‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 105 sur 194 · L'IMPÉRATRICE DEMANDE LE MARÉCHAL CAN ROBERT · texte numérisé non relu

L'IMPÉRATRICE DEMANDE LE MARÉCHAL CAN ROBERT

L'Impératrice tient aussi l'Empereur au courant des événements accomplis au Corps législatif : elle le prévient que le maréchal Baraguay-d'Hilliers ne veut pas conserver son commandement, et qu'elle désire le maréchal Ganrobert pour le remplacer; enfin, elle insiste pour obtenir du maréchal Le Bœuf sa démission de major général, que l'Empereur refuse toujours d'accepter.

Toute la journée (9 août), le capitaine de frégate Charles Duperré est en chemin de fer, se dirigeant sur Metz, où il descend vers 8 heures du soir. Il est aussitôt reçu par l'Empereur qui, après une conversation assez longue, télégraphie à l'Impératrice à 10 h. 5 du soir.

« Metz, i) août, 10 h. 5 du soir.

L'Empereur à l'Impératrice.

« Je viens de voir Duperré. Il te portera ma réponse (relative au retour de l'Empereur et du Prince impérial à Paris) . Je crois que nous revenons au beau temps de la Révolution où on voulait faire conduire les armées par les représentants de la Convention. — On peut nommer le général Dumont à Lyon, à la place de Montauban (Palikao). Je ferai venir, si j'en ai le temps et les moyens, le corps d'armée de Ghâlons. Il me serait impossible pour le moment d'en faire venir davantage.

« Je désire garder Ganrobert à la tète de son corps d'armée. Quant au maréchal Le Bœuf, il ma déjà donné sa démission; mais je ne puis l'accepter tant que je n'aurai pas quelqu'un qui ait ma confiance pour le

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remplacer. Il faut mettre d'Autemarre à la place de Baraguay-d'Hilliers, et trouver quelqu'un pour commander la garde nationale de la Seine. — Nous t'embrassons tendrement. »

En même temps que l'Empereur, mais en dehors de lui, le commandant Duperré télégraphie à l'Impératrice.

« Metz, 9 août (vers 10 heures soir). Commandant Duperré à l'Impératrice.

« L'Empereur a donné ce matin au général Bazaine (sic) la direction des opérations et du commandement de l'armée : il l'a nommé major général. C'est par lui que tous les ordres doivent être transmis et exécutés. Il faut donc que l'Empereur soit constamment avec lui.

« La charge de major général devient donc une superfétatiou : il faut la supprimer et l'enlever au maréchal Lebœuf. Voilà ce qu'il faut répondre à la dépêche de l'Empereur.

a Duperré. »

Irritée de la résistance que l'Empereur met à ne pas sacrifier son major général qu'il estime et auquel il tient, l'Impératrice, qui est habituée à trouver chez l'Empereur plus de condescendance à ses volontés, répond par ce télégramme où percent l'aigreur et le dépit de ne pas être écoutée et où l'on voit qu'elle redoute la constitution d'un ministère composé de personnalités peu dévouées et sans énergie.

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