DEPART DU MARECHAL CANROHERÏ
senta : il leur serra la main, leur dit quelques paroles et tous se retirèrent satisfaits de cette entrevue et comme il faisait une chaleur étouffante, avant de se séparer, il s'attablèrent au café qui se trouvait à l'angle de la rue Gastiglione et de la rue Saint-Honoré et ils devisèrent encore quelque temps sur leur avenir qui leur paraissait brillant.
Le 22 le maréchal donna « place Vendôme » un dîner intime à MM. et Mmes de Bourgoing et Vandal et à ses aides de camp et officiers d'ordonnance. Le maréchal offrit le bras à Mme Vandal et le commandant Boussenard à Mme de Bourgoing^ et lorsque trois semaines plus tard, la baronne de Bourgoing apprit que le commandant Boussenard venait d'avoir le bras emporté, elle fit la réflexion qu'elle était la dernière dame à qui il l'avait offert.
Le 24 au soir le maréchal quitta Paris. La veille l'état-major était parti avec tous les chevaux. Il s'embarqua à 8 heures à la gare de l'Est où il fut acclamé par une foule, considérable qui gênait le service en encombrant les cours et les quais. La maréchale l'accompagna jusqu'à son wagon et lui fit ses adieux au moment du départ. Le maréchal avait avec lui le commandant Lonclas et le médecin Quesnoy, son vieil ami dévoué qui avait fait la guerre à ses côtés en Grimée et en Italie.
A minuit et demi le train entrait en gare de Ghàlons et aussitôt à terre le commandant Lonclas s'aperçut qu'aucune voiture n'attendait le maréchal pour le conduire au camp : il avait cependant écrit au général de Linières qui commandait le département de la Marne pour en avoir une : il lui fallut donc courir en ville, iv. 10
146 GANROBERT
au milieu de la nuit : après avoir cogné à plusieurs portes, il découvrit devant une auberge l'omnibus qui faisait, pendant le jour, le service de la ville au camp : mais le cocher dormait, il fallut le réveiller et faire atteler; à 2 heures et demie le maréchal installé dans la guimbarde se dirigeait sur le camp et descendait à 4 heures, au quartier général où il trouvait un lit tout préparé dans lequel il se mettait et il s'endormait sans plus attendre, pendant qu'on hissait le drapeau au mât du quartier général.