‹ Le maréchal DavoutChapitre 3 sur 52 · IV · texte numérisé non relu

IV

«3 LE MAECCHAL DATOLT.

d^ox zran^is bcas de ITIbe qm ne fussent pas encore pri<. N'>tr« p>:;$zt»:*a aliaît deroiir |ilos difficile.

L'eanemi attendait ce moment aTec impatience et avait fixé à cette êpûqne la prise de la Tille et du corps d'armée.

Après ai^oir fait tonte» ses dispositions i Harbourg,le maréchal revint à Hambourg et fit mettre à exécution, par les mêmes morens et les mêmes formes qu'on a TUS plus haut pour Harbourg. Tordre publié antérieurement de faire s«jrtir de la place les étrangers, les gens sans aveu et ceux qui. n'ayant pas fait d'appro- Tisionnements. s'étaient mis dans le cas d^ètre expulsés.

L'ennemi, par ses proclamations incendiaires, qui excitaient le pays à la révolte et au massacre, traçait au maréchal la conduite qu'il devait tenir.

11 sentait trop que d'aussi atroces conseils pouvaient produire de l'effet dans une population de quatre-vingt mille âmes, exaspérée par ses propres malheurs et enhardie par les revers que Tannée française avait éprouvés sur d'autres points. Vingt-cinq mille habitants sortirent de la ville de cette manière, et se réfugièrent dans la ville d'Altona, à une portée de canon de la place.

11 fallut alors s'occuper de casser les glaces dans les fossés de la ville, dans ceux de Saint-Georges, TÀlster, les lignes avancées, les inondations et TElbe. Ce travail était immense et avait un développement de quatre

Davout aimait, en effet, passionnément la valse, mais s'il était chauve, sa taille dépassait cinq pieds huit pouces et il paraissait grand même à côté du duc de Trévise qui avait plus de six pieds. Le chevalier Lang aura mal vu les maréchaux, ou il les aura confondus; nous ajouterons que le prince d'Ëckmûhl, à Hambourg, comme partout où il a commandé, s'est montré ménager du bien d'autrui autant que libéral de sa forttme personnelle.

lieues. On entretenait une cunette de trente pieds, on cassait la glace avec des haches et on faisait circuler des bateaux dans les fossés afin d*empêcher les glaces de se reprendre et d*acquérir une grande épaisseur. Bientôt le froid devint si vif que les bateaux ne purent plus circuler, et qu'on dut organiser des compagnies de marins et d'hommes du pays qui, avec des scies, des haches et des crocs, coupaient les glaces en grands carrés de deux pieds d'épaisseur et les retiraient sur la rive pour en former des espèces de retranchements, ou les faisaient passer sous Teau avec beaucoup de peine. Le capitaine de frégate Mestagh était à la tête de ce travail. Cet ouvrage était payé, ainsi que celui, de même nature, que les généraux faisaient faire par leurs soldats devant leurs lignes.

Le lieutenant général Loison avait la police de Tintérieur de la ville.

X)n avait organisé les préposés des douanes de la 32* division militaire en une légion, avec une compa^ gnie d'artillerie et une de cavalerie. Le directeur, M. Pyonnier, les commandait.

Les Français occupant à Hambourg des emplois civils, ou vivant du commerce et de leur industrie, furent organisés en un bataillon de garde nationale. Ils ne prenaient les armes que quand la générale se faisait entendre, et devaient se porter, en cas d'attaque, aux bastions.

On organisa aussi une compagnie d'arquebusiers de siège qui avaient une haute paye et furent choisis parmi les meilleurs de l'armée. Le capitaine des douanes Lavandaize, brave militaire^ les commandait. On en envoyait de petits détachements aux avantpostes, où étaient placés des fusils de remparti

84 LE MARÉCHAL BAVOUT.

Ils tenaient rennemi au loin et nous furent fort utiles.

Le froid avait augmenté jusqu*à 16 degrés. Le nombre des malades devenait considérable, tant aux hôpitaux qu'aux ambulances régimentaires et aux maisons de convalescence établies chez les habitants.

Le 13 au matin, Tennemi nous attaqua vivement à Eppendorf et Emsbuttel. De notre côté, nous fîmes avancer quelques troupes en avant du fort carré du Sternschantz vers Win terhude et Uhlenhorst. Le terrain et surtout le village d*Eppendorf Airent très disputés. L*enncmi laissa quarante morts sur le champ de bataille. On peut supposer le double de blessés. Nous eûmes trois hommes tués et une quinzaine de blessés. Le général Delcambre se louait beaucoup du 105* régiment qu'ilavait sous ses ordres.

Depuis que TAlster était gelé, Eppendorf était une position trop avancée, et la droite de nos postes se trouvait en Tair. On abandonna ce village, et on établit nos postes en arrière, vers Tancien Jardin des Plantes. Nous cassions les glaces dans le grand développement dont j'ai parlé plus haut, et il fallait redoubler de zèle et de fatigue.

Une seule nuit gelait de nouveau lés canaux que nous avions pratiqués pendant le jour. Ce moyen de défense ne pouvait nous rassurer qu'autant qu'on appor-. terait sur tous les points d'une aussi grande étendue, qui pouvait bien aller à onze lieues de développement, la plus grande surveillance, car l'objet important était surtout d'éviter les surprises.

L'ennemi avait occupé en force Tile d'Ochsenwerder ety avait établi des batteries, et tout nous faisait penser que la première véritable attaque serait vers llle de

Wilhemsbourg, où il pourrait faire arriver beaucoup dé troupes, déployer son artillerie et sa cavalerie comme dans une grande plaine, couper notre communication avec Harbourgpour attaquer isolément celle des deux places qui lui eût offert plus de chances de succès. Il renouvelait ses proclamations et annonçait aux habi-^ tants que Theure de la vengeance était arrivée, et de-^ mandait leur coopération à l'intérieur. La fermeté du caractère du maréchal paralysa les provocations de Tennemi et fit avorter leurs trames secrètes.

