‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 135 sur 255 · L'EMPEREUR S'INQUIÈTE · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR S'INQUIÈTE

avis du général de Sonnaz que le maréchal Baraguayd'Hilliers transmet en les amplifiant. Ils mettent l'Empereur dans une telle inquiétude qu'il envoie de suite ces trois dépêches :

« Alexandrie, 23 mai, 6 heures 10 matin. a Au général JSiel

« L'ennemi menaçant de nous couper, portez-vous immédiatement avec tout votre corps à Gastel-Novo di Scrivia, où vous recevrez de nouveaux ordres. Abandonnez toute la rive du Pô, faites grande diligence. »

Cinq minutes après, il écrit encore celle-ci :

« V Empereur au Roi.

« Repliez votre front ; laissez une division à Casai et marchez avec vos troupes sur Alexandrie, en abandonnant toutes les rives du Pô.

« Ne perdez pas un instant et dirigez, si vous le pouvez, des troupes par le chemin de fer à Alexandrie.

« Je vous envoie un officier.

a Alexandrie, 23 mai, 6 heures 15 matin. »

Puis enfin au commandant de la garde : « Vous allez emmener toute la garde à Ponte-Gurone le plus tôt possible, en vous servant du chemin de fer. »

Napoléon III aura 150,000 hommes près de Voghera et les Autrichiens, au lieu d'une arrière-garde, vont trouver toute l'armée alliée marchant à leur rencontre.

Cependant les trois corps (Baraguay-d'Hilliers, de Mac-Mahon et Canrobert) en ligne, immobiles sous les

armes depuis trois heures du matin, attendent toujours. Pas un Autrichien ne s'est montré et il est huit heures. Le maréchal Baraguay-d'Hilliers en prévient l'Empereur qui donne Tordre aux corps en ligne et à ceux en marche de rentrer à leurs cantonnements.

Le Roi, qui est en route avec deux divisions, reçoit vers neuf heures cet avis :

« Au Rot

« Les nouvelles sont que l'ennemi ne se présente nulle part. Suspendez les mouvements ordonnés.

« 23 mai, 8 heures 15 matin. »

Il est fort mécontent de ce nouveau contre-ordre. Le 20, il était déjà parti en pointe, avec la division Cialdini, dans la direction de Novare. Le 21, l'Empereur l'a prié de repasser la Sesia. Le 25, on le met en mouvement vers le sud, et, quatre heures après, il reçoit avis de retourner à son point de départ. Il hausse les épaules et répète : « Ce sera donc toujours la même chose? »

A onze heures quarante-cinq, l'Empereur lui envoie encore une nouvelle dépêche :

« Au Roi.

« Si vous n'avez pas jeté de pont à Candia, il est inutile de faire tuer du monde. Croyez-vous à une attaque des Autrichiens?

« 23 mai, 11 heures 45. »

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