois jours <\i'^ corps francs ou volontaire* qui se livraient à d'inquiétantes manœuvres sur la frontière. Ainsi qu'on le prévoyait, M. de Cavour refusa: le 2(.), les Autrichiens envahirent le territoire sarde.
L'empereur Napoléon III avait promis de défendre le Piémont. Pendant les derniers jours d'avril, la Chambre des députés vota deux projets de loi, dont l'un décrétait la levée de 140,000 hommes, et
il) De toutes les provinces occupées par l'Autriche on envoyait des députations à Turin. Une souscription nationale s'était même ouverte pour L'armement de la citadelle d'Alexandrie. Du reste, ce mouvement d'indépendance générale s'était accru lorsqu'on apprit que la France et l'Angleterre avaient rappelé leurs ambassadeurs du royaume de Naples, où le roi Ferdinand II s'était refusé à satisfaire les vœux des deux puissances par des réformes intérieures.
l'autre qui autorisait l'émission d'Un emprunt de
guerre de 5U0 millions (1). L'affaire fut menée si rapidement qu'en peu de jours, une armée de plus de 100,000 hommes avec son matériel el ses approvisionnements fut rassemblée autour d'Alexandrie.
Cette grande armée était entrée en Italie, d'un côté, par les Alpes et Suze et, de l'autre, par la mer et Gènes. Napoléon III, devant se mettre à sa tète, avait, par décret., conféré la régence à l'impératrice Eugénie.
Le 2 mai parut la déclaration de guerre, et, le 10, l'empereur partait pour l'Italie.
L'armée des Alpes était forte de cent soixante mille hommes : vingt mille hommes de cavalerie et cent quarante mille hommes d'infanterie.
Elle était divisée en quatre corps, sous les ordres des maréchaux Baraguey-d'Hilliers et Canrobert, et des généraux Niel et Mac-Mahon.
Un corps indépendant, placé sous les ordres du prince Napoléon (2), avait été chargé de faire une diversion par la Toscane et d'opérer sur la gauche de l'armée autrichienne, pendant que les chasseurs df< Alpes et les volontaire.- italiens l'inquiéteraient par derrière. Le général Frossart était à la tète du génie, et le général Lehœuf à la tète de l'artillerie. L'armée pfémontaise s'élevait à cinquante mille hommes.
Quant à l'armée autrichienne, elle comprenait
(1) Rappelons que cet emprunt produisit jusqu'à 2.307.000.000-
(2) 11 ''si bon de rappeler ici, que, le 30 janvier 1859, l'alliance politique de la France et du royaume du Piémont s'était scellée intimement par le mariage du prince Jérôme-Napoléon avec la princesse Clotilde, Bile de Victor-Emmanuel.
plus de deux cent mille hommes, suas les ordres du comte Giulay.
Voici la proclamation que Napoléon III adressa aux troupes, en allant prendre le commandement de l'armée :
« Français ! L'Autriche, eu faisant entrer son armée sur le territoire du roi de Sardaigne, notre allié, nous déclare la guerre. Elle viole ainsi les traités, la justice, et menace mitre frontière. Toutes le- grandes puissances ont protesté contre celte agression. Le Piémont ayant accepté les conditions qui devaient assurer la paix, on se demande quelle peut être la raison de cette invasion soudaine; c'est que l'Autriche a amené les choses à celle extrémité, qu'il faut qu'elle domine jusqu'aux Alpes ou que l'Italie soit libre jusqu'à l'Adriatique : car, dans ce pays, tout coin de terre demeuré indépendant est un danger pour sou pouvoir. Jusqu'ici, la modération a été la règle de ma conduite. Maintenant, l'énergie devient mon premier devoir. Que la France s'arme et dise résolument à l'Europe: Je ne veux pas de conquête, mais je veux maintenir, sans faiblesse, ma politique nationale et traditionnelle; j'observe les traités, à condition qu'on ne les violera pas contre moi; je respecte le territoire et le droit des puissance- neutres, mais j'avoue hautement ma sympathie pour un peuple dont l'histoire se confond avec la notre, et qui gémil sous l'oppression étrangère.
a La France a montré sa haine contre l'anarchie ; elle a voulu me donner un pouvoir assez fort
pour réduire à l'impuissance les fauteurs de désordre el les hommes incorrigibles de ces anciens partis qu'on voit sans cesse pactiser avec nos
ennemis; mais elle n';i pas pour cela abdiqué son rôle civilisateur. Ses alliés naturels mit toujours été ceux qui veulent l'amélioration de L'humanité, et, quand elle tire l'épée, ce n'est point pour dominer, mais pour affranchir.
