PAS DE BRUIT SURTOUT
bruit. Il faudrait avoir pour brigadiers les généraux les plus actifs, les plus vigoureux; pouvez-vous mettre Collineau à l'une des deux premières brigades? »
Une fois cette dépèche finie, le maréchal appelle son officier d'ordonnance, le commandant de Salignac- Fénelon, et la lui remet en le priant de la chiffrer suivant le nouveau système dont il devra envoyer la clef au maréchal de Castellane.
Le commandant de Salignac-Fénelon sera seul au ministère, avec le colonel Gastelnau, l'homme de confiance du ministre, à connaître les projets en cours.
Le maréchal de Castellane a vaguement entendu parler de la possibilité d'une guerre prochaine : lors de son dernier séjour à Paris, son contemporain le roi Jérôme, à qui il aime à rappeler qu'ils se sont connus au commencement du siècle, lui a dit qu'il y croyait « parce que l'Empereur a envie de commander une armée » . Son gendre, ministre de Prusse, le comte de Hatzfeld, lui a aussi exposé ses craintes; mais illui a affirmé si catégoriquement que l'Europe entière arrêterait Napoléon III qu'il ne croit guère à pareille aventure. Aussi est-il surpris de ces communications d'allures mystérieuses, auxquelles il répond le 4 janvier : « Les troupes sont ici toujours prêtes à partir au premier ordre. Le mieux, pour ne pas faire de bruit, est de ne rien dire. Je garde votre dépêche pour moi seul ; mais il faut faire rentrer les hommes et les deux généraux de division qui sont en congé. »
a Gardez-vous-en bien, fait télégraphier l'Empereur, ça ferait du bruit, ce qu'il faut éviter avant tout. » Et, craignant de n'avoir pas été assez explicite, il renvoie ce nouvel avis le 13 janvier: «Ne parlez pas,