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LE MARÉCHAL DE MAC-MAHON

l'Empereur et de la lia taille. Mais un pressentiment, qui fut le salut de l'armée, lui fit deviner le péril extrême que couraient ses compagnons d'armes. Aussitôt qu'il eut pu relier entre elles ses trois divisions que l'ennemi menaçait de couper, il prit résolument pour objectif le village même de

Magenta où se trouvait le quartier général autrichien. Tout son corps d'armée avançait en même temps avec un ensemble admirable, les yeux lixés sur le clocher du village. Il étail cinq heures et demie, quand Giulay l'aperçut de loin. Il regarda avec désespoir ces vaillantes colonnes qui refoulaient de tous côtés ses troupes vers lui. Il se barricada et le village dut être emporté comme une forteresse. Chaque maison devint une citadelle qu'il fallut prendre à la baïonnette. Des boulets balayaient les rues avec des sifflements sinistres, la fusillade éclatait à toutes les fenêtres, la mort frappait de toute- parts. Mais, dominant le cri des mourants et tous les bruits de la bataille, les tambours battaient la charge et les clairons sonnaient leurs fanfares.

« Enfin à huit heures du soir, la victoire restait aux aigles françaises. Les Autrichiens se retirèrent, laissanl dans nos mains plus de cinq mille prisonniers. Leurs pertes s'élevaient à douze mille hommes : les nôtres atteignaient près de cinq mille.

« G'étail beaucoup de sang répandu pour donner Milan et la Lombardie au roi de Sardaigne. Depuis, l'Italie a fait alliance avec l'Autriche et l'Allemagne contre le.- soldais généreux de Magenta. Elle a oublié que, si elle est une nation, elle le doit à nos baïonnettes.

« Nous n'avons pas conquis la reconnaissance ; mais il nous reste la gloire. »

Le 24 juin les Autrichiens furent de nouveau vaincus à Solt'érino. Mais la paix signée le mois suivant à Villafranca mit lin à la campagne d'Italie.

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