>< Le but de cette guerre est donc de rendre l'Italie à elle-même, el non de la faire changer de maître, et nous aurons à nos frontières un peuple ami qui nous devra son indépendance. Nous n'allons pas en Italie fomenter le désordre ni ébranler le pouvoir du Saint-Père que nous avons replacé sur son trône, mais le soustraire à cette pression étrangère qui s'appesantit sur toute la Péninsule, contribuer à y fonder l'ordre sur des intérêts légitimes satisfaits. Nous allons enfin sur cette terre classique, illustrée par tant de victoires, retrouver la trace de nos pères. Dieu fasse que nous soyons dignes d'eux ! Je vais bientôt me mettre à la tète de l'armée. Je laisse en France l'Impératrice et mon Fils. Secondée par l'expérience et le- lumières du dernier frère de l'Empereur, elle saura se montrer à la hauteur de sa mission. Je les confie à la valeur de l'armée qui reste eu France pour veiller sur nos frontières, comme pour protéger le loyer domestique. Je les confie au patriotisme de la garde nationale; je les confie au peuple tout entier, qui les entourera de cet amour et de ce dévouement dont je reçois chaque jour tant de preuve-.
« Courage donc et union ! Notre pays va encore montrer au monde qu'il n'a pas dégénéré. La Providence bénira nos efforts ; car elle est sainte aux yeux de Dieu la cause qui s'appuie sur la justice, l'humanité, l'amour de la patrie et de l'indépendance.
« Napoléon. »
Canrobert et Victor-Emmanuel. — Un récil du maréchal. — La ville de Turin menacée par 1rs Autrichiens. — La Dora-Baltea. — Une belle inspiration. — La fuite de Turin. — La colère du comte de Cavour. — Un eouii d'audace. — Palestre — Les zouaves.
Au début même de la guerre d'Italie, le maréchal Canrobert a sauvé la dynastie de la Maison de Savoie par un coup d'audace. C'est un fait peu connu, le maréchal étant discret. En un jour de verve, il l'a raconté en ces termes à notre confrère M. Henri d'Ideville (1):
« On doit savoir les dangers qu'avaient courus le roi et la capitale, a-t-il dit. Il faut que je raconte ces faits très peu connus.
(1) «Je connais peu de physionomies aussi vivantes, aussi sympathiques, qu i celle du maréchal Canrobert. Il met dans ses paroles, dans s, -s gestes, une insinuation, une ampleur des plus pittoresques . Tout eu lui est éloquent, les yeux, la bouche, les lu-as, la tête, les mains; chacun de ses mots, de ses mouvements, est juste, net el plein d'à-propos. Tantôt d se lève, marche à grands pas, puis se rassied. Tantôt il gesticule, s'arrête et me regarde dans le blanc d<'s yeux : la chaleur avec laquelle il exprime ses pensées, ses sentiments, se communique bientôt à l'interlocuteur, un peu
troublé au premier abord par cette fougue inattendue. »
H. d'Ideville.
« On a pas^é ces incidents sous silence! Je n'ai point voulu les relever. Depuis quatre ans j'étais maréchal de France! Que pouvait-on faire déplus pour moi? D'autres avaient besoin de commencer leur gloire, je ne voulus pas les gêner.
a Voici la chose: Il faut se souvenir avec quelle précipitation fut déclarée la guerre de 1S59 entre l'Autriche et l'Italie. Il n'y avait pas un instant à perdre, les Autrichiens étaient sur le théâtre de la lutte. Notre armée dut s'avancer, on le sait, d'un côté par Gènes, de l'autre parles Alpes; j'étais le chef de l'année qui, suivant le chemin d'Annibal et de Bonaparte, descendait de France par les montagnes. Le temps pressait. Déjà les Autrichiens menaçaient Turin. Enfin, j'arrive à Suze, au pied du Mont-Cenis. Nous étions prêts à peine, équipés à la hâte, et je n'avais avec moi que l'avant-garde de mon corps d'armée, 8,000 hommes environ. Or, voici ce que contenaient mes instructions: « Il est interdit au « maréchal Ganrobert d'agir isolément et d'enga- « ger ses troupes avant leur réunion complète. » Puis, en Post-Scriplum : « Le maréchal Canro- « bert se rendra compte personnellement, à son « arrivée à Turin, des positions de la Dora- « Baltea (i) que l'on nous annonce comme formida-
(1) La Dora-Baltea, ou Doire Baltée est un affluent de la rive gauche du Pô. Cette rivière prend sa source au pied du Petit Saint-Bernard, dans la partie occidentale de la provinced'Aoste, qu'elle traverse de l'est à l'ouest; elle arrose ensuite la partie orientale de la province d'Ivrée, limite les provinces de Verceil et de Turin, et, après un cours de 150 kilomètres, se jette dans le Pô, entre Crescentino el Brusesco. Aoste et Ivrée sont les seules villes qu'elle baigne en son cours.
