INSTRUCTIONS POUR LA RETRAITE
dance directe, avaient déjà commencé à mettre en mouvement leurs bagages et leurs convois, sans indication d'itinéraires et que toutes les rues, carrefours et places étaient encombrés de voitures enchevêtrées et formant un épouvantable gâchis que la gendarmerie et les officiers d'état-major ne purent débrouiller de toute la journée.
Le maréchal Ganrobert est étonné de n'avoir rien reçu durant la nuit, et à 4 heures du matin il attend dans la cour de l'hôtel de l'Europe avec son état-major l'ordre de mouvement pour le faire transmettre aussitôt à ses troupes. À 7 heures seulement on lui remet les a instructions » du général en chef : le 6e corps suivra le 2e sur la route de Metz à Verdun par Moulins, Longeville, Rozericulle, Gravelotte. A quelle heure devra-t-il se mettre en mouvement? où devra-t-il s'établir le soir? Il l'ignore « le mouvement ne commencera, vraisemblablement que dans la soirée au clair de lune (Il heures du soir environ) : si cela est possible dans l'après-midi. »
Devant des prescriptions aussi vagues, il envoie le commandement Boussenard et le lieutenantde Forsanz aux informations et il demeure avec le général Henry à qui il dicte une lettre pour demander que des dispositions soient prises non seulement pour procurer des vivres àsoncorpsd'armée, maisaussi pour que ces vivres soient amenés à portée des troupes parce qu'il n'a pas de voitures : le 69 corps, qui était privé de toutes ressources et de fonctionnaires de l'intendance, devait être ravitaillé par le convoi du quartier général auquel le maréchal Ganrobert ne pouvait donner des ordres puisqu'il dépendait directement du maréchal Bazaine. iv. 24
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Le maréchal Ganrobert écrivit ensuite à la maréchale :
« Je t'ai envoyé quelques dépêches, les as-tu reçues?... C'est par Verdun que nous pouvons correspondre seulement... L'armée passe aujourd'hui sur la rive gauche de la Moselle et va se concentrer vers l'Argonne... j'espère que le patriotisme parisien préservera la capitale des troubles... je me porte bien : je travaille beaucoup, j'ai à peine cinquante ans. » Et il termine en parlant de « ses chers enfants » .
Gomme lui et Fétat-major, son escorte était prête depuis 4 heures; il la fait rentrer; s'il n'y a point de nouveaux avis elle reviendra à 2 heures.
Dans Metz les lieutenants Boussenard et de Forsanz trouvent l'encombrement le plus inextricable : les bagages des corps d'armée, fourgons, fourragères, charrois, tombereaux, hacquets, voitures de toutes les formes, chargées, vides, à moitié pleines, s'enchevêtrent, se heurtent, s'accrochent. Il fait un soleil splendide et aux fenêtres pendent toujours, comme par ironie, les drapeaux qu'on n'a pas encore retirés. Sur la place de la cathédrale, une file double de voitures avance de quelques mètres et puis s'arrête : des grenadiers de la garde autour des convois et des officiers de toutes armes circulent en se faufilant au milieu des charrois. Aux pieds de la statue de Fabert, de chaque côté des trophées, des paysans couchés ou assis sur des malles ou des ballots avec des femmes ou des enfants qui jouent insouciants. Dans la magnifique cathédrale à la voûte si élégante, l'un des types les plus purs de notre art national, l'évêque Dupont des Loges dit la messe : l'Empereur, le prince Impérial,