‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 57 sur 255 · FIN DE LA GUERRE DE GRIMEE · texte numérisé non relu

FIN DE LA GUERRE DE GRIMEE

La délia Suda. — Le duc d'Orléans à son père. — Le général Canrobert abandonne son traitement de général en chef aux blessés. — Les hôpitaux anglais. — Miss Nichtingale. — Son dévouement éclairé. — Elle adopte nos règlements. — Noble conduite des médecins militaires français. — C'est en vain qu'ils luttent contre l'intendance. — Insouciance de l'administration. — Les intendants à pendre. — Le cabinet noir. — Toutes les lettres de Grimée ouvertes. — Mystification. — Protestation du maréchal Pélissier contre le décachetage des lettres.

— Effroyable épidémie. — La moitié de l'armée atteinte. — Le Times dévoile le danger. — ■ L'Empereur s'émeut. — Le prince Napoléon fait connaître à l'Empereur la gravité de la situation. — Irritation du maréchal Vaillant. — Miss Nichtingale aide nos médecins. — Le prince Napoléon et les loustics. — Retour en France. — Nos trophées.

— Leur restitution prélude à l'alliance russe. — Nos aigles aux Invalides. — Arrogance de l'intendance, mécontentement dans l'armée.

— Intervention de M. Piétri. — Les légions étrangères. — Singulières chaussures. — Adieux des chefs et des soldats. — Estime réciproque des adversaires. — Distribution de décorations et de médailles.

— Retour du maréchal Pélissier en France. — Grandeur morale de la France. — Napoléon III empereur d'Europe.

Au début des hostilités, le gouvernement anglais avait envoyé sur le Danube un médecin avec mission de se renseigner sur la salubrité du pays.

Avant de commencer ses études, il demanda à Omer-Pacha, qui l'hébergeait à son quartier général, quelle était la maladie dominante dans son armée. « C'est la délia Suda » , lui répondit le pacha. Ce nom ne le renseignant pas suffisamment, il insista. « Délia ni. 9

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Suda est le nom du fournisseur des armées turques. Comprenez-vous, maintenant? »

Quelque triste que ce soit à dire, le cas était identique dans l'armée française de Grimée, et la cause des pertes qu'elle subit doit être en grande partie imputée à l'insouciance de l'administration de la guerre.

En Afrique déjà, le duc d'Orléans, après l'expédition des Portes de Fer, n'avait pu retenir son indignation et, sans attendre son arrivée à Paris, il écrivait à son père cette lettre éloquente, datée du lazaret de Marseille :

« Sire,

«... Jusqu'à présent, par une de ces contradictions dont notre caractère et nos habitudes offrent trop souvent l'exemple, on a voulu avoir des troupes en Algérie ; mais on n'a pas voulu créer le nécessaire pour que les soldats puissent y vivre... Dans la province de Gonstantine, la situation des troupes est déplorable, et, ceci, je le dis bien bas, et pour vous seul, Sire, car je ne voudrais pas que ma voix se joignît à celles qui accusent le ministre de la Guerre par hostilité contre le pouvoir et non par intérêt pour le soldat; mais V administration de la guerre est coupable : f en ai les preuves, et malheureusement ce que disent les feuilles de l'opposition est absolument vrai, et ce que répond le Moniteur ne l'est pas.

« C'est la conviction profonde que j'aide ce fait que je ne comptais vous révéler qu'à Paris. Dès mon arrivée, j'aiderai de tout mon cœur et autant qu'il sera en moi le ministre de la Guerre à réparer le mal...

« Je regarde comme un devoir de ne cesser mes

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