IV
Bœuf ? Hèlaisl en dépit de tous ses efforts, et dùt-il môme emprunter le venin du crapaud, Emmanuel de Grouchy bœuf ne deviendra!
En répondant aussi longuement aux Mémoires du maréchal Grouchy, nous entendions répondre à toutes les calomnies et à tous les calomniateurs ; mais le général comte Pajol s'est montré un trop vaillant soldat pour que nous puissions garder le silence en» face des allégations qui lui sont prêtées. Les Mémoires du gênérai comte Pajol, publiés par son fils aîné, nous avaient été signalés comme très hostiles au maréchal Davout; nous les avons trouvés enthousiastes pour quelquesuns de ses ennemis, sans se montrer cependant injustes pour l'habileté et la vigilance dont le prince d'Eckmiihl fit preuve pendant les campagnes d'Allemagne et de Russie. Ainsi, en racontant la marche de flanc tentée par Bagration afin d'échapper à Davout, Pajol dit : Marche périlleuse en présence d'un homme de guerre tel que Davout. Le général montre Davout prévoyant, devinant tout, mais dans l'impossibilité d'agir. L*indulgence avec laquelle M. Pajol parle de la conduite du roi de Westphalie, résignant son commandement, me paraît appartenir au fils plus qu'au père, car le vrai Pajol rappelé par Davout revient aussitôt en dépit des instances faites pour le retenir par le général Marchand, désigné par Jérôme-Napoléon pour le remplacer. Le vrai Pajol était un trop habile soldat pour hésiter un moment entre le roi de Westphalie et Davout. La justice rendue au prince d'Eckmiihl appartient à Pajol, les ménagements envers Jérôme, faisant passer sa vanité avant la France, sont l'œuvre du fils, qui n'est d'ailleurs pas toujours bien renseigné; nous l'avons trouvé dans le tome 1" de cet ouvrage, page 76,
APPENDICE. oi7
nommant Carnot ministre de la guerre le 20 mars 1815, tandis que c'est à Davout que Napoléon imposait le ministère. Une certaine note du troisième volume (page 25) fourmille d'erreurs sous sa prétention d'impartialité. Sollicité par sa conscience qui lui reprochait peut-être trop de partialité pour le roi Jérôme, M. Pajol déclare Vadminislration du prince d'Eckmiihl la providence du soldat et comprend mal, ce semble, la raillerie de Heine qui parle en effet de la cruauté de Davout^ mais à titre de contre-vérité. Passionné pour la gloire du maréchal Davout, Henri Heine se fit l'ami du jeune prince d'Eckmûhl. Mais nous n'en avons pas fini avec cette intéressante note qui installe Louis Davout à l'école de Brienne (où il ne fut jamais), en même temps que 'Napoléon! Elle fait encore mourir le maréchal prince d'Eckmiihl en Seineet-Marne, dans sa terre de Savigny, que Ton a l'habitude de chercher et de trouver dans Seine-et-Oise. C'est d'ailleurs à Paris, dans son hôtel de la rue Saint- Dominique, que le prince succomba après de longues souffrances. M. Pajol n'hésite pas à tuer le seul fils du maréchal, le prince Louis d'Eckmûhl, son contemporain, qu'il a dû cent fois rencontrer dans les salons de Paris, à l'âge de vingt-deux ans, tandis qu'il a vécu jusqu'au nouvel Empire. Nous ne relevons, bien entendu, que les faits qui nous touchent, et si nous constatons cette inexactitude dans les détails, c'est uniquement afin d'en prendre acte pour l'avenir. Les Mémoires de Pajol nous semblent traversés par deux courants, le courant de Pajol l'ancien, et le courant de Pajol le jeune. Sans enthousiasme, mais avec un grand esprit d'équité, Pajol l'ancien rend justice à Davout et se montre déférent même envers le général
