AUDIENCE DE L IMPERATRICE
membres d'un gouvernement qui auraient eu un mandat régulier, permit à une douzaine d'hommes politiques, d'avocats et de journalistes, dont plusieurs étaient des fantoches grotesques, de se nommer euxmêmes. Il en résulta que, durant la guerre, la Prusse se refusa à les reconnaître comme le gouvernement légal, prétextant que, s'étant désignés eux-mêmes sous le coup dune émeute, ils pouvaient, d'un moment à l'autre, être remplacés par de nouveaux émeutiers. Fort de cet argument, M. de Bismarck refusa d'entrer en négociations et parvint à empêcher les différents états européens d'agir en notre faveur.
Le maréchal Bazaine a seul été condamné par la justice; mais en trahissant ses serments et sa souveraine, en abandonnant au moment du danger une femme qu'il avait promis de défendre, en complotant devant l'ennemi, en renversant le seul pouvoir régulier et en se substituant à lui par l'émeute, dont la nuit précédente il s'était fait le complice, le général Trochu a, plus encore que le maréchal Bazaine, amené par sa conduite la perte de Metz et de la Lorraine; et, si les tribunaux ne l'ont pas condamné, l'histoire doit flétrir à jamais son nom.
Avant de quitter les Tuileries, le maréchal Ganrobert envoya ces deux télégrammes :
u Paris, 10 août, 10 h. du soir.
A l'Empereur, à Metz.
« L'Impératrice et le ministre Montauban (général Palikao) pensent que ma présence n'étant pas obli-
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gatoire à Paris, je dois me rendre de suite à Metz, où Votre Majesté réunit tout mon corps pour l'action décisive. Je pars à l'instant.
« Maréchal Ganrobert. »
« 1 h. 10 matin.
Au général Henry.
« Reçu votre dépêche m'annonçant la concentration de tout mon corps d'armée devant Metz. Je pars ce matin de Paris pour Metz où vous me trouverez. Faites diriger sur Metz mes chevaux et mes équipages, que conduit le capitaine Randal. »
Aussitôt après, le maréchal se rendit à l'hôtel Bristol, place Vendôme, où la maréchale et le commandant Lonclas l'attendaient; tous le félicitèrent du résultat de l'audience, et il fut convenu que le maréchal repartirait le lendemain à 8 heures. Dans la même nuit il alla faire visite au maréchal Baraguay d'Hilliers avec qui il échangea quelques vues sur la situation, et ensuite alla se coucher à l'hôtel Bristol.
Le lendemain 1 1 août, à 8 heures, le maréchal Ganrobert accompagné des commandants Lonclas et Boussenard, retrouvait à la gare de l'Est le lieutenant de Forsanz, qui y était demeuré pour garder les chevaux et qui attendait des nouvelles avec impatience.
Au bout dune heure et demie, un train se mettait en marche ; mais avec quelle lenteur! A chaque grande station, c'étaient des arrêts interminables. A Épernay, on croisa un convoi dans lequel était Mme de Failly