EXECUTION DE MAXIMILIEN
les secrétaires et attachés de l'ambassade d'Autriche et les officiers autrichiens et hongrois en uniforme se levèrent et se retirèrent; plusieurs assistants le remarquèrent, mais la masse ne s'aperçut de rien.
Puis la cérémonie commença et tandis que les discours alternaient avec les cantates, et les hymnes à la paix et au bonheur des peuples, le numéro du matin de Y Indépendance Belge, qui reproduisait la dépèche remise la veille à l'Empereur, parvenait à Paris, et de suite, la nouvelle se colportait de bouche en bouche ; elle volait de la Bourse aux boulevards, au Ghamp-de-Mars, et même au palais de l'Industrie, où elle jetait comme un voile de tristesse. Une vive émotion gagnait la masse immense des assistants. Partout il n'était question que du drame de Queretaro et ce fut comme un grand deuil dans tous les esprits.
Tard clans la soirée, on reçut de Vienne la copie des dépêches sur lesquelles on se basait pour annoncer la mort de Maximilien. La première du consul autrichien de New-York. M. Loosey, était ainsi conçue :
Transmis le 29 juin, 2 h. 14 soir.
« J'ai reçu la dépèche suivante :
De Mexico le chargé d'affaires me fait savoir par voie de la Nouvelle-Orléans, le 29 juin, que l'empereur Maximilien a été condamné et qu'il a été fusillé le 19 à 9 heures du matin. Le Président refuse de livrer le corps. V Elisabeth est destinée au transport des Autrichiens de Vera-Cruz.
Grooler, capitaine de vaisseau Loosey.
108 CANROBEKT
La seconde était du ministre d'Autriche à Washington :
29 juin samedi, 4 h. 25 du soir.
» J'annonce avec consternation que j'ai reçu à l'instant la dépêche suivante de la Nouvelle-Orléans :
« Je reçois de Vera Gruz la dépêche télégraphique de la condamnation et de la mort de l'empereur Maximilien. Juarez est en possession du cadavre. La dépêche est signée Groller, capitaine de vaisseau. La nouvelle n'est pas encore connue à l'office des Affaires étrangères. J'apprends en outre que l'exécution a eu lieu par les armes le 19 juin à 7 heures du matin.
« Wydenbruck. »
Cependant un doute subsistait et quoiqu'il fût bien frêle, l'Empereur s'y accrochait. Dans le chiffre autrichien les mots fusillé et embarque étaient identiques ou à peu près : on avait peut-être mal traduit. Aussi le 2 juillet au matin. Napoléon 111 écrivit ce billet au ministre des Affaires étrangères,
2 juillet 1867.
« Mon cher M. de Moustier.
«Veuillez télégraphier à Washington la dépêche suivante :
«La nouvelle de l'exécution de l'empereur Maximilien
est-elle venue seulement par le navire Y Elisabeth arrivé
à la Nouvelle-Orléans ou directement par une autre voie
à Washington. Réponse immédiate.
« Croyez, etc. . .
« Napoléon. »