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d'une faule déshonorante. D'un autre côté, mon ami, je ne ferai jamais une bassesse pour recouvrer une estime qu'on me doit. Songe à cela; et, dussé-je traîner ma vie dans la misère, je resterai le grenadier Oudinot, titre qui m'enchanta toujours. Dans tous les cas, mon cher ministre, écris-moi, et crois que, quels que soient les événements que me réserve l'avenir, je saurai mourir comme j'ai vécu.

Ton vieil ami.

Le maréchal Oudinot.

LE MARÉCUAL DAYOUT, PRINCE D'ECKHOuL, AU MARÉCHAL OUDINOT, DUC DE REGGIO

P&ris, le 26 mars 1815.

Monsieur le maréchal.

Je suis chargé de vous témoigner le mécontentement de l'Empereur pour tout ce qui a été fait à Metz pour empêcher que les habitants ne connaissent ce qui se passait en France, et pour comprimer Télan du patriotisme du peuple et du soldat, et aussi, de ce que vous avez souffert que le préfet fasse publier dans toute la ville des déclarations du Congrès.

L'intention de Sa Majesté est que vous vous retiriez dans vos terres en Lorraine, jusqu'à nouvel ordre.

J ai rhonneur de vous saluer avec une haute considération.

Le maréchal ministre de la guerre,

Signé : Prince d^EcRMuuL.

LE MARÉCHAL OUDINOT, DUC DE REGGIO AU MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE d'eCKMUHL.

Metz, mars 1815.

Ne voulant et ne pouvant jouer un rôle double, je quitte Metz pour me rendre à Bar-sur-Ornain, mon domicile; je laisserai au général Duruth le commandement de la 3® division. Cet officier général remplira ce poste avec la capacité d'un homme digne de confiance.

Je ne te recommande qu'une chose, mon cher

ministre, c'est de ne pas t'informer qui fournit à ma

subsistance; je vendrai le peu que j'ai pour payer la

portion de mes dettes la plus délicate. Surtout,

empêche qu'on espionne mon régime, et réponds

qu'Oudinot dans sa misère est incapable d'un trait de

perfidie.

Ton ami,

Le maréchal Oudinot.

Paris, le 6 avril 1815.

Monsieur le préfet, un décret impérial, en date du 27 mars, a rappelé à l'activité les ouvriers des manufactures d'armes qui avaient comme tels, été exemptés de conscription, depuis la levée de l'an Vlll jusque et y compris celle de 1815, et qui sont rentrés dans leurs foyers. •

L'article 2 du décret est que les ouvriers qui n'obéiront pas soient déclarés déserteurs et poursuivis comme tels.

L'article 3 défend à tous fabricants particuliers de

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Suint-Klienne, Gharlcvillc, Strasbourg, Maubeuge, Versailles et Paris, d^employer pour leur compte les ouvriers des manufactures impériales d*armes.

Vous avez entre les mains, pour votre département, la liste des ouvriers des manufactures d'armes ; ainsi il vous sera facile de les faire rechercher.

Vous voudrez bien notifier immédiatement à ces ouvriers l'ordre de partir et vous les ferez diriger le plus promptement possible sur les manufactures d'armes auxquelles ils appartiennent respectivement.

Je vous invite à me rendre compte des mesures que vous aurez prises pour assurer Texécution du décret du 27 mars.

J'ai rhonneur de vous saluer avec une parfaite considération.

Le ministre de la guerre,

Maréchal prince d'EcKMtuL.

A M. le préfel du déparlement de Seiue-et-Oise.

LETTRK nu MARÉCHAL BRUNE A S. E. M. LE MARÉCflAL PRINXE I)*ECKMiJUL, MINISTRE DE LA GUERRE.

Paris, 17 avril 181 3.

Monsieur le maréchal,

J'ai re»;u hier au soir les lettres do service et les instriictious que Votre Excellence m'a fait Thonneur de lu'adresser pour le gouvernement de Provence.

Je partirai demain matin en poste pour Marseille.

Je prie Votre Excellence d'exprimer à l'Empereur toute ma reconnaissance pour la confiance qu'il met

en moi et de l'assurer que je le servirai de tout mon cœur et de tous mes moyens.

Je me conformerai exactement aux instructions de Votre Excellence, je la prie d'agréer les assurarfces de la plus haute considération.

Sigtié : Maréchal Brunf.

Mon cousin, il y a plusieurs officiers qui ont déserté ; faites-en faire Tétat, qu'on les juge sur-le-champ par contumace et, comme la condamnation doit emporter le séquestre sur leurs biens, veillez à ce que les jugements soient envoyés à l'enregistrement pour que le séquestre ait lieu.

Napoléon.

Paris, le 11 mai 1815.

LK MARKCnAL PRINCE D'ECKMiJIlL A l'eMPEREUR.

Paris, le 12 mai 1813.

Sire,

Je t {sic) à Votre Majesté une note qui m'arrive d'Avesnes, qui rend parfaitement notre situation sous le rapport de l'administration. — C'est un cri général de tous les points de la France. — Aujourd'hui à Mézières le service manque. On ajoute que les agents du munitionnaire général ne font leurs paiements qu'en traites à soixante jours de date, ce qui, loin d'obtenir aucun résultat, ne fait qu'empirer encore l'état des choses.

