NAPOLEON III EMPEREUR D'EUROPE
chai Vaillant qui ne fera pas une observation à l'Empereur lorsque celui-ci lui apprendra ses projets trop peu égoïstes sur l'Italie.
En arrivant en France le maréchal Pélissierse rendit directement dans l'Ardèche chez son ami intime M. Bontoux qui avait épousé la fille du général Blancard, dont il avait été l'aide de camp ; de là il passa un jour à Vichy avec l'Empereur et arriva à Paris.
Le colonel Lebrun, à sa demande, avait retenu une chambre pour lui à l'hôtel Mirabeau. Le maréchal Vaillant trouva peu convenable que le vainqueur de Malakoff logeât à l'auberge, et le fit venir au ministère, où il habita provisoirement.
L'Empereur lui donna le titre de duc de Malakoff. M. Walewski s'était opposé à ce titre blessant pour la Russie et ce ne fut qu'après avoir reçu l'assurance du comte Orloff, que l'empereur Alexandre ni le peuple russe ne se montreraient offusqués, que le titre fut conféré.
Les noms accolés de Malakoff et de Pélissier, de Sébastopol et de Ganrobert, du congrès et de Walewski rappellent une époque heureuse et prospère où, après s'être couverte de gloire et avoir affirmé sa puissance militaire, la France s'imposait au monde entier par sa sagesse et sa droiture.
Tous les États venaient en ce moment demander leur mot d'ordre au souverain, que le philosophe Victor Cousin appelait sous la coupole de l'Institut « l'Empereur d'Europe » .
La victoire ne nous avait pas donné de nouveaux territoires : mais la France avait conquis les cœurs et Napoléon sur son trône, maître absolu au dedans,
redouté et estimé au dehors, pouvait maintenant se consacrer à la réalisation des projets qu'il méditait depuis si longtemps pour l'amélioration du bien-être du peuple et des individus. Pourquoi ne borna-t-il pas là ses désirs 1