‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 37 sur 194 · LUS MUSIQUES MILITAIRES · texte numérisé non relu

LUS MUSIQUES MILITAIRES

L'Empereur aurait voulu donner à la partie militaire de l'Exposition quelque chose d'imprévu qui eût frappé l'imagination, et un matin il fit appeler le maréchal Ganrobert et lui annonça qu'il avait fait écrire confidentiellement à tous les souverains pour leur demander d'envoyer à Paris un bataillon de leur armée, que l'on pourrait ainsi comparer avec ceux des autres nations. Cette proposition fut déclinée et l'on dut se contenter de faire un concours de musiques militaires, au succès duquel tous les gouvernements se prêtèrent.

Le maréchal Ganrobert, peu musicien, dut cependant s'occuper, de haut il est vrai, de cette affaire. Le jour du concours, qui eut lieu au Palais de l'Industrie, la musique des guides, sur laquelle on comptait, ne fit aucun effet; au contraire, celle du 1er régiment du génie prussien et celle de la garde de Paris enlevèrent tous les suffrages. Lorsque les cuivres de la garde municipale firent résonner la grande voûte de verre du Palais de l'Industrie en entonnant la marche de Lohengrin, ce fut du délire dans l'auditoire et le lendemain le maréchal Ganrobert fit venir le chef de musique à la place Vendôme pour le féliciter. Il s'appelait Paulus et avait débuté comme mousse; en 1840, il était flûte dans la fanfare de la Belle Poule, et en cette qualité il alla avec le prince de Joinville chercher et rapporter de Sainte-Hélène les cendres de Napoléon; En 1844, il avait été chef de musique du Pluion. Lors de la révolution de 1848, il passa maréchal des logis trompette dans la garde républicaine et devint en 1855 chef de la musique de ce corps, qu'il dirigea pendant quinze ans, où il devint ce que l'on nomme « une personnalité bien parisienne » .

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