CONSEILS DE GUERRE
En rentrant à Alexandrie, l'Empereur trouve réunis chez lui les maréchaux Vaillant et Ganrobert et les généraux Lebœuf, Frossard et Niel; il tient de nouveau un conseil avec eux et le général de Martimprey. « Le combat de Montebello « ne s'harmonise pas » avec ses plans... Mais puisque les Autrichiens, après avoir attaqué hier, demeurent immobiles, ne doit-on pas prendre l'offensive contre eux? » A cette question, le maréchal Vaillant parle encore de l'attaque par le sud et du siège de Plaisance; ce plan paraît même prévaloir, malgré le général de Martimprey. Mais l'Empereur, après avoir laissé ses généraux discuter, lève la séance sans réunir les avis et sans que rien n'ait été décidé.
Demeuré seul, il écrit ce télégramme :
« 21 mai, 6 h. 40 soir.
h Arrivée aux Tuileries à 6 h. 50 soir. »
« L'Empereur à L'Impératrice, n° 17.
« Je reviens de Montebello ; j'ai visité le champ de bataille couvert de morts et de blessés. Tout le monde s'est conduit à merveille. Si les autres divisions étaient arrivées plus tôt, toutle corps autrichien était anéanti... Un chasseur à pied a tué un général d'un coup de baïonnette. La cavalerie sarde a été admirable, chargeant les carrés dans de mauvais terrains avec la plus grande audace. »
L'Empereur semble incliner à l'idée que l'attaque autrichienne n'est qu'une démonstration... Quant au Roi, déjà prêt à passer le Tessin et à se jeter tête
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baissée sur les Autrichiens, il en est convaincu et est d'avis de ne pas retarder le mouvement décidé par le nord.
Dans l'armée française et dans la cavalerie sarde du général de Sonnaz, le sentiment est tout différent ; dans les états-majors, comme sous la tente, le combat de Montebello est considéré comme le prélude d'une attaque générale des Autrichiens par le sud.
Les habitants du pays y croient tellement qu'ils assurent au général de Sonnaz que l'armée autrichienne se masse sur le Pô et se prépare à le passer : le capitaine Jumel, pour contrôler ces dires, cherche partout des espions à envoyer au delà du fleuve ; mais il ne trouve personne qui veuille courir un tel risque. Force est donc de s'en tenir aux indications du général de Sonnaz. Dans la soirée du 22, celui-ci devient affirmatif : « Cette nuit, ou à la première heure demain 23, l'ennemi commencera son mouvement. » Le capitaine Jumel en prévient d'abord le maréchal Baraguayd'Hilliers et va ensuite en aviser l'Empereur. Alors, l'ordre est donné aux corps du général de Mac-Mahon et du maréchal Ganrobert de partir pendant la nuit et de se trouver en bataille à côté du maréchal Baraguayd'Hilliers avant le jour. Les troupes dorment déjà, on les fait lever. Elles se mettent en marche et au petit jour elles se forment en ligne au delà de Voghera. Les soldats du maréchal Canrobert distinguent aux premières lueurs le corps du général de Mac-Mahon et celui du maréchal Baraguay-d'Hilliers, un peu plus loin, également en ordre de combat, et devant eux, au soleil qui monte, on voit les cavaliers du général de Sonnaz.
Il arrive encore au quartier impérial de nouveaux