LES GENERAUX PALIKAO ET TUOCHU
de Paris à ses collègues; mais aucun d'eux ne l'aurait appuyé.
Il y a évidemment erreur, car la première séance des nouveaux ministres eut lieu le 10 août, le jour même où l'Impératrice appelait le maréchal Ganrobert à Paris pour lui en confier le commandement; le général Palikao ne put donc faire la même proposition en faveur du général Trochu que le lendemain après le refus du maréchal Ganrobert.
Le général Palikao pensait déjà à donner un autre commandement au général Trochu, car un jour — probablement le 12 août — M. Brame lui ayant reparlé de l'employer pour donner satisfaction à l'opinion publique, il lui répondit qu'il partageait entièrement ses vues et ajouta : « L'Empereur n'est pas en état d'être commandant en chef : le maréchal de Mac- Mahon n'a pas assez d'initiative et peut être tué, je compte sur Trochu pour le remplacer et je vais l'envoyer au camp de Ghâlons avec mes instructions. »
Ge serait donc avec l'arrière-pensée de le voir général en chef de l'armée de Ghâlons que le général Palikao lui avait donné le commandement du 12e corps.
Dans la matinée du 10, pendant que le général Palikao cherche à former son ministère, l'Impératrice reçoit ce télégramme du Prince impérial :
« 10 août, Metz.
« J'ai vu M. Duperré qui m'a donné de bien bonnes nouvelles de Paris. Papa va bien.
« Louis. »
iv. 17
On lui remet encore des télégrammes importants de Belgique. Le général Ghazal, commandant en chef de l'armée belge d'observation sur la frontière allemande, confirme ses renseignements antérieurs. Les Allemands amènent de la Baltique les corps qui y étaient restés : ils sont destinés à tourner Metz par le nord et attaquer Thionville — ce renseignement était faux — tandis que les trois armées déjà en France — prince royal, prince Frédéric-Charles, général Steinmetz, — marcheront contre l'armée française qui est en avant de Metz. L'Impératrice communique le renseignement à l'Empereur avec ce commentaire.
« Paris, 10 août (vers 11 heures du matin?)
L Impératrice à F Empereur .
« Je vous envoie communication d'une dépêche que je reçois. Voulez-vous que nous envoyions des masses de gardes nationales mobiles dans la direction de l'armée? Nous nous chargeons d'assurer leur nourriture et leur armement.
« Le ministère sera formé aujourd'hui à 3 heures; je l'espère, du moins. Je pourrais alors, en faisant venir les gardes nationales des départements avoisinant Paris, envoyer l'infanterie de marine, excellente troupe, au camp de Ghâlons. Toute ma préoccupation est que vous n'ayez pas assez d'hommes. M'autorisezvous, chaque fois que je pourrai former un noyau dont j'aurai assuré l'approvisionnement, à vous l'envoyer? Vous ne m'avez rien répondu au sujet de plusieurs de mes dépêches d'hier. Je vais bien. Je vous embrasse