‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 87 sur 255 · PREPARATIFS MILITAIRES · texte numérisé non relu

PREPARATIFS MILITAIRES

ministre qui double cette dépêche d'une lettre : « La dépêche est de l'Empereur. Il y a dans l'entrée du Piémont, même par de faibles, très faibles têtes de colonnes, un but politique qui domine entièrement la question militaire. »

Et les télégrammes pour presser le départ se multiplient. A neuf heures un quart : « Faites passer la division Bouat par Guloz. » A cinq heures : « Les troupes entrées en Piémont se concentreront à Suse. » Enfin, c'est de l'Empereur lui-même qu'arrive celui-ci daté de 5 h. 25 : « Vos troupes ne dépasseront pas Suse avant de nouveaux ordres » , et cet autre de 5 h. 40 : « Les troupes doivent passer les Alpes par petites portions, quitte à les réunir au débouché de la vallée qui conduit à Turin. »

La nuit se passe sans nouvel avis. Le matin du 25, arrive le général Niel chargé des instructions verbales de l'Empereur pour le maréchal Ganrobert : « Concentrer l'armée entre Suse et Turin sans occuper cette ville. Rester dans cette position, sur la défensive, jusqu'à l'arrivée de l'Empereur. Si toutefois le roi Victor- Emmanuel est trop pressant, le maréchal se rendra lui-même sur la Dora-Baltea et pourra y porter une partie de ses troupes, sous sa responsabilité personnelle. »

Toute la journée du 25 et celle du 26 se passent à approvisionner les divisions d'infanterie en partance. Le 26 au soir, le maréchal n'ayant reçu aucun avis pour la constitution de son corps d'armée télégraphie au ministre : « On a oublié dans mon corps d'armée les états-majors, l'intendance et la prévôté, les services de santé, l'artillerie et le génie ! »

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Rien que cela !

Du ministère, on répond par un ordre de départ immédiat. On achètera en route les effets qui manquent et, le 26, la division Bouat commence son mouvement.

Le 27 au matin, les dépêches recommencent à pleuvoir.

D'abord, celle-ci du comte de Gavour : « Le comte de Cavour au maréchal Canrobert. — La division d'avantgarde serait indispensable ; nous pourrions mettre sous les ordres de son chef la brigade savoisienne et deux batteries. »

Le maréchal l'envoie à l'Empereur qui répond : « Je vous réitère l'ordre de rester jusqu'à mon arrivée sur la défensive à Turin ou en arrière. »

M. de Gavour insiste de son côté par ce nouveau télégramme : « Les Autrichiens battent la générale à Pavie; il est urgent de diriger sur Turin les fractions successives des troupes françaises, au fur et à mesure de leur arrivée à Suse. »

Le maréchal répond qu'il n'y aura pas de troupes à Suse avant le 29 et que les ordres de l'Empereur sont de rester aux environs de cette ville.

Une seconde dépêche de Turin, de quatre heures du soir, est plus rassurante : «Général La Marmoraau maréchal Canrobert. — A trois heures, aucun indice que les Autrichiens passent la frontière. » On est donc tranquille pour aujourd'hui : pour être fixé le maréchal se décide à partir le soir même du 27. Il sera à Turin le 29 au matin.

Maintenant que nous venons de suivre les préparatifs matériels de la guerre, voyons comment Napoléon III pensait mener la campagne,.

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