Deux exemples récents avaient prouvé aux Hambour^ geois que le maréchal était inébranlable dans ses dé« terminations :

La saisie de la Banque. Si les principaux habitants et la C2hambre de Commerce avaient voulu se cotiser pour réaliser la somme d'un million par mois, ils conset-* vaient intact cet ancien établissement;

L'expulsion des habitants, qu'ils auraient prévenue, s*ils avaient exécuté les ordres si souvent réitérés de s'approvisionner pour six mois.

Les diverses dispositions qui avaient été prises pour le bon ordre dans la ville et pour Tacquittemcnt de3 dépenses et l'approvisionnement nous avaient tellement rassurés que tous les postes intérieurs de la ville et qui n'étaient pas de la plus stricte nécessité, tous les fac* tionnaires des autorités civiles et militaires, la garde même du maréchal, furent supprimés pour ne pas trop fatiguer la garnison, que le grand nombre de malades et la nourriture de viande salée et de cheval commenr çaient à diminuer. Il paraissait extraordinaire que le chef de l'armée française, dans une ville de cinquante mille habitants dont toutes les passions étaient exaltées et dont les cœurs étaient justement aigris par les sacri-

fices auxquels la plus dure nécessité les coniraignait, se crût en sûreté par la seule force de Topinion, sans aroir un seul factionnaire. Tout le monde aTait accès auprès de lui le jour et la nuit, et ses officiers ne Toyaient pas sans inquiétude rextrème confiance qo*il montrait vis-à-vis des habitants du pays qui pooraicnt avoir affaire à lui pour des motifs divers.

Le maréchal avait établi comme sa réserve une compagnie d'élite du 15* léger. Cette compagnie, ainsi que celle des arquebusiers, était à proximité du maréchal et se portait avec la plus grande rapidité et sur Tordre même du maréchal, comme premier renfort, aux postes attaqués. Ce qui faisait qu'elles étaient sans cesse sur pied et presque toujours aux avantpostes, qu'elles ne quittaient que lorsque le combat était fini.

On avait établi sur la tour la plus élevée de Hambourg un obsenatoire du haut duquel deux officiers d'étatmajor intelligents surveillaient tour à tour, le jour et la nuit, les mouvements de l'ennemi, les traçaient à la hâte sur un croquis et les transmettaient avec les rapports au maréchal. On avait établi des boites en tôle qui descendaient par des cordes au bas de la tour d'où une vedette établie les portait au grand galop au maréchal. Il arriva plusieurs fois, pendant le siège, que le maréchal envoya des renforts sur les points de la véritable attaque avant que les rapports des généraux et des chefs de poste lui fussent parvenus : lui-même s'y trouvait aussi en peu de minutes, car il était toujours habillé, ne se couchait qu'au jour, et ne reposait que quelques heures tant que dura la forte gelée, c'est-àdire soixante-quatorze jours.

Ce temps nous paraissait d'une longueur mortelle.

car il augmentait nos malades et nous mettait dans le cas d*ètre emportés d*emblée, si nous eussions eu affaire à un général plus actif et à qui son âge eût permis de se trouver partout dans un temps si rigoureux.

Il devint alors indispensable de retirer nos postes les pins avancés. On abandonna, le 15 janvier, la position de Wandsbeck pour prendre celle de Hamm. On garda en avant de cette ligne le village de Hamm et le clocher, dans lequel on établit deux cents hommes dans un poste important et susceptible de défense, mais qui exigeait la plus active surveillance pour n'être pas surpris. On s*éclairait par' de fréquentes reconnaissances. Le colonel Holtz, du ili*, fut mortellement blessé dans une reconnaissance en avant de Wandsbeck. Il mourut quelques jours après, emportant Testime du chef et de toute Tarmée qui assista à ses obsèques.

On retira aussi les postes les plus avancés sur la digue de la Biele, dans l'inondation, et la droite de cette ligne resta sur la digue de TElbe, à la batterie de Tiffentag. Le général Leclerc commandait cette partie et déployait une grande activité et un amour de ses devoirs d'autant plus digne d'éloges qu'il souffrait beaucoup.

Le 90 janvier, à sept heures du matin, le corps aux ordres du lieutenant général Strogonoff attaqua les postes que nous avions dans les villages en avant du camp de Harbourg. Ils furent de suite évacués, ainsi que l'ordre l'avait prescrit en cas d'attaque d'infanterie. Il menaçait Wilsdorf et. montrait des masses vers Eisendorf et Heinfeld, et sur la route de Brème. Le lieutenant général Pécheux fit occuper tous les ouvrages, tenant une réserve peu nombreuse, mais d'élite.

près de lui. Bientôt Tennemi voyant que le lieutenant général Pécheux ne prenait pas le change, décida sa véritable attaque en portant trois fortes colonnes par les marais de Mohr et une quatrième par Wilsdorf, tournant par cette manœuvre, et par notre gauche, noire camp retranché. Il avait deux batteries de 8 pièces chacune pour appuyer Tattaque de son infanterie. Les postes de Buhlenhausen et Moorbourg, sur la digue de TElbe, étaient vivement attaqués dans le même temps ; ils se défendaient avec intrépidité et faisaient beaucoup do mal à Tennemi, lorsque le lieutenant général Pécheux se voyant sérieusement attaqué et tourné par sa gauche, fit replier les troupes et Tartillerie de ces postes sur le château d*Harbourg.

