FORMATION DE L'ARMEE
envoyé à San Martino pour examiner le pont, est de retour. Le passage est immédiatement praticable pour l'infanterie et réparable en quelques heures pour l'artillerie.
Au même moment, de nouveaux rapports confirment qu'il ne reste plus un Autrichien en Piémont. Alors l'Empereur semble se réveiller, et voir les choses sous leur vrai jour. Puisque le pont est praticable et que les Autrichiens sont en retraite, il prendra possession de la Lombardie, avec plus de troupes qu'il ne 1 avait d'abord pensé et sans qu'il ait à redouter, croit-il, une bataille, puisque l'ennemi est en retraite.
En conséquence, il fait revenir le maréchal Canrobert, lui explique que le pont est en meilleur état qu'il ne le supposait et que son corps d'armée se mettra en marche à onze heures pour le passer et atteindre Magenta dans la soirée.
Le maréchal rentre pour faire exécuter ces nouvelles dispositions et l'Empereur envoie cette dépêche :
« INovare, 8 h. 55 matin.
« V Empereur au Roi, à Galliate;
au général de Mac-Mal ion; au général Lebœuf, à Turbigo.
« Le pont de Buffalora devant être praticable poui l'artillerie dans deux heures, je dirige Canrobert de ce côté. Il ne passera donc plus à Turbigo, comme je vous l'avais écrit.
« Napoléon. »
Le télégraphe installé par M. Gauthier-Villars entre Turbigo et Novare transmet instantanément la dépêche à laquelle le général Lebœuf répond en ces termes : « Le Roi est à Turbigo, son armée est prête à traverser. La brigade Decaen et l'artillerie de la garde achèvent leur passage. Le Roi pense que deux ponts lui seront nécessaires jusqu'à sept heures du soir. Le troisième lui est inutile par suite des défilés qui sont à franchir après avoir franchi le Tessin. »
Cette dépêche, apportée à l'Empereur un quart d'heure après l'envoi de la sienne, lui fait savoir qu'il faudra à l'armée royale la journée entière pour effectuer son passage; néanmoins, la plus grande partie pourra encore suivre le général de Mac-Mahon et, à l'occasion, lui prêter son appui, À ce moment, il ne croit pas à une bataille; ce n'est donc tout au plus qu'un retard dans une manœuvre qui pourra encore s'exécuter le lendemain matin.
A neuf heures et demie, l'Empereur se met à table et, pendant son déjeuner, reçoit une dépêche de M. de Gavour lui annonçant l'envoi de 4,000 paires de souliers, et le rapport du général de Mac-Mahon sur le combat de la veille, qu'il résume ainsi pour l'Impératrice :
« Novare, 4 juin, 4 heures 45 matin.
11 A i Impératrice.
« Le combat près de Turbigo a été plus avantageux que je ne l'aurais cru. Les pertes de l'ennemi sont considérables. Les tirailleurs indigènes se sont très bien conduits. Les voltigeurs de la garde ont