« blement défensives; si elles lui paraissent telles, « il est autorisé, sous sa responsabilité personnelle, « à les occuper. »
« On n'ignore pas quelle panique avait saisi l'esprit de tous. La capitale piémontaise, ville ouverte, située en rase campagne, était d'une prise facile. Les Autrichiens se montrèrent à quelques lieues; du haut des clochers, on pouvait les apercevoir dans la direction de Verceil ; les habitants de Turin étaient terrifiés; on emballait déjà les archives du royaume. En débarquant a Suze, je trouvai le roi, venu au-devant de moi, dans un état d'inquiétude difficile à décrire. Il me suppliait de prendre position sur la Dora-Baltea.
« Nous arrivons à Turin et je cours, au débotté, visiter avec lui les lieux en question. C'était un point impossible à défendre!
« — Mais, dit le roi qui ne me quittait point, « nous le jugeons très important, capable d'arrê- » 1er les Autrichiens.
« — Hélas! non, répondis-je à Victor-Emma- « nuel, Votre Majesté voit elle-même qu'il ne faut « pas y songer; chercher à défendre ce point serait « nous perdre inutilement.
« — Mais que devenir? Les Autrichiens sont « à quelques lieues, dit le roi. A tout prix ils « veulent occuper ma capitale, il faut prendre un « parti ! »
« C'est alors que je mon Irai au roi mes instructions. Après les avoir lues, il me les rendit en disant :
« — Je suis donc perdu !
« — Non, Sire, répondis-je, vous ne l'êtes pas. « Il ne sera pas dit que la capitale des alliés de « la France aura été brûlée devant des baïonnettes « françaises. Votre Majesté peut-elle me garantir « que Casale et Alexandrie (20 lieues en avant v( sur le liane gauche des Autrichiens), peuvent « mettre à l'abri quelques milliers d'hommes que « je possède ?
« — ■ Je vous en donne ma parole de roi, a répondit Victor-Emmanuel.
« — ■ Alors, je n'hésite pas, Sire, malgré la « responsabilité immense qui va m'incomber, à « me porter sur Casale et sur Alexandrie, si vous " voulez m'y suivre. Pour sauver Turin, il faut r l'abandonner. Ce mouvement stratégique, menao çanl les communications de l'ennemi, peut seul ci dégager la capitale. »
« Le roi se jeta dans mes bras.
« — Oh ! merci maréchal ! nous partirons « cette nuit. »
« Je quittai le roi pour prendre les dispositions uécessaires ; nous devions partir au jour naissant. Je fus m'étendre tout habillé sur un canapé. Je logeais au palais, dans un des appartements royaux. A peine reposais-je depuis un quart d'heure que j'entends frapper à ma porte. J'ouvre. Entre un petit homme, gros, court, à lunettes, dont le visage m'était inconnu.
a — Je suis le comte de Cavour, dit-il, et je « viens vous demander, Maréchal, si Sa Majesté ne « s'est pas trompée, s'il est bien vrai que vous, « maréchal de France, vous vous refusiez à défendre
« Turin et que vous abandonniez les positions de « la Dora-Baltea. Ces! impossible !
« — Cela est pourtant ainsi, repris-je, Monsieur « le Comte, je suis seul juge ; n'ayant point de « conseil en politique à vous donner, souffrez « qu'en fait de dispositions militaires je ne vous « en demande pas.
« — Quelle responsabilité sera la vôtre, Monsieur « le Maréchal, devant l'histoire et devant l'Empe- « reur !
« — Croyez, Monsieur le Comte, que j'ai « réfléchi avant de prendre cette décision. Autant, « que vous je désire sauver le roi de Sardaigne « et sa capitale. Voilà pourquoi j'emploie l'unique g moyen qui nous reste. »
« Le grand ministre partit après m'avoir salué froidement, et je repris mou canapé.
« Deux heures après, au petit jour, nous quittions Turin. Dès que les Autrichiens eurent connaissance de notre départ, ils abandonnèrent leur marche en avant sur Turin et rétrogradèrent ù la hâte en se portant de notre côté. La ville était sauvée ! Mon plan avait merveilleusement réussi. Sans doute, c'était un coup audacieux, mais le seul qui pût dégager la capitale. Avec les Prussiens, tels que nous avons appris à les connaître, j'eusse été perdu. Ils auraient certainement connu, eux, l'insuffisance de nos forces, et ne se seraient point donné la peine de revenir sur leurs pas. Us auraient été informé- que notre armée descendait lentement, très lentement, des Alpes, et qu'avant qu'un corps d'armée eût pu opérer
sa jonction avec les troupes venues par mer el débarquant à Gênes, ils avaient tout le temps d'envahir, de saccager Turin, d'emmener le roi prisonnier avec son gouvernement.