Pendant ce temps, les trois colonnes ennemies avaient dépassé nos ouvrages, s'étaient emparées des retranchements qui liaient le camp retranché à Tinondation entièrement gelée, et marchant le long de la Sew et sur la route de Winsen , s'avançaient jusque dans les premières maisons de la ville d'Harbourg. Le grand blockhaus, armé de deux fortes pièces sur sa terrasse, avait été abandonné par sa garde. Le lieutetenant général Pécheux lit alors avancer la résene dont j'ai parlé. Le colonel Achard la conduisait; elle était composée de marins et de trois compagnies d'élite des 48*' et 108*. Ce brave colonel se dirigea du moulin vers Postgarten, attaqua l'ennemi avec audace, le débusqua des maisons, et le chargea avec tant de succès que, malgré ses masses, il se retira en désordre, laissant beaucoup de morts dans les maisons et le long de la Sew, quelques prisonniers, et emmenant une grande quantité de ses blessés. Nous perdîmes cent cinquante hommes tués ou blessés et une trentaine de

prisonniers. Uennemi, qui fut exposé dans sa retraite à la mitraille de la lunette de gauche de nos ouvrages, dut éprouver une perte de 7 à 800 hommes tués ou blessés; 50 prisonniers restèrent en nos mains. M. Verger, commandant des marins, se distingua à cette affaire.

Pendant ce temps, le général russe Schemschuschnikow tenta une attaque sur Tile de Moorwerder et Gotgcnharst. La batterie de Neuland et Buhlenhausen avaient été évacués ; llle de Moorwerder était débordée. Le commandant Larpenteur fit retirer ses pièces et fut bientôt forcé de se retirer lui-même. Il rallia ses troupes, et après deux attaques successives avec les ren-* forts du 30* que le général Osten^ commandant dans Tile de Wilhemsbourg, lui envoya à propos, il repoussa Tennemi, reprit Tile de Moorwerder et envoya unç compagnie de grenadiers passer le bras de TËlbe et reprendre les batteries de Neuland sur la rive gauche. Nous perdîmes 30 hommes du 29*. L'ennemi nous laissa 25 morts sur le champ de bataille et emmena ses blessés.

Nos forces diminuaient tous les jours par Teffet des maladies, des alertes pendant la nuit, et des petits combats. Le froid était devenu très vif, et nous avions aux hôpitaux 50 soldats qui avaient eu les pieds gelés en une nuit. On prit toutes les précautions imaginables pour garantir les soldats de ce fléau; grâce à nos prér cautions, presque tous guérirent, et on remédia pour Tavenir à cet accident.

On évacua tous les villages en avant du camp retranché d*Harbourg, qui avait lui-même un développement si considérable. L*ennemi vint les occuper. Nous évacuâmes aussi toutes les îles, en dessous de Wilhems-

bourg, que nous avions gardées jusques alors. Un seul poste fût conservé dans Tile de Neuhoff.

A Hambourg, nos postes dans les villages en avant du fort carré du Sternschantz et des lunettes intermédiaires entre TAlster et TElbe furent repliés après avoir détruit les villages afin que Tennemi ne pût s*en servir pour une attaque de vive force sur le Sternschantz. La surveillance redoubla sur ce point, dont la prise eût été fatale pour Hambourg. Le commandant Higonnet était toujours sur pied et ne négligeait aucune des précautions de défense. Il faisait répandre de l'eau sur les bastions et autres approches. Quelques heures de gelée en faisaient des remparts de glace. Il éloignait à coups de canon Tennemi, ne fatiguait pas inutilement sa troupe, logée dans un blockaus, et veillait pour tous.

Le ââ janvier, Tennemi tenta une nouvelle attaque sur la batterie de Neuland. Le colonel Achard le repoussa vigoureusement, le poursuivit et lui fit éprouver une perte en tués et blessés de 150 hommes. Nous eûmes de notre côté 36 hommes blessés, dont deux officiers. On ne peut assez louerlaconduite des officiers dans ces diverses affaires : généraux, colonels, chefs de bataillon, tous donnaient le plus brillant exemple, et la jeune armée devenait invincible sous de tels chefs. Le général Osten, pendant cette attaque, contenait Tennemi par ses dispositions dans les îles, et montrait, malgré ses longs services, tout le zèle et la chaleur de la jeunesse. Le lieutenant général Pécheux déployait, dans cette grande direction qui lui était confiée, le calme et le talent qui assurent le succès.

Nous nous attendions à une attaque générale pour le S6 janvier, anniversaire de Timpératrice Elisabeth,

époque que les troupes russes sont dans Tusage de célébrer ainsi en temps de guerre.

Elle eut lieu, mais nous étions sur nos gardes et tout n*aboutit qu'à nous enlever 200 hommes dans Téglise de Hamm. Le général en chef Beningsen mit en mouvement toutes ses troupes.

Il fit attaquer en môme temps Hamm, Hauschlag, Stadeich, la ligne en avant de Wandsbeck, et celle en avant du front d*Altona.

Une brigade russe attaquait les retranchements. Le général Wtorof se portait sur Hauschlag, le général Gogel sur Hamm, le général Reussy sur TAlster, et le général Markow sur le front d*Altona. La bravoure des troupes françaises et la bonne disposition des chefs rendirent inutiles ce grand dévelopement et ses gigantesques dispositions, sur lesquelles le général russe comptait pour la reddition de la place^ et qui n'eurent pour résultat que 200 morts ou blessés de part et d'autre, et 200 prisonniers qui nous furent enlevés par surprise au clocher de Hamm dès la pointe du jour, par la négligence de Tofficier qui y commandait.

Après cet échec, nos postes dans l'inondation du Hammerbrock se trouvaient trop en pointe; on fit replier les troupes au village en arrière ; on consena la batterie de Tiffentag sur l'Elbe comme poste avancé protégeant Tile de Wilhemsbourg.

L'ennemi nous laissa quelques jours tranquilles. Il n'y eut que quelques engagements d'avant-postes sur lesquels, avertis par l'expérience, nous ne prenions plus le change et qui laissaient dormir la garnison, tandis que les chefs seuls et les postes attaqués veillaient. La gelée devenait plus intense. Le travail des glaces devenait plus pénible ; et il fallait tout le zèle et le cou-

rage des marins et soldats français pour ne pas se relâcher sur un ouvrage qui était sans cesse à recommencer. Les maladies augmentaient à on point effrayant; malgré tous les soins, nous avions quelquefois jusqu'à 60 et 70 morts par jour. Cependant, à force de précautions, de bon vin, de fumigations et de propreté, cette maladie si funeste connue sous le nom de fièvre des prisons ne s'approcha jamais de nos hôpitaux et aucune maladie contagieuse ne s'y manifesta. Toute Tannée, les généraux et le maréchal étaient à la viande salée. U) seul parc des hôtes à cornes existant avait été réservé pour les malades. Lorsqu'il vint à manquer, on y suppléa par le houillon d'os conservés et du sagou.

