‹ Le maréchal DavoutChapitre 31 sur 52 · DK S. M. LOUIS-PHIUPPE I*', ROI DES FRANÇAIS, DU MARÉCHAL · texte numérisé non relu

DK S. M. LOUIS-PHIUPPE I*', ROI DES FRANÇAIS, DU MARÉCHAL

DE VAUBAN, DU MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE d'eCKMOHL,

ET DU LIEUTENANT-GÉNÉRAL B.VRON HABBRT

Le 22 septembre 1844

DAVOUT, PRINCE D'ECKMÎJHL

« Au moment où Vauban s'éteignait, avec le regret devoir s'achever au milieu des revers ce règne imposant dont il avait été Tun des plus brillants acteurs, toutes les autres illustrations politiques et militaires avaient disparu. Condé, Turenno, Colbert, Louvois étaient descendus* dans la tombe. De toute cette éclatante pléiade d*administrateurs et d'hommes de guerre qui avaient gravité autour du soleil de Versailles, il ne restait plus que Yillars, le seul qui dût survivre au grand roi. Alors près d'un siècle s'écoule avant que les administrations et les armées n'aient à revendiquer de puissantes intelligences et de grands noms^ La France est

* Turgot est peut-être le seul qui mérite d'être excepté.

comme épuisée : elle semble attendre que ses forces aient reparu. C'est que les nations, comme le sol, ont leurs jours de repos et de stérilité.

(( Mais, vers la fin de l'époque où vécurent, pensèrent et écrivirent Montesquieu, Voltaire et Rousseau, le pays se retrempe tout à coup par l'explosion des idées nouvelles ; la fécondité lui revient, et, du milieu du conflit qui s'est élevé entre la révolution française et la vieille Europe, surgissent des légions de soldats héroïques et des capitaines qui vont porter au plus haut degré la gloire de nos armes. Telle fut cette admirable génération de 1792, qui se leva avec tant d'ardeur pour la défense de la liberté et de la patrie : génération fortement trempée, pleine des vertus les plus mâles, animée du plus pur enthousiasme; génération d'où se sont élancés sur les champs de bataille les Masséna, les Jourdan, les Soult, les Ney, les Davout, et tant d'autres encore I

« A leur tête apparaît cette grande figure historique que rien n'a dépassée dans. les annales d'aucun peuple; un de ces héros dont l'antiquité faisaitdes demi-dieux; aussi grand capitaine qu'Alexandre et César, mais plus complet dans son génic;àla fois guerrier et législateur; embrassant d'un coup d'œil d'aigle tous les ressorts d'un grand empire, et faisant éclore des débris d'une révolution le plus puissant édifice administratif qui soit sorti de la main des hommes. La couronne était venue se poser sur la tête de Louis XIV ; Napoléon eut à conquérir la sienne et à la défendre contre l'Europe coalisée. Louis XIV reflète la gloire des génies qui l'entourent; c'est Napoléon quijette sur tout ce qui l'environne le reflet de son génie, l'éclat de sa gloire et comme l'émanation de sa puissance.

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