‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 165 sur 255 · TOUT EST CALME · texte numérisé non relu

TOUT EST CALME

repoussé facilement les ennemis qui ont laissé dans nos mains une grande quantité d'armes, de munitions, et un canon. Nous avons perdu un capitaine de tirailleurs, M. Vaneckout, 40 officiers blessés, dont Laveaucoupet, 7 soldats tués et 38 blessés.

« Napoléon. »

Ensuite, l'Empereur signe différents décrets conférant la Légion d'honneur à 43 officiers et soldats, et la médaille militaire à 68 sous-officiers et soldats du 3e zouaves qui se sont distingués à Palestro.

A dix heures il fait dire qu'il va aller voir lui-même le pont du Tessin et il commande quelques-uns de ses officiers d'ordonnance pour l'attendre avec ses chevaux de selle et une escorte de chasseurs de la garde à Trecate. Il prévient qu'il reviendra dîner à Novare, et, vers dix heures et demie, il monte avec les généraux de Martimprey, Fleury et le colonel Waubertde Genlis dans une voiture que conduit le postillon Vaulhier. Les officiers d'ordonnance ont pris les devants. « Nous partons voir les ponts du Tessin. Les Autrichiens sont en pleine retraite » , dit celui d'entre eux qui en sait le plus long.

Le maréchal Vaillant, de son côté, fait prévenir le général Renault, souffrant de fièvres contractées en Afrique, qu'il peut rester à Novare : il n'y aura pas de combat aujourd'hui ; le passage de l'armée au delà du Tessin sera terminé d'ici deux jours et avant il n'y aura rien d'intéressant.

Les troupes du maréchal Canrobert, qui ont été avisées le matin qu'elles demeureront en place, s'occupent déjà d'installer leur cuisine, quand le maréchal Ganro-

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bert rentre chez lui et dicte ses ordres pour l'exécution des nouvelles prescriptions de l'Empereur : d'abord il lui faut s'entendre avec son intendant pour le transport au Tessin des approvisionnements déjà réunis à Novare : il faut ensuite courir après les généraux pour les aviser de se tenir prêts, ainsi que leurs troupes. Le planton à la recherche du général Bourbaki le trouve occupé à déjeuner, et ses officiers font de même. Deux d'entre eux, les capitaines de La Tour du Pin et Baligand, sont assis devant un magnifique saladier de fraises des bois qui embaument, lorsque l'avis de monter à cheval leur est remis. M. de La Tour du Pin veut se lever. Le capitaine Baligand, qui est plus ancien, le retient : « Vous n'avez pas encore fait autant la guerre que moi; eh bien, croyez-en mon expérience , prenez encore quelques minutes pour goûter de ces délicieuses fraises : peut-être sont-ce les dernières que vous mangerez. » Et, après avoir servi généreusement son camarade, il déguste le restant de ces jolies fraises rouges. A cinq heures du soir, il était tué.

Le général Trochu a invité ses colonels à déjeuner pour onze heures ; quand ils arrivent chez lui, il est parti : il vient de monter à cheval, et ils apprennent que l'on a porté chez eux des ordres pressés.

Entre midi et une heure, le corps d'armée est réuni en armes, mais il est arrêté par la colonne interminable des bagages du 4e corps — que le général de Rouvray évalue à 2,000 voitures — auxquels est venue se joindre une foule d'autres véhicules. Cette horde disparate de chariots de toutes sortes, de toutes formes, avec des conducteurs aux costumes mélangés,

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