Le corps russe du lieutenant général Tolstoi avait (|uillé, vers les premiers jours de février, le blocus de Magdehourg, et avait rejoint Tarmée devant Hambourg. Cette armée, dite de Pologne, avait été divisée en trois corps. L'aile gauche était commandée par le lieutenant g(^néral Doctorof, le centre par le lieutenant général Tolstoi et la droite par le lieutenant général Markow.

Le généra] en chef russe comte de Beningsen se crut nl(»rs en mesure de nous livrer bataille dans Wilhemshourg. Voici quelles furent ses dispositions :

Le lieutenant général Ahrenschield, qui commandait un corps russe et l'ancien corps de Walmoden, fut (*liargé d'occuper par une forte démonstration les troupes aux ordres du lieutenant général Pécheux et de soutenir ainsi la véritable attaque.

Toute l'armée de Pologne devait se mettre en mouvement sur trois colonnes, se réunir dans le centre de rtle, sur la chaussée, et attaquer de vive force le pont en bois.

l^a première colonne aux ordres du lieutenant général

UN DERNIER COx^MANDEMENT. 93

Emmè, se dirigeait par Tile d'Oehsen\^erder ; la deuxième commandée par le général Tolstoi, devait attaquer les lignes de la Biele par le pont Rouge, traverser TËlbe sur la place et se réunir sur la chaussée. La troisième, aux ordres du général Markow, partait de derrière Altona et devait rejoindre les deux autres.

Nous nous attendions à une nouvelle attaque dans rile de Wilhemsbourg. L'ennemi avait fait de vives tentatives le 20 janvier, au camp retranché d*Harbourg, et révènementlui avait fait voir la difficulté de Tentreprise. Il nous avait attaqués le 26 sur le front de Hamm et d*Altona, et avait échoué. Il commençait à comprendre que ce n'était qu'en plaine qu'il pourrait déployer ses troupes, faire usage de tous ses moyens et espérer d'accabler une garnison aifaiblie par les privations, les maladies et le grand froid.

Nous nous attendions à une nouvelle attaque peu de jours après. L'ennemi avait vu que Tîle de Wilbemsbourg était notre seul point vulnérable et que, tant que nous aurions la communication du grand pont et de la chaussée, nous pourrions porter une grande quantité d'artillerie bien attelée et des troupes au point menacé et déjouer ses projets. Cependant, il nous laissa tranquilles jusques au K février. On profita de ce temps pour remplir les places d'officiers et sous-officiers vacantes, pour donner à nos postes dans l'île une organisation plus, concentrée, qui ne nous exposât plus à perdre un seul homme par surprise. On s'occupa des hôpitaux et des infirmeries régim'entaires, et on y porta toutes les améliorations possibles en soins, en propreté et en qualité de vivres. Le comte de Ghaban, intendant des finances, se mit à la tête de cette direction et y consacra tous ses instants.

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V'iid oà en étkJeot les affaires à son arrivée. Le 1 tenant séoéral Slartow avait surpris les postes de Af »ub(>ff. Le colonel Pierre da 29' avait manrl lui. avait été tof : sa tronpe. privée de son chef, s'i retirée en fcrand désordre et l'enDegii était maîtn moulin de Reiberstig sur notre droite. Le lieutei Kériéra) Hemme s'étaitrendaniallredei'iledeHoor rler, en avait chassé oos troupes et s'était avancé lu vieux chAteau do Wilhemsbonrg. Le général 0 avait réuni do son mieux nos soldats épars, les i pliU'É^ !tur la grande digue, etavecle feu de deux pi étulilios en avant, à la Maison-Rouge, avait conten ni'iiivemuiit de l'ennemi.

liO li(!utcnant général Vichery, à qui le mare avait <l<>iiiié rlcpuis peu le commandement super danï (H's lloN, était accouru au premier coup de Aui

avait rallié les troupes, leur avait inspiré soo audace et avait changé d'abord la défense en attaque.

L'ennemi avait fait porter une forte colonne d'infanterie russe sur la Maison-Rouge et la grande ferme, et, après s'en être emparé, avait forcé nos troupes à se replier derrière la grande digue de la tête de pont. Le feu de mousqueterie et d'artillerie redoubla alors de part et d'autre. On démonta deux pièces de l'ennemi. L'ennemi, surpris de tant d'audace, avait cédé sur tous les points et éprouvé une grande perte. Le chef de bataillon Dehiis, du 30**, avait enlevé la grande ferme; le colonel Ricard du 6P avait tout renversé devant lui. L'ennemi avait alors fait agir ses réserves pour se maintenir et reprendre les positions qui venaient de lui être enlevées.

Le lieutenant général Hemme^ désespéré de trouver une résistance aussi opiniâtre, pensait déjà à la retraite, quand il aperçut la colonne du général Markows'avançant du moulin de Reiherstig sur la digue de droite vers notre tête de pont. En même temps, une de ses colonnes avait réussi à tourner le lieutenant général Vichery par la gauche. 11 renouvelle ses eiforts. La blessure du colonel Ramaud, du 30®, la mort du commandant du bataillon du 44", avaient jeté le trouble dans ces troupes, qui se retirèrent en désordre vers la tète de pont, qui se trouva tellement encombrée de blessés, de chevaux morts, de caissons d'artillerie, que le lieutenant général Vichery, ne put faire déboucher les deux bataillons du 105*', sa réserve, pour reprendre la digue*

L^ennemi s'y était établi et avait mis ses troupes en bataille et ses pièces en batterie, à cheval sur la grande digue. On se battait très vivement, on perdait beaucoup de monde. Le général Osten avait été blessé. L'absence

des chefs, presque tous mis hors de combat, empêchait de contenir les soldats, qui se retiraient dessous et dessus le pont, emportant leurs camarades blessés.

