GÈNES, MONTEBELLO, PALESTRO LA MARCHE DE FLANC
Cierges allumés et banderoles calligraphiées. — Entrée de l'Empereur à Gênes. — Premier conseil de guerre. — La question des ponts. — > « Vous parlez à l'Empereur comme à un camarade ! » — Lanciers et hussards. — Imprévoyance. — Le baron de Rothschild. — Tendresse de l'Empereur pour le Prince impérial. — Soirée de gala. — Assassins, agents de la sûreté et espions. — Une requête bizarre. — Un neveu de Blucher. — Le duc de Nassau déguisé en marchand forain. — Le fils et le petit fils de l'impératrice Marie-Louise. — Les deux fils du duc de Berry. — Fausse alerte de nuit. — Le Roi se plaint de l'Empereur. ■ — Le champ de bataille de Marengo. — Encore les ponts. — Indécision de l'Empereur. — Les Autrichiens abandonnent Verceil.
— L'Empereur se décide à suivre le plan de Jomini. — Le Roi remercie l'Empereur. — Une tasse de café historique. — Combat de Monlebello. — Suspension du mouvement décidé. — Les journalistes.
— Émotion de l'Empereur. — Panique. — Conseils de guerre. — Alerte générale. — Toute l'armée en mourement. — Envoi d'espions.
— Conseils de guerre. — L'Empereur se décide à attaquer de front.
— Il change d'avis et se résout à la marche de flanc. — Jugements portés sur la marche de flanc. — Premières modifications. — Bonne humeur de l'Empereur. — Une descente de wagon au milieu de la nuit. — L'espion Chioggia. — Le maréchal Canrobert est en tête de l'armée. — Mme la colonelle et le dentiste du régiment. — La campagne des environs de Casai. — Le bon curé de Prarolo. — En roulotte. — La soupe cuite aux bougies. — Crue de la Sesia. — Combat de Palestro. — Victor-Emmanuel et le 3e zouaves. — « Bravo, les chacals! » — L'Empereur et le Roi passent en revue le 3e zouaves. — On déculotte les cadavres. — Les galons de caporal et la médaille qui disparaît. — Résultats du combat de Palestro.
Le 12 mai s'éclaire d'un soleil splendide. Le ciel est bleu intense, sans un nuage
264 CAINROBEUT.
Gênes, depuis la veille, se remplit d'une foule bariolée et bruyante; des bandes d'hommes, de femmes, d'enfants s'engouffrent dans la cité ; ce sont tour à tour des montagnards des Apennins avec des espadrilles et les jambes enlacées, des paisibles cultivateurs des plaines piémontaises, des pêcheurs du littoral, des Sardes au visage de bronze. Il en arrive toujours.
C'est un grouillement incessant dans les ruelles comme dans les grandes voies de l'antique reine de la Méditerranée.
Les palais de marbre et les masures se couvrent de tentures, draps de lit, tapisseries, bandes de damas rouge et de brocatelle. A chaque coin de rue, aux fenêtres, des Madones entourées de fleurs forment des petits autels; un peu partout pendent d'énormes pancartes calligraphiées à la main. Combien de copistes Gênes possède-t-elle pour que tant de chefs-d'œuvre d'écriture aient pu voir le jour? Ces placards célèbrent, en vers ou en prose héroïque, la gloire et les vertus de Napoléon III.
Il en pend partout : aux enseignes, aux grilles, aux fenêtres, à des bâtons attachés aux toits.
A travers les rues, des frises de drapeaux et des transparents avec les légendes de : « Vive la France ! » « Vive l'Italie! » « Vive Napoléon! » Sur l'un d'eux : « / et vinceî »
Vers midi la foule, jusque-là sans direction définie, vient s'amasser sur les quais du côté du port et dans la grande rue. Dans le port et dans la rade, on ne voit que des mâts et encore des mâts avec des pavillons multicolores.
A une heure, un cri s'élève dans la foule. On dis-