« Le roi n'a jamais oublié le service que je venais de lui rendre en cette circonstance. Ces faits si importants du début de In campagne n'ont pas été relevés, comme je le disais. L'Empereur seul les ;i approuvés; ils sont, du reste, consignés dans un ouvrage officiel sur la campagne d'Italie, publié par le ministère de la guerre. Quant à M. de Cavour, nous fûmes séparés pendant la durée de la campagne. Nous nous retrouvâmes à Milan. A peine m'eut-il aperçu qu'il se jeta dans mes liras et m'embrassa.
« Gomme vous aviez raison, Monsieur le Maré- « chai, me dit-il, de m'éconduire certaine nuit, au » palais de Turin ! Sans votre promptitude, sans o Mitre décision, nous étions perdus avant même « l'arrivée des Français. »
o M. de Cavour n'était point banal, on lésait.»
Connue on le voit, ce récit, très important pour l'histoire, permet de mettre en relief la présence d'esprit, la prompte décision et le coup d'œil stratégique du maréchal Canrobert qui, ce jour-là, sauva la Maison de Savoie, car cette opération décida vraiment du sort de la campagne d'Italie.
Un des premiers combats de cette guerre fut celui de Palestro. Une partie du corps de Canrobert y prit part, notamment ses zouaves.
Le 30 mai, le roi Victor-Emmanuel avail enlevé Le village de Palestro aux troupes autrichiennes*
Celles-ci voulurent reprendre cette position importante; c'esl alors que le colonel de Chabron, à la tête du 3e zouaves, arriva à Palestro à neuf heures du matin.
Le< Autrichiens menaçaienl de prendre les Piémontais à revers. Le colonel de Chabron lit poser rapidement les sacs, mettre baïonnette au canon et sonner la charge; un canal profond et large séparait les zouaves d'une batterie ennemie qu'il fallait enlever.
Au cri de « En avant ! » poussé par les officiers, le régimenl s'élance au pas de course. On trouve un gué; les zouaves se jettent alors dans le canal la carabine haute, avant de l'eau jusqu'à la ceinture, et, au milieu de la mitraille, escaladent la rive opposée. Ils emportent à la baïonnette les canons qui les décimaient.
Sur un autre point du champ de bataille, le 1er et le 3e bataillon des zouaves s'emparent du pont défendu par un moulin crénelé, garni de tirailleurs, et par une batterie qui tombe rapidement en notre pouvi iir.
Les Autrichiens, chargés à la baïonnette, plient de tous côtés, abandonnent la position el se retirent en désordre par la route de Rosasco.
Le 3e régiment avail perdu 287 hommes dont 53 tués. L'ennemi avail eu hors de combat 2.500 homme-.
Le roi Victor-Emmanuel et l'Empereur visitèrent le champ de bataille dans la soirée, en sui-
vant le chemin si intrépidement parcouru par ce brave 3e zouaves. Les blessés se soulevèrent sur le passage des deux souverains pour les saluer.
Le régiment était rassemblé à la Bridda. Napo-: léon III serra la main du colonel de Chabron en lui disant : « C'est très bien, colonel, vous avez dignement soutenu votre vieille réputation. »
Le lendemain, 1er juin, le 3e zouaves était mis à l'ordre de l'armée d'Italie.
L'ordre général disait :
(i La journée d'hier a été signalée par un nouveau fait d'armes. L'armée du roi de Sardaigne, après avoir repoussé l'ennemi sur tout son front, a vu un instant sa droite débordée par les Autrichiens, qui menaçaient le pont dé bateaux de la Sésia, au moyen duquel le maréchal Canroberl devait opérer sa jonction avec l'armée du roi.
« L'Empereur ayanl envoyé au roi le 3e zouaves, le régiment fut chargé d'arrêter cette attaque. Déjà, les Autrichiens avaient mis huit pièces en batterie en avant d'un canal profond, dont le passage, sur un pont étroit, est couvert par an moulin et défendu par des rizièr -.
« Le 3e zouaves, commande par son brave colonel do Chabron, après avoir jeté un coup d'ceil sur la position et avanl que le roi ait eu le temps de le faire appuyer par des canons, s'est élancé, -nus faire feu, sur la batterie, a tué à la baïonnette ou jeté à l'eau les compagnies de soutien placées au delà du canal, s'est emparé de cinq pièces et a fait 500 prisonniers.
« L'Empereur mel ce glorieux fail d'armes à l'ordre de l'armée. »
De son côté, le roi Victor-Emmanuel envoyait de son quartier général de Terrionne au colonel de Chabron une lettre d'éloges et de remerciements pour la part glorieuse que le 3e zouaves avail prise au combat de Palestro et le brillanl concours que ce régimenl avail prêté à son armée.
Ce combat de Palestro avail permis aux corps d'armée français d'opérer deux jonctions avec les troupes piémontaises : les projets de l'empereur avaient réussi et. le 3 juin, les deux armées marchaient sur Novare et Magenta.