DICTATEUR OU VICE- KO I
oui un jour, non le lendemain, affirmant à l'un ee qu'il niait à l'autre, et qu'après tout, il y avait au fond quelque chose de vrai dans ce qu'on répétait sur ses agissements, la moindre de ses actions se transformait en machination ténébreuse là où souvent il n'y avait qu'un caprice de jolie femme et la faiblesse d'un vieillard amoureux.
A ce moment ce qui se passe au Mexique est inexplicable; chaque fait semble démentir celui qui l'a précédé; tout est contradiction, et l'on ne peut démêler un écheveau aussi embrouillé. « Le maréchal, écrit encore le général de Galliffet à M. Franceschini-Pietri (27 octobre 1866), subit l'influence absolue de sa femme : elle serait enchantée d'être quelque temps Madame la Dictatrice, etc., etc., etc. »
Moins de trois mois après, le maréchal, nous l'avons vu, signait une note collective avec le général Gastelnau et M. Dano pour prier Maximilien de quitter le Mexique ; puis, soudain, il changeait d'avis et conseillait à 1 Empereur de rester, à la grande indignation du général Gastelnau. C'est à l'action de sa femme que le général Douay attribue cette volte-face : « La tribu entière des Peiïa, écrit-il à son frère, a fait jouer les grandes eaux, et on a arraché à ce malheureux la fameuse rétractation qu'il a envoyée à Maximilien. » Quant au futur général de Galliffet, il croit aux intrigues du maréchal : « La situation devenant ici de plus en plus compliquée, le maréchal Uazaine ne marche pas droit : c'est un fait positif, nul ne l'ignore ici, il a des intérêts dans une maison qui n'a pas encore été payée par l'empereur Maximilien qui la lui a donnée : il ne peut la vendre et est peu disposé à laisser ici les 500,000 francs qu'elle
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représente. C'est trop fort, il écrit blanc à Maximilien et dit noir au général Gastelnau. Maximilien soutenu par le maréchal Bazaine persiste à rester ici... tout le monde sait que ce dernier est en lutte continuelle avec le général Gastelnau. J'ai vu, affirme-t-il toujours à M. Franceschini-Pietri, une dépêche à l'empereur Maximilien : « Gastelnau malade, fièvre, courbature, va mal : profitez. » (25 décembre 1866.)
Le colonel d'Espeuilles écrit aussi, et dans le même sens, à M. Franceschini-Pietri :
« Voilà qu'on commence à dire à demi-voix que, outre les Mexicains, certaine influence française se serait mise de la partie pour faire revenir l'Empereur parmi eux à Mexico : on attribue cela à des intérêts particuliers. Je trouve cela tellement odieux que je ne veux pas le croire. » (27 octobre 1866.)
Le général Gastelnau dès son arrivée à Mexico avait été prévenu de tous les côtés des agissements du maréchal : c'était d'abord par deux ministres plénipotentiaires, représentants de puissances amies auprès de Maximilien :
« J'ai fait, disait le premier de ces diplomates, toute ma carrière diplomatique au Levant, en Perse, en Grèce, en un mot chez les peuples passant pour dissimuler le plus habilement la vérité. Nulle part je n'ai rencontré un dissimulateur de la force du maréchal. >»
« Tout ce que je peux vous dire, disait le second des deux ministres, c'est que tout ce que vous avez pu rencontrer d'intrigues, d'astuces, de mauvaise foi, n'est rien à côté de ce que vous pouvez attendre du maréchal Bazaine et je tiens à vous mettre en garde contre les pièges qui vous seront tendus. »