Par un bonheur inouï, Tennemi ne pensa pas, dans cette confusion, à établir ses pièces sur la chaussée et à enfiler le pont.

Un seul coup de canon, que le hasard y avait dirigé, nous avait emporté dix-sept files.

Le maréchal était arrivé et avait établi sa petite réserve do 60 hommes d*élite du 15* léger au blockhaus, au milieu du pont et sur la petite digue d*été. Il avait renforcé de quelques hommes la batterie de Klagenfold. sur sa gauche et sur la même digue; le feu soutenu de cette batterie contenait les colonnes ennemies qui \oulaient tourner la digue d'été sur ce point II a\ait envové eu toute hâte chercher des renforts à Hambourg, à Saiut-Georges et à la ligne de Hamm.

Le lieutenant général Vicheiy se maintenait à la tète do pont avec une poignée de monde et la plus rare intrt^piditè: mais bientiNt, accablé par le nombre, il s'était rot:r^ par le pont sur la compagnie du 15*, et avait plaoo les débris du 105' derrière cette digue.

U^ ojipitaino d'artillerie Genta. qni commandait la iMttono do la tête de pont, n'avait pas voulu quitter ses pi^vvs. Il y axait mis le fou lui-même et s'était vu percé aus>it«>t do xingt ov'*ups do baïonnette.

Los doux 0. mmandanl5 du 10$*, Cosie et Rivière, ot4ionl hors do o\>:nbat.

L onaoîva. miitrv do îa tête de pont, la trouva tellemont oîKvnï^^oo do oaiiivrvs de chevaux, de caissons, do \ouurvs a a;uhulances et de rivies, qu'il ne put y amonor ><> pîNvs n: tourner tes aolies. Il manqua aU^rs do 00* moujonli" d'inspûalion et d audace si fré-

quents dans Thistoire militaire française de ces vingt dernières années. Le sort de la place, le salut de l'armée, rhonneur des armes étaient là. Les renforts ne pouvaient nous arriver que dans une heure, et les soldats admiraient le calme et Tintrépidité de leur chef dans une telle circonstance.

Le maréchal s'avança vers Tennemi pour le reconnaître et rassurer sa petite troupe. 11 resta quelque temps exposé à une vive fusillade. Le chef d'état-major de Tarmée, le général César de Laville, qui l'accompagnait, fut blessé et transporté dans Hambourg.

Le maréchal revint alors près de la compagnie du 15'' et fit entretenir le feu.

Le général du génie de Ponthon, celui d'artillerie Jouffroy, et l'ingénieur en chef Jousselin s'étaient rendus auprès du maréchal.

On se battait avec acharnement depuis quatre heures du matin. Les renforts arrivaient, et on entendait le canon du lieutenant général Pécheux, qui n'avait pas pris le change, et qui, après avoir repoussé les attaques du général Ahrenschield, jusqu'à trois heures de l'après-midi, sur tout son front et surtout à Neuland, s'était mis, à trois heures du soir, à la tête de sa réserve, avait débouché sur la chaussée et inquiétait l'ennemi sur ses derrières.

Le lieutenant général Tolstoi, qui commandait la deuxième colonne russe, avait attaqué le général Leclerc au pont Rouge et sur la digue de Tiffentag, et au pont Bleu. Nos troupes s'étaient retirées dans les grandes maisons barricadées. Le chef de bataillon Rosier accueillit l'ennemi à bout portant, lui tua beaucoup de monde et mit un tel désordre dans cette colonne qu'il fut impossible de la rallier. La batterie de

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TiCTentag, par un feu bien nourri, contribua à lui faire abandonner son projet de traverser l^Elbe pour se réunir aux deux autres colonnes dans Tile de Wilhemsbourg.

On ne se battait plus que faiblement; ce qui avait permis au général Leclerc d'envoyer les renforts demandés. Alors le maréchal fit ses dispositions pour reprendre la tète de pont et la grande digue d'hiver, dont IVunemi était en possession depuis son arrivée. U organisa trois colonnes : la première, commandée par le général Deloambre, se porta, par la digue d*été, sur la grande digue, en chassa Tennemi et le mena battant jus4iu*au moulin de Reiherstig.

Ijk seconde colonne, formée des compagnies d^élite du 105', commandées par les capitaines Christian et Ménissior. fut dirigée, par Klagenfeld, vers la gauche do la grande digue. Elle chargea à la baïonnette, toa beaucoup de monde, fit une vingtaine de prisonniers. IV^ns le même moment, une petite colonne filait sons le pont, à l^abri du feu, et le maréchal s avançait sur le pont avec le lieutenant général Vîchery et la compagnie du ty. l/ennemi abandonna la tète de pont sans pouvoir ommoner nos pièces. Le maréchal fit alors établir six piè\vs do campagne en dehors de la tète de pont ot tit battrv les masses russes qui cherchaient à dog^^gx'r leurs tr^>upos qui voulaient se maintenir au moulin do Hoihorstig ot étaient aux prises avec le gênér,il OoK\tmbrt\

Li oolouuo du général Pécheux avant forcé rennemi j^ «^U^uulonuor la ohaussoo. avait rétabli la communion lion, ot lo poursuivait Tépée dans les reins sur la di»;\io do gaucho ot sur lo xillage de ^llhemsbourg.

Nos trxm|H's, ayant fait leur jonclion, Se portèrent

sur Tennemi, qui s'était réuni en masse et se retirait vers rîle de Waltersdorf.

Nous étions rentrés en possession de nos ponts, et de nos pièces qu'il ne put emmener. Il essuya, dans sa retraite, un feu très vif qui lui tua beaucoup de monde. Il repassa dans Tile de NeuhofT, et de là par TElbe^ derrière Altona. Ses colonnes, en désordre, se trouvèrent à portée de nos batteries du réduit do TElbe, qui firent feu sur elles pour augmenter la confusion. Quelques hommes sortis de la petite redoute de Schrewenhof raccompagnaient à coups de fusil et firent Tadmiration des habitants d'Altona.

