‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 28 sur 255 · LES COULISSES DU CONGRES DE PARIS · texte numérisé non relu

LES COULISSES DU CONGRES DE PARIS

L'ingratitude de l'Autriche. — Les quatre points. — L'Autriche et le Piémont. — Négociations. — M. de Seebach et M. Walewski. — M. de Morny et le prince de Gortschakow. — M. de Beust et M. de Bourqueney. — Les chemins de fer autrichiens. — Négociations secrètes. — Le baron Sina et le baron Eskeles. — Enjôleries du prince Gortschakow. — Le comte de Buol et l'ultimatum à la Russie. — Le comte Esterhazy porte l'ultimatum à Pétersbourg. — Le comte Prokesch et le duc de Reichstadt. — Lady Canning. — La robe de velours rouge et celle de velours bleu. — Rentrée des troupes de Crimée. — Le général Ganrobert à la tête des troupes. — Paris lui fait ovation. — Une armée de sapeurs. — Les gendarmes. — Conseils de guerre. — Préparatifs d'une expédition dans la Baltique pour l'année 1856. — Le général Canrobert doit la commander. — Un espion en Russie. — Situation de la Russie. — On croit à la continuation de la guerre. — Conseil de l'empire tenu à Pétersbourg. — Mon cher Fritz et mon cher Nix. — Mon bon et cher Alexandre. — C'est la paix. — Le congrès se réunit à Paris. — Arrivée des plénipotentiaires. — Leur portrait. — M. Collet-Meygret et la presse. — Première discussion au congrès. — Soirée au ministère des Affaires étrangères. — La salle du congrès est mise au pillage. — Le rôle conciliateur de Napoléon III. — Poisson d'avril. — Les plénipotentiaires en pénitence. — Le dix-septième diner des plénipotentiaires.

— Naissance du Prince Impérial. — Fureur du prince Napoléon. — Les ballons rouges. — Les poètes. — Les généraux Canrobert et Bosquet sont nommés maréchaux de France. — Confidences du comte Orloff au maréchal Canrobert. — 11 lui fait le portrait du tzar Nicolas I€r. — Bals costumés chez M. Pozzodi Borgoetchez la baronne Meyendorff. — La comtesse Gastiglione. — Sa beauté. — Son rôle politique. — Ses fantaisies. — Mme Manara. — La marquise d'Ely. — Réception du duc de Broglie à l'Académie. — Joli mot de ISapoIéon III au nouvel élu. — Théâtre du comle Jules de Caslellane.

— Mélingue dans Benvenuto Cellini. — M. de Cavour presse l'Empereur. — Inconséquences de M. de Persigny. — Originalité de

Mme de Persigny. — Dernière séance du congrès. — La question italienne est à l'ordre du jour et devient une question européenne.

On avait négocié pour empêcher la guerre ; après sa déclaration, on négocia pour la faire cesser. L'Autriche servait de courtier entre les puissances, mais sa position était des plus fausses : ses affections l'entraînaient vers la Russie qui l'avait sauvée en 1849, tandis que tous ses intérêts la poussaient vers les puissances occidentales. Ainsi partagée, elle chercha à louvoyer sans prendre parti, et elle le fit si maladroitement qu'elle réussit à indisposer la France et l'Angleterre et à exaspérer la Russie à un tel point que la diplomatie moscovite n'eut plus qu'un but : « se venger de l'ingratitude et de la trahison de l'Autriche. » Aussi nous aidat-elle en 1859 à Solferino, et aida-t-elle la Prusse en

Les diplomates, réunis à Vienne, s'occupèrent de limiter le différend et parvinrent à le réduire à peu près à quatre points :

Ie Renonciation de la Russie au protectorat sur les principautés danubiennes;

2° Liberté de la navigation du Danube;

3° Neutralisation de la mer Noire : c'est-à-dire « la mer Noire sera ouverte à toutes les marines marchandes et fermée aux marines militaires » ; les Russes comme les Turcs ne pourront pas y avoir d'arsenaux;

4° Renonciation par la Russie à sa prétention d'exercer un protectorat religieux sur les sujets orthodoxes du sultan.

Les quatre points en litige précisés, il s'agissait de les régler. On mit deux ans pour y arriver et l'argu-

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