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en chef de Tarmée de la Loire. Pajol le jeune, au contraire, a rencontré dans certains salons des envieux du prince d'Eckmùhl, des esprits rancuniers, étroits, et peut-être sans en avoir conscience, a-t-il prêté ses impressions à son père. Enfin, il a beaucoup connu les Grouchy ancien et moderne, et il a adopté leurs petites passions. Ah I que Davout avait raison de recommander à Grouchy, tandis qu'il ramenait Tarmée vers Paris, de ne pas livrer bataille I Comme il le connaissait! A Pajol maréchal, il n'aurait point parlé ainsi et n'eût redouté que son ardeur. C'est à dater de cette page 256, que le second courant nous semble absorber le premier et raconter ce que lui, comte Pajol, a recueilli, bien plus que les impressions de son père. Que signifie ce funèbre récit fait par Davout et Fouché dans les bureaux de la Chambre? Non seulement la note de M. Clément, mais le compte rendu des séances de la Chambre démentent les paroles de tous les Grouchy et Pajol passés et futurs. Les procès-verbaux de TAssemblée de 1815 sont à la portée des curieux, et le prince d'Eckmiihl, loin A'avoir insinué que la nécessité de rappeler le Roi s'imposait à la pensée de tous, n'a pas même prononcé le nom de Louis XVlll. Nous avons répondu aux contes du maréchal Grouchy de nouveau narrés par M. Pajol. Il est vraiment hardi de prétendre que Davout n'osa pas refuser son approbation à P adresse des officiers, et si jamais M. Pajol passe la revue de ses paroles en face de sa conscience, il devra se repentir d'insinuer des accusations vagues et louches sur les trafics d'armistices et de capitulations. . . sur les hésitations, lisez trahisons, de Davout^ qui n'envoie pas de i^ecours aux troupes, ou semblait craindre de faire trop de mal à l'ennemi! Si
Davout a menacé Pajol de le faire arrêter, c'est qu'il avait dû manquer de respect à son supérieur, mais ce n'est certainement pas parce qu'il avait demandé à vaincre. Le prince d'Eckmlihl l'avait devancé dans cette voie. Une bataille ne pouvait rien sauver! Peut-être le maréchal Davout, au lieu de confier le commandement de l'armée du Nord à Grouchy, aurait-il dû aller luimême prendre ce commandement et empêcher l'approche de l'ennemi. Mon instinct me dit que c'est là ce que le maréchal a regretté ; Fouché l'a endormi, retenu, aveuglé; cependant, en partant, Davout laissait à Paris le duc d'Otrante et le laissait plus libre encore pour ses machinations. Pajol prêche l'insurrection sans songer que la révolte perd plus souvent qu'elle ne sauve. En tous cas, la correspondance du brave général avec le maréchal commandant l'armée de la Loire témoigne de par sa soumission et de par ses paroles de l'apaisement qui s'était fait en lui. Ce n'est pas le père, mais bien le fils qui a trouvé ces mots accusateurs à propos de l'entrée du roi dans Paris, le 8 juillet : « Fouché, à qui il avait fallu payer le prix de ses complaisances, faisait partie du gouvernement en qualité de ministre de la police. » Il ne songe pas à se demander de quelle façon fut récompensé le maréchal Davout. Bien loin de là, M. Pajol fils, que nous appellerons désormais pour plus de clarté Courant II et son père Courant P', après avoir parlé du prompt esprit de résistance du prince d'Eckmùhl se démentant bientôt, peint le maréchal <« occupé de presser la soumission au Roi en paralysant les moyens de défense. » Hélas! oublieux de lui-même, le maréchal ne songeait qu'à éviter la guerre civile. Les lettres qu'il écrivait à sa femme pendant son commandement sur la Loire ne
permettront désormais à personne d*oser Tattaquer. Socrate n'a-t-il point dû boire la ciguë?
En vrai chérubin historique, incertain de ses propres pensées. Courant 11 dit que les généraux s'étonnent des ordres et contre-ordres du maréchal, et nul ne s'avise de penser que, dernière sentinelle d'un glorieux passé, il veillait pour la France, toujours prêt à rappeler aux étrangers foulant le sol de la patrie qu'il était à son poste !
