‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 28 sur 194 · UN COLONEL ET COUA IEARL · texte numérisé non relu

UN COLONEL ET COUA IEARL

mencement des expéditions de Crimée, d'Italie et du Mexique, signale la nécessité d'arrêter un ensemble de dispositions pour la rcijiide réunion dune armée sur le théâtre de la guerre pour la conduite des opérations. »

Rédigé au commencement de février 1867, ce rapport fut remis à l'Empereur, qui l'étudia durant de longues heures et le couvrit d'annotations, qui presque toutes étaient approbatives, sauf celle de la suppression des compagnies d'élite. L'Empereur ne voulait pas les voir disparaître : « Il avait raison contre nous, disait le maréchal Ganrobert. Quelque temps après, il céda à nos instances : les grenadiers et voltigeurs qui constituaient réellement deux compagnies délite, une fois versés dans les compagnies du centre, ne les améliorèrent pas, et l'on perdit, sans profit pour la masse, une troupe sur laquelle on était en droit de compter. »

L'Empereur insistait dans l'une de ses annotations sur la constitution d'un état-major général et lui traçait ainsi son rôle :

« Il faut réunir toutes les cartes étrangères : établir des statistiques sur tous les points de l'Europe où la France pourrait être appelée à faire la guerre : explorer les chemins, les ressources des pays, les points les plus faciles pour pénétrer soit dans la vallée du Danube, du Main, ou en Belgique. »

L'Empereur avait constaté, pendant la guerre de Oimée, l'insuffisance de l'état-major, et en 1857, il avait nommé une commission pour étudier un projet de reconstitution de ce corps spécial sur une base plus large, avec roulement des officiers dans la troupe; mais le rapporteur de la commission, le général Trochu, — car l'Empereur, qui lui accordait une cou-

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fiance particulière, le consultait de préférence à tout autre — repoussa toute amélioration, concluant dans un éloquent rapport que : « Le corps d'état-major ayant, depuis quarante ans, fait ses preuves, il était inutile de le modifier » .

L'Empereur devait reprendre la question en 1869, avec le maréchal Niel; mais l'armée fit une telle opposition à ce nouveau projet qu'on dut le retirer pour le modifier, et il en résulta que la guerre éclata sans que l'état-major fût à hauteur de son rôle : ce fut le général Gastelnau, qui, plus de dix ans après les événements, eut le mérite de créer l'école de guerre et l'état-major tel qu'il est maintenant.

Pour en revenir au rapport de la commission des réformes, l'Empereur, après l'avoir annoté, appela le maréchal Niel, le lut avec lui, lui indiquant les mesures à adopter immédiatement et celles à faire étudier. Toutes ne furent pas du goût du maréchal, mais il prit, néanmoins, sous la dictée de l'Empereur, des quantités de notes qui existent encore et qui sont la preuve de la justesse de vue de Napoléon III.

Il pouvait y avoir six semaines que le rapport de la commission des réformes avait été remis à l'Empereur, lorsque parut un livre anonyme : L armée française en 1867, qui de suite eut un grand retentissement en France et à l'étranger. Le public y voyait une critique de tout ce qui existait et y cherchait vainement l'indication des remèdes aux maux signalés. Pour les membres de la commission des réformes il n'y avait point de doute; ce livre sans nom d'auteur émanait de l'un d'eux, car ce n'était que la paraphrase du rapport confidentiel qu'ils avaient adressé à l'Empereur : les

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