ORDRES DE L'EMPEREUR
Turbigo où elle passera les trois ponts qui doivent y être. Elle s'arrangera de manière à être à Turbigo à neuf heures et demie.
« Le général de Mac-Mahon, qui occupe déjà les hauteurs, précédera Votre Majesté et se rendra à Magenta. Arrivé là, la grande route directe de Milan et le pont de San Martino se trouvant libres, on établira les ponts à San Martino et je ferai passer mes autres divisions de la garde à Magenta, où Votre Majesté mettra son quartier. Après-demain, Votre Majesté pourra entrer à Milan et j'enverrai un corps d'armée à Abbiategrasso pour poursuivre l'ennemi. Je ne peux pas le faire avant parce que je ne peux faire passer à San Martino que de l'infanterie, sans chevaux ni artillerie, tant que le pont n'est pas rétabli.
a Sur ce, etc.
« Napoléon. »
« Novare, 3 juin.
« Au général de Mac-Mahon.
^< Demain matin, à neuf heures et demie, le Roi occupera la tête de pont de Turbigo avec une division de son armée et réunira la division Fanti à votre corps d'armée et aux voltigeurs de la garde déjà sous vos ordres.
« Aussitôt que vous aurez réuni ces quatre divisions, vous descendrez le Tessin par sa rive gauche pour aller occuper Magenta et Buffalora.
« Au moment où vous arriverez sur ce point, le général commandant la garde, averti par la fusillade m. 23
que vous aurez eu lieu d'ouvrir sur ce point, ou prévenu par vous si vous ne rencontrez pas l'ennemi, traversera le pont de Buffalora pour faire sa jonction avec vous, en vous amenant la division des grenadiers. « Vous avez à vous entendre avec le commandant de la garde pour le choix et la répartition des positions à occuper, et, en cas d'hostilités, vous vous placerez sous ses ordres.
« Napoléon.
« P. -S. — J'ai été très peiné de rencontrer le régiment de zouaves exténué de fatigue, n'ayant pris que du café depuis le matin à trois heures et n'ayant pas cessé de marcher depuis cette heure. Dites de ma part au général Espinasse que j'entends que Ton soigne mieux mes soldats. »
L'estafette qui portait ces deux ordres en annonçait de nouveaux pour le lendemain matin.
Laissant de côté, pour le moment, la réprimande imméritée du post-scriptum, envoyée sur les criailleries non vérifiées de vieux carotiiers africains, constatons que l'Empereur suit son idée de se former en une ligne face au sud se prolongeant sur la grande route de Magenta à Novare et coupée à son centre par le Tessin. Il compte que l'armée autrichienne ne l'attaquera pas aujourd'hui, que dans la soirée ses corps seront en position et que, dans la nuit, des ponts de bateaux, établis à San Martino, mettront en communication ses deux ailes, ce qui lui permettra de les réunir sur l'une ou l'autre rive, suivant les circonstances (1).
(t) Il est vrai que cette idée du souverain échappa à tout le monde, même au colonel Saget, le chef du service des renseignements, qui, chargé de