‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 215 sur 255 · DEMANDES INSTANTES DE SECOURS · texte numérisé non relu

DEMANDES INSTANTES DE SECOURS

rue se prolonge, ensoleillée et vide; à son extrémité commence l'agitation : devant deux grandes portes de ferme se tiennent des groupes de soldats et de paysans qui se remuent autour de plusieurs charrettes. Aux drapeaux rouges fichés en terre, au va-et-vient perpétuel qui se fait par devant, on reconnaît qu'il y a là des ambulances.

Le maréchal cherche à s'orienter quand un officier de la division Renault le prévient que le commandant Grépy est venu lui demander avec les plus vives instances des secours immédiats de la part du général de Luzy-Pélissac. Le maréchal lui répond qu'il faut satisfaire le plus promptement possible à cette demande et envoyer, au fur et à mesure de leur arrivée, des troupes à la droite du 4e corps.

Puis, voulant juger par lui-même de la situation, il enfile la grande rue et se dirige du côté où le canon paraît le plus violent; à l'extrémité du village, il est arrêté par le capitaine de Beurnonville qui lui est adressé par le général de Failly pour lui demander aussi des renforts. Le maréchal n'a encore personne, et ses premières troupes vont aller doubler la division Luzy-Pélissac; il ne peut donc disposer de personne en faveur du général de Failly. Continuant sa route, il prend un chemin de traverse encaissé et bordé de buissons ; il croise le corps d'un chef de bataillon que ramènent deux grenadiers et il cherche à voir devant lui, mais des buissons l'en empêchent.

Voici maintenant deux officiers qu'à leur uniforme bleu de ciel on reconnaît pour des officiers d'ordonnance de l'Empereur : les capitaines de Glermont- Tonnerre et Klein de Kleinemberg. Le premier lui

apporte Tordre de l'Empereur d'appuyer la droite du général Niel. Le second lui remet le billet du maire d'Assola que le général Niel a envoyé à la première heure à l'Empereur et où il est dit qu'un corps de 25 à 30,000 hommes menace de tourner notre droite; à ce billet, le maréchal Vaillant a ajouté ces mots

« L'Empereur vous adresse la ci-jointe et Sa Majesté vous invite à bien faire observer le côté indiqué par ce renseignement. »

Le maréchal répond au capitaine de Clermont- Tonnerre que déjà la division Renault se porte à la droite du général Niel, et au capitaine Klein de Kleinemberg que ses deux autres divisions surveilleront la plaine et repousseront toute attaque de flanc qui se présenterait. Puis le maréchal rétrograde jusqu'à la première maison de Médole du côté de Castel-Goffredo, par où doivent venir ses troupes. Il y est à peine parvenu que le colonel de Gornely le prévient que les deux officiers d'ordonnance de l'Empereur qui sont montés au clocher de Médole ont aperçu à plusieurs kilomètres à droite une énorme poussière produite vraisemblablement par le corps autrichien annoncé dans la lettre, et avant de repartir ils le font savoir au maréchal. Le général Renault arrivant avec ses premières troupes, le maréchal lui indique comme objectif le village de Rebecco, dont on voit le clocher : s'il occupe le village et s'y maintient, les Autrichiens ne pourront plus tourner l'armée.

Alors seulement le maréchal monte à la tour, du sommet de laquelle il découvre le panorama de la bataille.

Sous le soleil, la masse blanche des maisons de Cas-

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