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Ce qui est piquant et qui prouve l'absence de conviction du maréchal et sa préoccupation de « se garder à carreau » , c'est qu'il s'était procuré, au Mexique, d'un négociant italien de San Luiz de Potosi, six traites (en seconde) de 12,000 piastres (60,000 francs), souscrites par Juarez au profi t de Jules Favre pour payer les articles que certains journaux parisiens faisaient en faveur de nos ennemis. Cinq de ces traites furent envoyées par le maréchal à Napoléon III qui les jeta au feu, sauvant une première fois Jules Favre, comme il devait encore le faire dans la fameuse affaire de faux soulevée, plus tard, par M. Laluyé. La sixième de ces traites, précieusement gardée par le maréchal, était, après son évasion de l'île Sainte - Marguerite , encore en sa possession, et, sur sa demande, elle fut envoyée à Madrid avec divers autres papiers importants par M. de Villedeuil, un de ses amis fidèles, de qui nous tenons ces détails.
Le maréchal Bazaine connaissait du reste les rapports que les députés de l'opposition avaient eus avec nos ennemis, et il avait su qu'en août 18(>5, une réunion de Mexicains avait décidé de faire une souscription pour rachat de deux cannes à pomme d'or, destinées à être offertes à MM. Jules Favre et Ernest Picard afin de les remercier de « n'avoir pas craint d'adresser de vertes paroles à leurs concitoyens. »
En octobre I8(>9, le maréchal Bazaine fut appelé au commandement de la garde impériale, et, dans l'entrevue qu'il eut à ce sujet avec le général Le Bœuf, ministre de la guerre, le commandement de l'armée de Lorraine en cas de guerre lui fut confirmé, et, le lendemain, il demandait comme chef d'état-major « le gé-