Cette affaire très vive dura presque toute la journée, et on se battit avec le plus grand acharnement contre des forces trois fois supérieures. La force dont nous pouvions disposer, sans trop dégarnir les autres points, ne se montait pas à 8,000 hommes et Tennemi en mit en mouvement plus de 25,000. Nous avons perdu près de 1,000 hommes, en tués, blessés et quelques prisonniers faits dans la surprise de NeuhofT, le matin avant le jour. Presque tous les colonels et chefs de bataillon furent blessés. L'ennemi laissa sur le champ de bataille près de 800 morts, et emporta sur des chariots et des traîneaux la majeure partie de ses blessés. Si le lieutenant général Tolstoi avait pu exécuter ses ordres et si le chef de l'armée russe s'était trouvé là, ainsi que le chef de l'armée française, au moment décisif, lorsque la tête du pont nous fut enlevée, toute communication entre Harbourg et Hambourg eût probablement été coupée, et le projet atroce de l'assassinat des Français par les habitants, ainsi que cela était annoncé par les proclamations ennemies, eût pu recevoir son exécution.

Le 17 février au matin, le général en chef Beningsen

mit toutes ses troupes en mouYement. Nous fûmes attaqués dans Timmense développement de tous nos ouvrages. Le général Ahrenschield attaquait Harbourg. Les généraux Tchaplitz et Tchepelow attaquaient devant le front d'Altona. Le lieutenant général Doctorof faisait avancer deux colonnes aux ordres des généraux Tolstoi et Hemme, par la Biele et TOchsenwerder, tandis que le général en chef, de sa personne, marchait avec le corps du lieutenant général Markow par derrière Altona, vers le moulin de Reiherstig. On fut quelque temps dans rincertitudc sur la manœuvre de Tennemi, qui se battait partout avec chaleur. Cependant, Tattention da maréchal se porta sur lUe de Wilhemsbourg. Les corps de Doctorof et Markow avaient pénétré dans File par NcuhofTet Ochsenwerder; nos postes s'étaient repliés devant eux, ainsi qu'ils en avaient Tordre, sans rien compromettre. Us étaient venus se mettre en bataille à droite et à gauche de la grande chaussée.

Le général Rom me avait arrêté par ses bonnes dispositions le premier choc de Tennemi, qui cherchait à s'emparer de la droite de la digue d'hiver vers la tète (le pont. Cette position, ainsi défendue par ce général et lesGl® et 48% était devenue inexpugnable. L^ennemi renonça, après plusieurs attaques, à s'en emparer et manœuvra sur notre gauche. Le lieutenant général Vichery avait établi ses troupes en arrière de la grande digue de la tète de pont. La fusillade s'engagea sur toute cette ligne, et le feu de Tartillerie était très >*if.

Le maréchal avait fait battre la générale. La cavalerie h pied, la gendarmerie, la garde nationale, avaient pris leurs postes sur les remparts de Hambourg. Le» rancmniers étaient à leurs pièces. Huit bataiHons avaient été envoyés au lieutenant général Vichery;

deux curent ordre de rester en réserve à l'embarcadère et au Grass-Brock. Vingt bataillons restèrent en réserve sur les places, pour les porter où besoin serait. Quatre bataillons furent placés près des portes Steintor et Drillhaus, pour renforcer le général Leclerc, s'il était trop vivement attaqué dans le Bielwerder et Saint- Georges. Nos bataillons étaient tellement affaiblis par les maladies qu'ils ne présentaient pas deux cents baïonnettes chacun.

Le maréchal se rendit à la tête du pont où on se battait avec acharnement. L'ennemi mit ses réserves en action et fit usage de ses plus grands moyens pour arriver à notre tête de pont par notre gauche. Ses desseins furent sans résultats. Le général Vichery dirigea trois bataillons du 61*. Le colonel Ricard fondit sur l'ennemi, qui se retira laissant le champ de bataille couvert de morts. Deux compagnies du 111*, placées dans une maison à la gauche de la tête de pont, s'y défendirent contre les masses^russes, et, les prenant en flanc et à portée de pistolet, contribuèrent à déjouer cette attaque de gauche.

Pendant ce temps, un bataillon du IIP défendait la batterie de Hoff, un bataillon du 15* léger la digue du pont Bleu, et un bataillon du iS'' la batterie de Tiffentag. Dirigées par le major Gontefrey, ces troupes, par leur constance, empêchaient l'ennemi, non seulement de rien entreprendre sur leur point, mais d'aller renforcer l'armée ennemie dans l'île de Wilhemsbourg.

L'ennemi avait repris sa position dans la plaine, à cheval sur la grande chaussée, et ne paraissait plus vouloir prendre l'offensive, mais seulement se maintenir. Des forces considérables nous observaient de Tîle

flOâ LE MARÉCHAL DATOUT.

de Neuhoff et semblaient destinées à se porter sur U tête de p*3nt. si nous marchions en STanl. On resta donc en position derrière U grande digne, attendant que l'ennemi décidât son mouTemenL Les réserves étaient arrivées et placées à la digne d*élé, sur le pont et à Klacenfeld.

Pendant ce temps, Tennemi. perdant tout espoir de n^ussir dans son entreprise de notre c^té, cherchait à masquer l'attaque sur U partie du pont de bois qui ab*>utit à Harfoourg. U s> était porté avec une forte colonne, avait forvé à la retraite une compagnie qui gardait la tête de pont« en avait sapé quelques pilotis et y avait mis le feu, de sorte qull parvint à détruire une vingtaine de toises de ce ponL A peine vit-on la fumée s'élancer vers Harbourg et démasquer ainsi la manœuvre de l'ennemi, que le maréchal, prévoyant ce qui pouvait arriver, ordonna lattaque pour sauver cette partie du pont. On marchai l'ennemi avec une grande résolution. Le lieutenant général Pécheux, de son côté, s'était pi>rté à la défense du pont avec sa réserve, corn- (H^sêe des marins et du liKS*. avec son brave chef, le major Aurance. L'ennemi, pris entre deux feux, opéra sa retraite sur Altona et Ochsenwerder, vers midi. D fut vivement poursuivi. U a laissé sur le champ de bataille 3iH> mort> et a emmené sur des traîneaux plus de 5iH> blesses. Notre perte a été de 500 hommes entre tués et blessés. L'affaire avait duré six heures* et U restait encore la moitié du jour i l'ennemi pour achever sou entreprise.

