T,A CHAMBRE EN PERMANENCE
Quelques instants après, il recevait cette réponse d'acceptation éventuelle du maréchal Le Bœuf :
« Metz, 10 août, 4 h. et demie soir.
« Le mouvement des trois divisions Ganrobert est commencé. Dès qu'il sera terminé, envoyez la division d'infanterie de marine avec effet de campements, mar. mites et cartouches. »
Cette dépêche, comme toutes celles du ministre au major général, avant d'être transmise au destinataire, est communiquée à la Régente : on la lui donne en même temps qu'un télégramme par lequel l'Empereur refuse l'infanterie de marine; après avoir lu les deux communications, elle s'irrite de ce que le maréchal Le Bœuf accepte éventuellement une troupe dont l'Empereur ne veut pas, et elle le lui fait sentir par cette dépêche où elle commet une erreur en attribuant au maréchal Le Bœuf le télégramme de refus de l'Empereur.
« Paris, 10 août, 6 heures du soir.
L Impératrice à l Empereur .
« Je reçois du major général une dépêche de 4 heures et demie — c'est celle de l'Empereur, — par laquelle il demande que la division d'infanterie de marine reste à Paris. Ces télégrammes contradictoires, écrits en l'air, transpirent dans le public. Ils produisent le plus déplorable effet, parce qu'ils trahissent dans le commandement une hésitation et un défaut d'unité dont tout le monde redoute le danger.
« Eugénie. »
262 CANROBEIIT
Ce à quoi l'Empereur répond :
« L'apparente contradiction s'explique. Le major général écrit qu'on peut envoyer la division de marine lorsque celles de Ghâlons seront arrivées. De mon côté, comme il faut encore trois fois vingt-quatre heures pour que les divisions de Ghâlons arrivent, j'ai pensé qu'il serait trop tard pour faire venir l'infanterie de marine. Je suis désolé de vous contrarier, mais le bien du service n'exige aucun changement dans les circonstances actuelles. Il a plu à torrents cette nuit. Pas d'engagements.
« Nous t'embrassons tendrement.
a Napoléon. »
Après le dîner, suivant l'avis que lui a donné le commandant Duperré dans son télégramme de la veille au soir, l'Impératrice demande instamment à l'Empereur de supprimer la fonction de major général ; ce que Napoléon se refuse à faire pour les motifs suivants :
« Metz, 10 août (dans la soirée).
« Il m'est plus impossible de me passer d'un major général que d'un ministre de la guerre. Il n'y a aucun rapport entre ces fonctions et celles du maréchal Bazaine. Un seul exemple : si je supprime, sans le remplacer avantageusement, le major général, l'armée pourrait manquer de vivres, la cavalerie de fourrages et tous les détails de service souffriraient. Il ne faut rien connaître aux choses de la guerre pour penser qu'à la veille d'un combat je puisse supprimer le rouage le plus important de l'activité. J'apprends avec peine