LE LIEUTENANT-COLONEL FAY ECRIT A L'EMPEREUK
rarement, la panique, gagnant de proche en proche. « Notre armée, à Metz au contraire, double sa force à cause des fortifications. Elle pourra inquiéter les Prussiens en marche sur Paris. L'Empereur devrait la quitter et la mettre sous le commandement du maréchal Bazaine.
« Le 7e corps (général Douay), dans l'Est, devrait se rejeter sur Langres pour inquiéter les communications de l'ennemi. Sa Majesté irait à Chàlons avec les ier, 5e et 6e corps et le noyau d'une armée de réserve qui s'augmenterait des bataillons de la garde mobile et qui se retirerait au besoin sur la Loire, si elle n'était pas encore prête au passage des Prussiens, elle agirait sur leur flanc droit ou se retirerait sur Paris, suivant les circonstances... » et sa lettre terminée, ne sachant comment l'envoyer à l'Empereur, il s'est décidé à la mettre sous enveloppe avec la suscription : « à Sa Majesté » , et il l'a fait porter par son ordonnance. L'Empereur était dans son cabinet avec le général Lebrun quand elle lui fut remise.
L'effet de cette lettre fut immédiat et complet, puisqu'à 11 heures et demie l'Empereur télégraphiait au ministre : « Je désire que le maréchal Canrobert soit rappelé à Paris « et qu'il envoyait à midi le général Keille à Chàlons donner de vive voix au maréchal Canrobert l'ordre de s'y rendre,
Et puis dans la soirée, on a encore change, et maintenant le 6e corps, au lieu d'aller à Paris, vient à Metz.
Le colonel Lewal dit aussi tout bas au maréchal que Ion ignore dans l'état-major ce qui se passe entre le conseil des ministres et l'Empereur et surtout entre l'Impératrice et l'Empereur qui télégraphient au moven
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de leur chiffre spécial; il y a eu surtout ces jours ci, (I, s é( hang< s inc< ssants de dépêches et il semble qu'il n'y ail pas même façon de voir ou de comprendre chez le souverain et la souveraine; mais ce n'est qu'une supposition.
Ce que tout le monde dit, aussi bien les aides de camp de l'Empereur que les officiers de l'état-major général, c'est qu'il ne peut plus commander l'armée et qu'il devrait rentrer à Paris, reconstituer une armée et reprendre en mains le gouvernement.
Le général Lebrun lui a parlé dans ce sens avanthier dimanche et hier dans l'après-midi, frappé de sa prostration, le premier écuyer, M. Davillier Regnault deSaint-Jean-d'Angélys'en est entretenu avec M. Franceschini Pietri, toujours très réservé et qui, certainement, n'aurait pas pris sur lui une démarche de ce genre; mais entraîné par M. Davillier, il Ta suivi; tous deux ont tellement insisté qu'ils ont fini par persuader l'Empereur et ils ont, sur sa prière, télégraphié à l'Impératrice dans ce sens.
Il semble que l'Empereur n'osait pas avouer luimême à 1 Impératrice l'impuissance physique où il était et qu'il chargea MM . Davillier et Pietri de laire cet aveu.
Voici le télégramme qu'ils envoyèrent et qui ne fut connu qu'un an après ces événements :
Pietri à V Impératrice : confidentiel pour l'Impératrice
seule.
« N'écoutant que mon dévouement, j'ai demandée l'Empereur s'il se sentait assez de forces physiques pour les fatigues d'une campagne active, de passer les