Liugéuieur en chef Jousselin visita sur-le-champ le dè^îàt fait au pont et assura au maréchal qu'en trois jours il serait rétabli, et, comme la gelée continuait, la communication ne fut pas interrompue un seul instant

entre les deux places, puisque la glace portait des pièces du plus gros calibre et des armées entières; c*est ce chemin que Tennemi avait pris pour arriver dans Wilhemsbourg.

Cette facilité à renoncer, au milieu du jour, à un projet aussi bien conçu étonnait les anciens officiers, qui avaient souvent vu dans leurs guerres opérer de grandes choses avec de la ténacité et des poignées d^hommes.

La gelée était si forte qu'aucun nouvel ouvrage ne pouvait être construit en terre. A défaut de terre, on termina avec du fumier les parapets ; on fit aussi plusieurs épaulements de batteries et plusieurs traverses sur le grand pont en bois. On brisait les glaces, et il fallait un véritable dévouement pour résister aux fatigues d*un travail sans cesse renaissant.

Le 24 février, le général Beningsen renouvela son attaque sur Hambourg, le front d'Altona, les postes sur la Biele et Tiffentag, et surtout sur Wilhemsbourg. L'attaque commença, trois heures avant le jour, au moulin de Reiherstig. L'ennemi Tattaqua sur trois colonnes; une fusillade très vive s'engagea, et, malgré rimmense supériorité des assaillants, un bataillon du 30*", commandé par le chef de bataillon Blain, tint ferme et conserva sa position. L'ennemi se retira en désordre, laissant ses morts sur le champ de bataille, et perdit quelques hommes dans les cunettes que nous ouvrions sur la glace entre Reiherstig et Neuhoff. Nous perdîmes 50 hommes. Le général Romme se faisait remarquer par son infatigable activité et ses dispositions, qui lui assurèrent le succès dans toutes ces affaires. L'ennemi montra beaucoup de troupes dans la plaine et se retira sans avoir rien entrepris. On ne put trop

\0'k LE MARÉCHAL DAVOUT.

comprendre quel avait été son projet, qui fut aussitôt abandonné qu'entrepris.

Pendant la journée du 27, rofûcier posté à la tour et les divers postes avaient remarqué des colonnes filant derrière Altona et se portant dans les îles. On se préparait à une attaque de nuit; tout le monde était sous les armes. En effet, à onze heures du soir, l'ennemi déboucha de l'île de Neuhoff et vint s'établir dans Wilhemsbourg. Il attaquait en môme temps Harbourg. Nos avant-postes se replièrent en ordre derrière la grande digue d'hiver et dans la tête de pont, ainsi que cela avait été prescrit en cas d'attaque, depuis le 17 février.

Le maréchal avait pris la précaution de disposer de gros bâtiments chargés de bombes et matières inflammables, qui, placés de distance en distance, devaient être allumés à propos et jeter une telle clarté que les manœuvres de l'ennemi se voyaient comme en plein jour. Les postes, en se retirant, avaient mis le feu à ces bâtiments, qui sautèrent avec un grand fracas sur les derrières de l'ennemi, faisant sur lui lefTet de mines. Gela déconcerta ses mouvements et le décida à abandonner son entreprise. La contenance des troupes et quelques boulets bien dirigés sur la colonne qui s'avançait déjà sur la chaussée le décidèrent à la retraite.

Pendant ces intervalles d'attaques nous n'étions point oisifs. Nous cassions avec un grand soin les glaces, nous continuions les travaux aux deux tètes de pont, nous terminions quelques batteries pour assurer nos positions sur la grande digue et sur celle d'été, dont nous avions appris par l'expérience tous les avantages et désavantages. On crénelait les maisons dans l'île; on

les entourait d'abatis, de manière à en faire de bons postes. Les différents chemins débouchant dans llle des îles voisines étaient obstrués et encombrés d'arbres et d'autres obstacles sur le grand pont en bois; on établissait des traverses en fumier pour se défiler du feu de Tennemi, s'il s'avisait enfin de disposer une batterie sur la grande chaussée. On armait ces traverses de fortes pièces ; on construisait, d'espace en espace, des palanques pour se mettre à l'abri de la balle et de toute surprise ; on fermait, par des barrières, les embarcadères et les rampes du pont, de sorte qqe tout accès se faisait très difficile, très dangereux, et que ce pont était devenu une véritable citadelle.

Le froid continuait depuis cinquante jours. La neige était durcie. L'Elbe et les inondations, fortement gelés, n'offraient depuis longtemps aucun obstacle à la plus forte artillerie et aux troupes ennemies, qui pouvaient manœuvrer et les traverser en tous sens. Les soldats étaient eiLténués de fatigue, vu l'immense développement que nous avions à garder. Us étaient bien nourris ; chaque homme avait une bouteille de vin par jour. Nous avions constamment 17,000 malades, et la mortalité s'accroissait dans une proportion tellement effrayante, que nous avions perdu pendant le mois de février près de 900 hommes dans les hôpitaux. Cependant, nous ne pouvions diminuer le service. Nous avions défendu jusqu'alors le point important de Harbourg; il était bien essentiel de le conserver : il fallait donc faire des sacrifices pour s'y maintenir. Hambourg était peu de chose du côté de l'Elbe, tant que durait la gelée, et toute la sûreté de la place était dans la conservation de l'île de Wilhemsbourg, qui, elle-même, dépendait de l'occupation et de la communication avec

Harbourg. Il fallait donc conserver llle de Wilhemsbourg. On était soutenu par Tespoir de voir enfin arriver le dégel, parce que, dès lors, notre position n'eût plus eu rien d'inquiétant.

