L'EMPEREUR ET L'IMPÉRATRICE OU METZ ET PARIS
Le soir de la fermeture du scrutin du plébiscite toutes les personnes appartenant à la Maison impériale étaient réunies aux Tuileries et assistaient à l'arrivée des résultats du vote. Ceux de Paris furent les premiers connus, et décontenancèrent beaucoup d'assistants . L'Empereur resta calme, presque souriant : le Prince Impérial eut un mouvement de révolte que réprima aussitôt le général Frossard, mais l'Impératrice très nerveuse ne cacha pas son dépit. L'un des officiers d'ordonnance de l'Empereur, le capitaine Pierron, ancien chef du cabinet de Maximilien et depuis auteur militaire et membre du conseil supérieur de la guerre, m'a affirmé lui avoir entendu dire ce soir-là que la guerre seule pouvait sauver l'Empire de la révolution. Plusieurs généraux aides de camp auraient renchéri, et dès lors l'idée de chercher la consolidation de la dynastie par une guerre populaire fit son chemin.
Lorsque éclata la nouvelle de la candidature Hohenzollern, il semble qu'à Saint-Gloud l'Impératrice et les aides de camp qui avaient appuyé son idée, le soir du plébisciste, aient cru avoir trouvé l'occasion cherchée et c'est vraisemblablement dans l'entourage de l'Impératrice que naquit l'idée de la demande de garantie