‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 169 sur 194 · AT AIL LE DE B011NY · texte numérisé non relu

AT AIL LE DE B011NY

Plus tard, voyant le 90e de ligne reculer en désordre, il était allé aux tambours, avait fait battre la charge et s'étant mis en tête du régiment Favait reconduit au feu.

Malheureusement le général Decaen avait été mortellement blessé, une balle lui avait brisé le genou, il était resté quand même au combat, et quelques minutes après son cheval ayant été tué, il avait été entraîné sous lui, sa blessure avait été agravée par sa chute; il avait fallu le ramener sur un cacolet sans espoir de le sauver. On venait de le conduire à la division rue de la Princerie, où il habitait avant la guerre, où Mme Decaen habite encore.

Pendant que l'on raconte les incidents de la bataille, un officier de l'état-major général apporte au maréchal Ganrobert l'ordre de commencer le mouvement de retraite (11 heures du soir), et des officiers partent à chacune des divisions pour les mettre en mouvement. Les divers régiments de la division Lafont de Villiers au fur et à mesure qu'ils avaient été relevés avaient quitté les forts et s'étaient mis en marche vers 1 1 heures .

Le maréchal avait appris entre temps qu'à la fin de la bataille et dans la soirée la divison Lafont de Villiers avait été relevée, et que chacun de ses détachements s'était efforcé à gagner Longeville en traversant Metz. Aussi quand à 1 1 heures du soir un officier vint lui transmettre l'ordre de mettre en mouvement ses autres divisions, le maréchal Ganrobert fit dire au général Tixier de commencer aussitôt le passage de la Moselle parle pont du chemin de fer pour arriver avant le jour à Longeville , et en même temps aux généraux Le Vassor- Sorval et Bisson de camper près du fort Moselle où ils étaient, et de se mettre en route pour suivre la division

Tixier qui aura laissé le passage libre aux abords de la ville.

Le général Tixier chargea le colonnel Vincendon avec une batterie de former l'arrière-garde, et lui ordonna de ne passer le pont que quand il en aurait reçu avis, puis il envoya son officier d'ordonnance, le lieutenant Raymond Duval, et un officier d'état-major demander si l'on devait abandonner Montigny sans y être relevé : a la division, leur fut-il répondu à l'étatmajor général, devait effectuer son passage le plus vite possible, et le général Goffinières à qui incombait le soin de prendre les mesures pour relever, sur les points utiles, les troupes qui se retiraient était prévenu de leur retraite. » Toute la division passa donc la Moselle, ne laissant que deux ou trois traînards sur la rive gauche, et à 4 heures du matin elle campait au sud de Longeville au delà de Metz.

L'action de l'après-midi du 14 août qui prit le nom de bataille de Borny eut peu de portée; l'ennemi fut repoussé avec de grandes pertes et le mouvement de retraite de l'armée, quoi qu'on en ait dit, n'en fut pas retardé. Les voies étaient tellement embarrassées que les troupes n'eussent pu s'en servir ; et tout ce qui pouvait s'écouler ce jour-là, le 2e corps, les deux divisions de cavalerie et les divisions Lafont de Villiers passèrent sur la rive gauche : le surplus serait resté à piétiner sur place.

Il faut aussi constater que si, aussitôt la canonnade commencée, le maréchal Bazaine accourt au feu, il n'a pas un instant l'idée de répondre à l'offensive de l'ennemi par une offensive à fond; il subit passivement le combat sans donner un ordre et quand le feu

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