‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 167 sur 194 · ECOULEMENT DE L'ARMÉE DANS METZ · texte numérisé non relu

ECOULEMENT DE L'ARMÉE DANS METZ

siou Le Vassor-Sorval. Introduit clans l'immense salle à manger du château il se trouva en présence d'un spectacle que l'un des témoins a décrit ainsi sur son carnet :

« Le colonel Melin (chef d'état-major) dort sur un canapé, le capitaine Niox est étendu dans un fauteuil et lit un journal d'il y a un mois, le commandant Bourgeois fait de même et le capitaine Martner bâille. » Ce dernier court aussitôt à chaque campement donner Tordre du mouvement et en surveiller l'exécution.

Également vers o heures des officiers furent envoyés prévenir les quatre divisions de mettre sans plus attendre leurs bagages en mouvement.

Avant de quitter la préfecture, vers midi, l'Empereur avait télégraphié au maréchal Bazaine pour lui demander où en était la retraite, et le maréchal lui avait répondu à midi et demi que le mouvement était commencé et serait terminé à G heures du soir; qu'en ce moment même l'armée passait la Moselle en deux colonnes; l'une, suivant la route de Gonflans, et l'autre celle de Mars-la-Tour.

Il pouvait se faire illusion sur le temps que demandait l'écoulement de son armée et croire que six heures y suffiraient, quand c'était six fois plus qu'il fallait. Mais comment disait-il à l'Empereur que l'armée marchait sur deux colonnes, sans lui faire remarquer que ces deux colonnes n'en formaient qu'une de Metz à Gravelotte où elles suivaient toutes deux la même route? Était-ce oubli? Était-ce inconscience? Ou bien voulaitil abuser l'Empereur?

Jusqu'à 4 heures, le maréchal reste à Borny, où il se préoccupe surtout de faire venir le plus vite possible

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auprès de lui en qualité d'aide de camp le commandant Léopold Magnan, qu'il a déjà eu au Mexique dans son état-major particulier.

Il est maitenant 4 heures : au collège des jésuites les officiers de l' état-major du 6e corps sont occupés à régler l'itinéraire des troupes, quand on entend le canon et l'on voit le commandant Boussenard rentrer en courant et parler avec le maréchal Canrobert : il était en ville et s'entretenait avec l'intendant Priant lorsque le commandant de l'Espée est arrivé bride abattue à la salle vitrée de l'état major général prévenir le général Jarras qu'une bataille s'engageait.

Le maréchal Canrobert, suivi de ses officiers, monte sur les toits du collège et voit le feu se développer à l'Est. Il envoie aussitôt l'un de ses officiers d'ordonnance, M. de Reyniès, courir après le maréchal Bazaine et lui demander ses instructions; il fait préparer ses chevaux et prescrit au commandant Roussel de rester au collège pour répondre aux avis qu'on lui enverrait et les lui transmettre; il fait partir le capitaine de Randal et le lieutenant de Forsanz sur le champ de bataille pour y recueillir des renseignements et il monte à cheval avec ses deux aides de camp, l'état-major et douze cavaliers d'escorte pour se diriger au sud de Metz à Montigny où est la division Tixier. Les convois, les embarras de voitures, un détachement du 2e corps et de la cavalerie qui marchent en sens contraire et obstruent les voies, retardent sa marche, si bien qu'il n'arrive guère qu'à 6 heures du soir à Montigny. Le général Tixier lui fait dire par son officier d'ordonnance le lieutenant Raymond Duval, que le combat est assez loin sur la gauche et qu'il a disposé sa divi-

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