‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 111 sur 255 · LE CAPITAINE 13 HAÏ) Y · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE 13 HAÏ) Y

et lorsque je fus ambassadeur extraordinaire à Rome après sa mort, son fils le roi Humbert m'accueillit par ces paroles : « Mon père ne m'a rien laissé ignorer de « ce qu'il vous devait. »

« Ce jour-là était un dimanche. Le Roi. après s'êfre définitivement entendu avec moi, assista à la messe et partit à midi pour aller prendre le commandement de ses troupes à San Salvator entre Casai et Alexandrie. Au moment où le Roi montait en wagon, un officier d'ordonnance de l'Empereur, le capitaine d'artillerie Brady, lui apportait la lettre suivante :

« Monsieur mon Frère,

« Je viens d'apprendre que les Autrichiens sont « entrés sur le territoire de Votre Majesté. La guerre « est donc commencée. J'autorise le maréchal Canro- « bert à concourir avec les troupes de Votre Majesté « à la défense des lignes de la Dora-Baltea, s'il juge que a la position offre des chances de résistance et si nos divi- « sions sont réunies.

« Je recommande bien à Votre Majesté de songer « sérieusement à la défense d'Alexandrie, car je crois a toujours que c est là que se portera la principale attaque « des Autrichiens...

« Je suis de Votre Majesté le bon frère.

« Napoléon

« Palais des Tuileries. »

Le Roi parut satisfait et répondit séance tenante : « Je pars prendre commandement de l'armée ; mon

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« quartier général sera San Salvator entre Casai et « Alexandrie. Je viens d'inviter vos maréchaux à « presser l'arrivée de leurs troupes à Alexandrie et « Novi. Nous pouvons être attaqués dès demain par « des forces considérables. J'espère voir bientôt Votre « Majesté. »

Durant toute sa vie, le maréchal Ganrobert n'a cessé de parler de la haute idée qu'il avait alors conçue de Victor-Emmanuel. Le Roi sans beaucoup faire de bruit était d'un grand bon sens : il laissait parler les avocats suivant son expression ; puis, sa décision prise, il n'en démordait plus. Le maréchal le jugeait très supérieur à M. de Gavour qu'il trouvait nerveux, avec des idées militaires fausses et mobile dans ses impressions et ses avis. Le maréchal ne savait pas que M. de Gavour était, comme beaucoup de grands hommes d'Etat, un comédien consommé, et que ses terreurs ou ses grandes joies étaient simulées suivant les circonstances et les individus avec qui il avait affaire. Rien ne le démontre mieux que les trois missives qu'il écrivait en même temps ce jour-là, 1er mai. La première adressée au prince Napoléon — son compère — dont le zèle n'a pas besoin d'être excité, exprime la confiance :

h Turin, 1er mai.

« Comte de Cavour au prince Napoléon, Paris,

« Les Autrichiens ont continué hier le passage du Tessin. Ils ont occupé toute la ligne de Novare et le Pô; il est impossible de préciser leur nombre. Le corps passé, sorti de Pavie, longe le Pô. Notre armée se con-

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