‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 140 sur 194 · NAPOLEON III ET JULES FAVRE · texte numérisé non relu

NAPOLEON III ET JULES FAVRE

toujours pouvoir retomber sur ses pieds. Et ainsi s'échangent entre lui et Berryer des lettres où le grand orateur légitimiste le couvre de fleurs, lui parle « <.\v± difficultés de sa position (au Mexique) entre les instructions qui lui venaient de France et son opinion personnelle » . (Angerville, 5 septembre 1867.) M. Estancelin cherche à lui faire renouer des relations avec le duc d'Aumale qu'il a connu en Afrique, et lui-même commence à voir M. Thiers. Voici à quelle occasion ils firent connaissance.

Au retour du maréchal Bazaine en France, M. Thiers préparait un discours sur la politique étrangère qui, prononcé peu après, est demeuré fameux parle mot de la fin : « il ne reste plus une faute à commettre » . Dans ce discours il eût voulu mettre en valeur la conduite du maréchal au Mexique, qu'il trouvait fort habile, et dans ce but il pria un ami commun de lui demander divers documents. A cette requête, qui lui fut faite dans le petit hôtel de la rue d'Amsterdam qui appartenait à son frère, où il habitait alors, le maréchal déclara que son devoir et la discipline lui interdisaient toute communication du genre de celle dont on lui parlait. Cette réponse, transmise textuellement à M. Thiers, le transporta : « Voilà un vrai militaire » , répéta-t-il, et de ce jour date son admiration et son estime pour le maréchal Bazaine, qu'il défendit jusqu'à la fin.

Son frère est lié de longue date avec Jules Favre, le chef de l'opposition républicaine, et, au moment de nos premières défaites en 1870, ils auront de fréquentes conférences : ce sera alors M. Jules Favre qui, plus que tout autre, agira pour que l'armée soit confiée à celui qu'il appellera « le glorieux Bazaine » .

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