LE GÉNÉRAL PALIKAO MINISTRE
Buffet, etc. et probablement celui de M. Emile de Girardin.
Des télégrammes de l'Impératrice à l'Empereur, des lettres et des notes laissées par les ministres du 10 août, il résulte que l'Impératrice et le général Palikao finirent par établir une liste d'accord avec M. Schneider et que cet homme d'État promit d'intervenir, dans la soirée même, auprès de ceux de ses amis compris dans cette liste pour obtenir leur adhésion : c'est en effet ce qu'il fit jusqu'à une heure assez avancée de la nuit.
Vers sept ou huit heures, lorsque cette liste fut établie, l'Impératrice télégraphia à l'Empereur que le général Palikao était chargé de former le ministère :
« 9 août.
« Ce que je craignais est arrivé : j'ai un changement de ministère. Palikao est à la tête : mesure admirablement acceptée. L'annonce de la nouvelle situation du maréchal Bazaine a produit le meilleur effet.
« Votre prestige est intact. Il n'en est malheureusement pas de même de votre major général.
« Tout le monde est aux plus grands sacrifices. Notre seule préoccupation est que vous n'avez point assez de monde.
« Eugénie. »
Avec les informations de la Chambre, on communique à l'Impératrice, du ministère des affaires étrangères, une dépêche de M. de La Boulaye — chargé d'affaires à Bruxelles — disant que le général Ghazal,
commandant en chef de l'armée belge, a transporté son quartier général à Namur, et qu'il confirme l'attaque probable de l'armée française de Metz par les armées allemandes réunies; sur quoi, avec juste raison, l'Impératrice insiste pour l'envoi de renforts.
« 9 août, 6 heures du soir.
« Je crois absolument nécessaire que vous ayez des renforts. D'après les avis que j'ai reçus, la jonction des deux armées prussiennes va vous mettre au moins 300,000 hommes sur les bras. Appelez à vous les troupes de Ghâlons et tout ce que vous trouverez rassemblé. Si vous approuvez, envoyez des ordres immédiats.
« Eugénie. »
Quelques minutes après elle se préoccupe des mobiles de Paris, dont les rassemblements sont toujours l'objet de craintes et d'inquiétudes, et elle télégraphie vers 8 heures du soir :
« La loi proposée autorise — celle rédigée par le général Dejean — l'incorporation des gardes mobiles dans l'armée. Je vous supplie de faire venir immédiatement les mobiles au camp de Châlons pour les enrégimenter.
« Je pense qu'après-demain, je serai en mesure de vous envoyer 15,000 hommes de Paris. Les voulezvous? Palikao m'a dit qu'il y avait trop de troupes à Lyon; faut-il vous en envoyer une partie?
« Eugénie. »