SOLFERINO
Solferino. — Les rapports des espions. — Le dîner impérial. — L'enlèvement des Sabines. — Conseil de guerre. — Mort d'un émigré français. — La Fête-Dieu. — Pensées pacifiques. — Ascension de montgolfières. — L'Empereur ne croit pas au retour offensif des Autrichiens. — Rapports des espions et des grand'gardes. — L'Empereur pense forcer le passage du Mincio. — Les ordres de l'Empereur. — Une jolie maison, un joli parc, une jolie église. — Soirée du 23 juin. — Les sonates de Mozart. — Un propriétaire conduisant un tilbury. — Avis d'une attaque de flanc. — Le général Niel communique cet avis à l'Empereur. — L'armée se met en marche et l'Empereur met ses chaussettes. — C'est une bataille. — Aspect du champ de bataille du haut d'un clocher. — Décision de l'Empereur. — Une cavalerie de meuniers. — « Il y aura des casques en trop ce soir. » — Un lorgnon et un coup de sabre. — Le maréchal Canrobert se dirige sur le champ de bataille. — Il fait abattre les portes de Castel- Goffredo. — A Médole. — Demandes de secours. — Doubles recommandations de l'Empereur. — Panorama du combat. — Un nuage de poussière. — Demandes instantes de secours. — L'Empereur est inquiet. — Le général Félix Douay est blessé. — Le fils de l'impératrice Marie-Louise. — Épuisement des combattants. — Les voltigeurs de la garde. — Assaut de Solferino. — Prise du cimetière. Le colonel Hrincourt et les zouaves. — On prend deux drapeaux autrichiens. — Attaque de Cavriana. — Les jambes dans le vide. — Le prince de Hesse et son drapeau. — Sa crânerie. — Le cri d'admiration qu'elle fait pousser. — Les turcos et le géant nègre. — Un heureux coup de canon et le futur généralissime. — La branche de mûrier que tient le maréchal Canrobert. — On le croit tué. — Attaque de Rebecco.
— Le maréchal Canrobert appelle une nouvelle brigade. — Arrivée de la brigade Rataille. — Joli mot du général de Rochefort. — Mort des colonels de Malleville et Jourjon. — Charge des chasseurs d'Afrique.
— Mort du prince de Windischgraetz et prise du drapeau de son régiment. — Le corps du maréchal Canrobert se forme en première ligne. — Tempête et orage. — L'empereur d'Autriche sous le feu du colonel de Berckheiin. — Déjeuner de l'état-major. — Poursuivrait!. 29
t-on l'ennemi? — La nuit arrive. — Aspect du champ de bataille. — Dans l'église de Rebecco. — Réveil morose. — Le soleil remonte le moral de l'armée. — Le quartier général de Cavriana. — Les deux petites filles du propriétaire. — Les blessés. — Les frères Douay et les frères Mennessier. — Le général Auger. — Un boulet resté dans la blessure qu'il a faite. — Ambulances et médecins. — Les dames de Brescia. — La convention de Genève. — Panique. — Le général Douay rétablit l'ordre à Médole. — Causes de la panique. — Valeur et courage de l'armée d'Italie. — Défaillances de certains chefs. — Différend entre les maréchaux Ganrobert et Niel. — A quoi il se réduit. — Maladresse du maréchal Vaillant. — Réconciliation,
Encore une ou deux journées de marche et l'armée atteindrait le Mincio et se trouverait en présence du fameux quadrilatère. Les Autrichiens laisseraient d'autant moins les alliés franchir ces dernières étapes sans risquer une bataille qu'ils avaient pour eux l'avantage de positions superbes et étudiées de longue date. Personne n'en doutait dans l'armée française.
Les reconnaissances, les espions, les habitants du pays étaient tous d'accord pour affirmer qu'ils se concentraient aux alentours de Solferino, terrain ordinaire de ses manœuvres annuelles. Mais voilà que dans la journée du 18 juin parvient au quartier impérial une nouvelle surprenante : loin de nous attendre, les Autrichiens s'en vont. Le renseignement vient d'un agent fort adroit qui vit dans le camp ennemi, Gesare Lizzioli; il a écrit ce billet au colonel Saget :
« Benedeck a quitté hier Monzembano et Pozzolengo se dirigeant sur Peschiera. L'armée autrichienne parait s'être concentrée à Volta, Pozzolo et Goïto. »
On ne peut pas douter de la véracité de la nouvelle, car le même soir l'état-major sarde la confirme par cette note adressée à l'Empereur :