A Ghâlons, à Metz, Strasbourg, même langage. Depuis deux mois on ne fait aucun remplacement, et il n'y a plus rien pour le service courant.

J*!ii communiqué toutes ces dépèches à M. le comte Daru.

J*avais espéré, Sire, dans Taudience que j'avais demandée à Votre Majesté, qu'on aurait pris un parti; mais elle s'est terminée, à mon grand regret, en laissant tout dans la même indécision.

Je conjure Votre Majesté de convoquer chez Elle demain son major général, le ministre du Trésor, H.le comte Daru, Tintendant général et moi, pour que Ton ait connaissance de la véritable situation des choses et qu'il soit pris des mesures en conséquence.

LE MARÉCIUL PRINCE D'ECKMiÎHL AU GÉNÉRAL YANDAHIIB.

Le 13 mai 1813.

Monsieur le général,

11 parait qu'à Ghimay on a fait des travaux qui n'étaient pas commandés par les règles de l'art, qu'on a abattu des arbres, des lilas, etc., et fait d'autres dommages inutiles, ce qui est faire le mal sans nécessité, d'autant que ce n'est pas Ghimay qui est important, mais bien de s'assurer de cette route. La connaissance des localités détermine ce qu'il faut retrancher. Empêchez qu'on fasse des dommages inutiles, car autrement ou exaspérera les esprits, et cela nous fera beaucoup d'ennemis dans nos compatriotes.

LE MARÉCHAL PRINCE D'eGKMUHL

A l'officier du Génie chargé des travaux de chimat.

Paris, le 13 m&i 1815.

Monsieur, On se plaint qu'il a été fait au château de Ghimay

NOTICES ET PIÈCES HISTORIQUES. tlo

des dégâts qui n*étaient pas nécessités par les règles de Part, qu*on a abattu des arbres fruitiers, des lilas,etc., et fait d'autres dommages inutiles. Je sais, par ce que j'ai vu dans le temps de la position de Ghimay, que le Tillage et le château sont dominés; ce serait donc les hauteurs qu'il faudrait fortifier. Au surplus, je vous recommande, monsieur, de ne faire au château de Ghimay que le mal indispensable pour les travaux qui seront jugés nécessaires.

Ces destructions exaspèrent et augmentent le nombre de nos ennemis. Lorsque les règles de la guerre les prescrivent, il faut les faire, mais ne faites que le mal nécessaire. Ce n'est pas Ghimay qui est important, c'est de s'assurer de cette route, et alors c'est la connaissance des localités qui détermine ce qu'il faut retrancher. Je me borne à vous rappeler les règles générales.

RAPPORT A l'empereur.

Paris, le 13 mai 1815.

Sire,

11 existe aux archives de la secrétairerie d'État un grand nombre de documents qui, par leur nature, devraient appartenir au dépôt de la guerre.

Ges documents consistent principalement dans la correspondance militaire du Directoire exécutif renfermée dans environ cinq cents cartons qui. à l'époque de l'établissement du gouvernement consulaire, furent réunis par un officier et par l'archiviste bibliothécaire du dépôt de la guerre, de concert avec le chef du secrétariat du Directoire.

Tout porte à croire que les plans de campagne de la

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guerre de la Révolution sous le Comité de Salut public et sous le Directoire, ainsi que les instructions données aux divers généraux d'armée aux mêmes époques, pltnt et instructions à la conception et à la rédaction desquels M. le général Garnot passe pour avoir eu une grande part font aussi partie des documents renfermés dans ces cartons.

- En Tan Xli, Votre Majesté fit demander au dépôt de la guerre par son ministre secrétaire d'État un certain nombre de pièces de la correspondance de Moreau et de Pichegru ; ces pièces furent transportées à la secrétaircrie d'État par Tintcrmédiaire de M. Levallois, chef de bureau à cette secrélairerio ; elles n'ont pas encore été renvoyées au dépôt.

Vers la même époque ou peu do temps auparavant. Votre Majesté fit aussi demander au dépôt de la guerre une bonne partie de la correspondance militaire de l'armée deTOuest; elle fut remise comme la précédente à M. Levallois, et le renvoi n'en a jamais été fait au dépôt de la guerre.

Si tous ces documents qui renferment nécessairement des renseignements précieux étaient réunis à ceux qui existent déjà au dépôt de la guerre oii ils seraient classés sans délai dans un ordre méthodique, non seulement la recherche en serait facile lorsque Votre Majesté jugerait à propos d'y recourir, mais encore le ministère de la guerre et le comité de défense pourraient aussi y avoir recours de leur côté.

C'est d'après cette considération, Sire, que j'ai l'honneur de prier Votre Majesté de vouloir bien ordonner que tous les documents militaires qui existent i la secrétairerie d'État soient réunis à ceux du dépôt de la

giierre où ils seront dépouillés et classés dans le môme ordre méthodique*.

LE MARÉCnAL PRINCE d'bCKMUUL AU MARÉCnAL BRUNE,

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