On avait organisé en régiment de grenadiers de siège les hommes non montés de la cavalerie. Us furent armés et équipés convenablement pour le service qulls devaient faire. C'étaient pour la plupart de vieux soUaU qui pouvaient devenir très utiles comme réserve. On avait réduit le nombre des chevaux des officiers au strict nécessaire ; on n'avait conservé que ceux de troupes et d'artillerie ; tout le reste avait été réformé et abattu pour les distributions de viande.

Le 3 mars, vers minuit, quelques fortes patrouilles ennemies entrèrent dans l'ile de Wilhemsbourg, que nous ne tenions plus la nuit que par des postes volants de cavalerie. Ces postes se retirèrent. Avant deux heures du matin, l'ennemi s'était retiré.

Dans la soirée du 4, nous primes notre revanche du côté de Harbourg et nous enlevâmes plusieurs postes. Nous eûmes quelques hommes de cavalerie pris en avant de la Damthor et le long de l'AIster. Du côté de Hamm, nous surprîmes quelques postes et fîmes une trentaine de prisonniers.

Toute notre attention se portait pourtant toujours sur Wilhemsbourg, dont on perfectionnait la défense par tous les moyens possibles. Le maréchal veillait presque toute la nuit, et, après quelques heures de repos dans la matinée, allait parcourir tous les postes, donnant l'exemple du dévouement et de la constance. Il encourageait les soldats à souffrir avec patience, en partageant leurs fatigues et leurs privations. Nos espérances étaient soutenues par les bulletins des batailles

UN DERNIER COMMANDEMENT. i07

de Champaubert et les affaires des 16, 17 et 18 février en France, que le maréchal faisait imprimer et publier. Ces nouvelles nous faisaient espérer que bientôt, ainsi qu'après la retraite de Russie, Tarmée française serait revenue triomphante en Allemagne et que, non seulement nous serions loués de notre constance à maintenir un poste aussi important, mais que nous aurions pu coopérer à dlmmenses résultats en débouchant par Harbourg et nous joignant avec le gouverneur de Magdebourg pour agir suivant les circonstances.

Le 5 mars, le maréchal se rendit à Harbourg et fit attaquer les avant-postes ennemis sur les digues de Moorbourg et Neuland. Ils furent repoussés et on prit quelques hommes. Nos troupes marchaient avec la plus grande détermination, et avaient acquis une grande supériorité sur Tennemi, lorsqu'il n*était que deux fois plus nombreux.

La batterie de Tiffentag, sur la rive gauche de TElbc, était un poste bien avancé, depuis que les glaces nous avaient forcés de prendre la ligne en arrière de Hamm. Cependant, elle était importante à conserver, puisqu'elle protégeait efficacement Tîle de Wilhemsbourg, comme on Ta vu dans les combats des 9 et 1 7 février, et éclairait les manœuvres de Tennemi sur ce point. Le 11 mars dans la nuit, ce poste futattaqué ; il se replia. L'ennemi brûla quelques maisons, brisa quelques palissades, et se retira avant le jour. Il n'y avait point de canons dans la batterie ; depuis quelque temps, on les retirait le soir venu. On occupa de nouveau la batterie, mais ce petit échec nous apprenait que ce poste ne pouvait se garder longtemps. Le maréchal fit construire une nouvelle batterie sur la digue, un peu en arrière, afin qu'elle se liât mieux avec la ligne qui venait des redans

et v>fi xHe rafalîfilàe, aiaît cq

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repm««é avec pettes Umtes les atlM|«ei.

La toiTÎêre de Hamm M aossî realorcée par une éooriDe UaTerse en fomîer qpui déilaîl la roole et qui doDoait les moTens d'arrêter rennemî dans le cas où, k coups de canon, il fût panrenu à détmire le tambour en charpente qui fermait ce passage. On a¥ait aussi démoli quelques maisons pouf bien démasquer le feu des lunettes de Saint-Georges sur la ligne de Hamm.

Le maréchal continuait à attirer Tattention de Tennemi sur Harbourg. 11 fit faire, le 12, dans la nuit, une attaque sur le village de Wilsdorf, situé en avant de la gauche du camp retranché de Harbourg. Ce poste fut enlevé à la baïonnette par un détachement du brave 10H*. L*ennemi a perdu plus de soixante hommes en tués et blessés. Notre perte a été peu considérable, altoiHhi que nos troupes ont marché avec une grande résolution et sans tirer un seul coup de fusil.

lie 1K, rennemi s*empara de la batterie de Tifientag, la détruisit et en établit une autre un peu en arrière. Nous nous établîmes dans notre nouvelle batterie, qui Hvail été préparée à cet effet et avec une prévoyance quo rév6nenu>nl venait de justifler.

U) 19, ronnomi, profitant d'un brouillard très épais,

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s^embusqQi dxnf ô» sasor»^ -bii iruLct àe la IhcBjâr.«f . et nous enlerm jiDtt lâxtesaaiH- dlniainiief tmi s^ SM^rcha.ient pas s^er «hb àt ir^^^anôfiL vtnir «I^ i^-t%9#»ir différents peti^ msKï^ ne la ^ -tfuàilktdin jKflfdaixii Jt jour.

Le comte àf- ^^*««'*»' acac iterk^rriitaiiié rtezaoïHdftîm des hôpitaux. X ^ssac •»^*r-iiiiCH: imr M Itt^k^ wiiM-^ifèta de Stade, et M. it raniminBUT^lai-ifDrXii! disiruiuan tit riz, du sagon. h v*i. ne Tsaimt iTaJ^nie 01:1*1. smu: |it conserver, de mimïïrn d i^ e; out^ioiM» Je«ni]ii«>^ * oe

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