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Pô, c'est-à-dire du nord au sud. Le 1er corps passera à Valenza et formera l'aile droite.
L'Empereur, dans la soirée, mande le maréchal Ganrobert et lui explique ce mouvement, et comme son corps d'armée s'ébranlera le premier il aura des instructions successives dans la soirée et la nuit. En effet, le maréchal à peine rentré à Ponte-Gurone reçoit ce billet autographe de l'Empereur :
« 25 mai.
« Au Makéghal Canrobeut,
« Donnez des ordres nécessaires pour que votre cavalerie, votre artillerie et vos bagages prennent demain la route d'Alexandrie, en dissimulant ce mouvement autant que ce sera possible.
« Cette colonne couchera demain 26 à ïortone, et arrivera à Alexandrie le 27.
« Votre infanterie suivra le mouvement par la voie ferrée.
« Je vous enverrai des ordres détaillés ce soir.
Napoléon.
Cependant l'ordre de mouvement général n'est pas encore envoyé au Roi et aux maréchaux, et voilà que dans la nuit du 25 au 26 l'Empereur change encore d'avis; il appelle le général de Martimprey, lui dit d'arrêter l'expédition des ordres-tableaux qui ne sont pas partis et lui annonce son intention d'en revenir à sa première idée, qu'il a exposée au Roi le matin de l'affaire de Montebello, la inarche de flanc par Verceil, INovare, Magenta, et il lui dicte exactement les pics-
criptions recommandées par Jomini, sans en changer cette fois un mot.
Le lendemain matin — 26 mai — à cinq heures, l'Empereur prend le chemin de fer pour aller rejoindre le Roi à Gasal, et tous deux, avec les généraux Lebœuf et Frossard, vont examiner les environs de Verceil et de Palestro.
Voilà, croyons-nous, aussi exactement que possible la genèse de la fameuse marche de flanc.
Cette manœuvre célèbre a été souvent étudiée. Les uns l'ont critiquée, les autres l'ont exaltée. M. Ollivier et le général Fleury ont fait honneur à l'Empereur d'en avoir conçu l'idée, et tous deux en ont conclu à la supériorité de Napoléon comme stratégiste. En Allemagne, cette manœuvre a été l'objet de nombreuses études, principalement de la part du maréchal de Moltke, dans son livre sur la campagne de 1859, et plus récemment par le général von Gâmmerer qui a consacré une étude des plus remarquables à la conception de ce plan.
Napoléon III, suppose le général von Gâmmerer, a eu, entre le 20 et le 26 mai, communication de l'ordre général de son adversaire, le comte Giulay, daté du 19 mai, qu'un coureur aurait pris. Le général von Gâmmerer ne peut expliquer autrement que chaque mouvement ordonné à l'armée franco-sarde soit venu juste à point contrecarrer exactement chacune des prescriptions de l'ordre autrichien.
On comprend combien il nous importait de vérifier si les faits et les documents viendraient confirmer l'hypothèse ingénieuse du général von Gâmmerer.
Nous devons dire que quelque soin que nous ayons