‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 112 sur 194 · DÉPÊCHE DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

DÉPÊCHE DE BELGIQUE

tendrement. Ne vous tourmentez pas pour nous. Tout s'arrange. »

L'Empereur répond :

« Metz, 10 août, I h. 10 soir.

it Je refuse les bataillons de mobiles. Je fais venir le corps de Ghàlons. Le ministre de la guerre doit s'occuper, surtout, d'armer les populations des campagnes qui demandent des armes.

« Formez des centres avec les quatrièmes bataillons à Paris, Ghàlons et Langres.

« Mac-Mahon va reformer son corps à Ghàlons.

« Napoléon. »

Gette dépêche est suivie de celle-ci, du major général au ministre de la guerre :

« Metz, 10 août, 2 h. 15 soir.

« L'Empereur ordonne de continuer sans interruption et sans aucune perte de temps le mouvement de toutes les divisions du camp de Ghàlons sur Metz ; que la Compagnie de l'Est fasse tous ses efforts pour hâter le mouvement par tous les moyens possibles. Je préviens le maréchal Ganrobert. Entendez-vous avec la Compagnie. »

Vers une heure, la Chambre se réunit (10 août). Les nouveaux ministres ne sont pas encore là et les députés en profitent pour faire une sottise immense qui va paralyser les efforts militaires tentés jusqu'à la fin de la guerre : elle repousse le projet de loi du général Dejean autorisant l'incorporation des mobiles

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dans la troupe de ligne et vote un appel des anciens soldats qui, se croyant définitivement libérés, ne rejoindront leurs corps qu'à contre-cœur.

Le général Palikao ne fait que passer à la Chambre vers 3 heures et demie pour y lire la composition de son ministère, de là il va au Sénat, et retourne ensuite au ministère où les décisions à prendre d'urgence l'appellent instamment. A 4 heures du soir, il télégraphie au maréchal Le Bœuf à Metz :

« Nous avons une division d infanterie de marine ; la voulez-vous?... Répondez.

« Palikao. »

Avant l'arrivée de la réponse, on lui apprend que le Corps législatif s'est déclaré en permanence. Ce n'est pas exact, car la proposition de M. Estancelin qui est ainsi rédigée : « Tant que l'ennemi sera sur le sol de la France, c'est un devoir patriotique pour la Chambre de rester en permanence, » a recueilli 117 voix contre même nombre — 117. — Il n'y a donc pas de majorité; par conséquent la proposition n'est pas acceptée. Mais le général Palikao croit à son adoption et il est convaincu surtout que ce sera une cause permanente de troubles; aussi, fait-il expédier avec la mention « urgence » ce correctif à son offre de tout à l'heure de la division d'infanterie de marine :

« Paris, 10 août, 4 h. 50 soir.

« La Chambre s'étant déclarée en permanence, considérez comme non avenue la dépêche chiffrée envoyée il y a une heure. »

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