‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 49 sur 194 · TRAHISON DE LOPEZ · texte numérisé non relu

TRAHISON DE LOPEZ

Malheureusement la nouvelle était vraie : elle fut confirmée et l'on ne parlait plus que de ce drame qui absorbait tous les esprits.

On racontait que, trop confiant, l'Empereur avait été trahi pour une somme d'argent par un nommé Lopez qu'il avait comblé de ses bienfaits. Les deux chefs du cabinet militaire de Maximilien, le commandant Loysel et le capitaine Pierron, qui savaient que cet Indien avait déjà en 1848 trahi le Mexique, sa patrie, au profit des États-Unis, supplièrent l'Empereur d'éloigner de lui un homme si douteux, mais il leur avait répondu : a A vous croire, je n'aurais que des traîtres autour de moi, et si je suivais vos conseils je n'aurais plus personne »

Ce Lopez, dont le nom demeure encore chez tous les Mexicains comme le synonyme de Judas, était chevalier de la Légion d'honneur; sur la proposition du général de Flahaut, grand chancelier de l'ordre, le conseil, convoqué à cet effet le 9 juillet 1867, le raya des contrôles à l'unanimité, « pour avoir livré l'empereur Maxilien à ses ennemis moyennant une somme d'argent » .

On parlait aussi de l'impératrice Charlotte folle depuis un an. — Elle vit encore sans avoir retrouvé la raison. On racontait mille détails sur ces deux infortunés martyrs de la politique. Ainsi on disait qu'au moment où l'empereur Maxilien était tombé sous les balles de Juarez, on embarquait à Trieste 2,000 rossignols que l'on avait achetés dans le Tyrol, sur sa demande, pour être lâchés dans le parc de son château de Guernavaca!

Au moment où cet événement était connu en Europe,

la visite de l' Empereur et de l'Impératrice d'Autriche à Paris était annoncée pour la fin du mois. « M. de Beust me fait savoir, disait le prince de Metlernich à l'empereur Napoléon, que l'Empereur d'Autriche et l'Impératrice viendront à Paris le 30. Leurs Majestés passeront la nuit à Nancy, elles prendront à partir de cette ville seulement le train de l'empereur Napoléon, elles conserveront l'incognito jusqu'à leur arrivée à Paris, sous le nom de comte et comtesse de Hohenhemls. Leurs Majestés préfèrent la daumont ouverte : arrivée à Paris entre 4 et 5 heures. La toilette se fera à Meaux. L'empereur d'Autriche préfère la visite au camp de Ghàlons à une chasse à courre. »

Naturellement l'événement fit retarder cette visite et l'empereur des Français et l'Impératrice allèrent au mois d'août à Salzsbourg voir l'empereur et l'impératrice d'Autriche et l'empereur d'Autriche vint seul à Paris à la fin du mois d'octobre.

Après un arrêt à Nancy, il descendit à la gare de l'Est, le 24 octobre, dans l'après-midi. Il tombait à Paris au milieu dune crise grave puisque depuis vingtquatre heures, et durant les trois jours qui suivirent, on fut sur le point d'avoir la guerre avec l'Italie à cause des tentatives de Garibaldi sur Rome que le gouvernement italien n'empêchait pas.

Le comte Vimercati s'agitait, courait de l'un à l'autre, s'informait, télégraphiait, s'efforça nt de calmer les ministres : Il venait jusqu'à trois ou quatre fois par jour à la place Vendôme voir le maréchal Ganrobert, lui communiquant ce qu'il savait, et tâchant d'apprendre de lui quelque nouvelle. Le lendemain de l'arrivée de François-Joseph (25 octobre) il annonça

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