La page :278 est inqualifiable! M. Pajol, en parlant de reCfet déplorable produit par la mesure contre l'armée, ose dire : « Le maréchal Davout que son ancien collègue Foucké avait probablement réussi à sauvegarder, en fut profondément affligé ; il protesta énergiquement auprès du ministre de la guerre en lui envoyant sa démission.» Loin de faire allusion à la magnifique lettre par laquelle il appelait sur lui. comme chef, toutes les rigueurs, il continue à marcher dans son péché de calomniateur, disant : « Sa position à la fête de l'armée de la Loire n était plus tenable; car, s'il avait été trompé, il avait aussi trompé ces malheureux officiers qu'il avait si vivement engagés à faire une soumission absolue au Roi, » M. Pajol fils n'a appris ni son catéchisme ni la grammaire : il saurait autrement que celui-là seul qui a l'intention de tromper est trompeur; le mensonge ne part pas de la langue, mais du cœur de l'homme. Enfin, si l'armée eût été aussi mécontente de son chef, pourquoi le gouvernement aurait-il autant redouté le prince d'Eckmiihl?
Nous voici heureusement à l'appendice, et cetappendice nous fournira des pièces authentiques et sans double ('ourant. 11 serait trop long d'énumérer toutes les pièces qui témoignent d'une complète entente du
généi'al Pajol et de son chef; nous nous bornerons à citer une lettre adressée par Grouchy au maréchal Davout, et datée de Claye, le 29 juin iSio*. Voici les passages les plus significatifs de cette lettre :
Les troupes que fui avec moi et celles du comte d'Erlon, sont dans un état de démoralisation tel que, au premier coup de fusil qu'elles entendent, elles se débandent.
Douze pièces de canon ont été prises en marche et six dans un engagement.
Il résulte de cet état de choses que le gouvernement ne peut compter, pour la défense de Patois, que sur un très faible corps, n'ayant mdlement lu volonté de se battre et complètement désorganisé.
Je crois de mon devoir de vous instruire en toute hdte de cette triste situation, afin que le gouvernement ne se fasse pas illusion sur ceux des moyens de défendre Paris que je vais y conduire.
En vérité, je ne sais de quoi m'étonner le plus en voyant Grouchy, après avoir écrit le 29 juin une telle lettre, se poser le 2 juillet en Bayard moderne, prêt, à la tête de si vaiila'Hes troupes, à tout pourfendre, ou de la naïveté de Courant II, qui, tenant pour Grouchy contre Davout, nous livre une telle pièce ! Grouchy pouvait penser, comme les marchands réclamant deux fois une note qu'ils croient égarée, que sa lettre avait sombré dans la tourmente et se hasarder à proclamer audacieusement que lui, assez généreux pour chercher à relever le moral de Davout (serait-ce d'aventure par la lecture de cette déplorable lamentation ?) aurait sauvé la France en battant Tennemi ; c'est là un acte vraiment hardi, mais la personnalité a de si étonnants aveuglements ! Ce qui me surprend davantage, c'est que Cou-
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rant H, duis leé loisirs de son cabinet, nous livre ane si éloquente défense — tacite — du ministre de la guerre de 1815?
Nous le remercions cependant de s'être fait involontairement le bras de la vérité, qui finit d'ailleurs toujours par triompher. Revenant un peu en arrière, nous dirons que les lettres du maréchal et du général Pajol n'indiquent aucun mécontentement d'aucun côté. Les pages 408 et 409 donnent une lettre du général comte Guilleminot,que nous transcrirons, tant elle nous semble révéler la vraie pensée du prince d'Ëckmuhl, après avoir dit que la réponse du général Pajol est patriotique et superbe. C'est là un vrai soldat, et ses mémoires, entièrement écrits par lui-même, n'eussent point porté la trace, — facile à reconnaître, — des infiltrations Grouchy — et autres.
Angerville, le 9 juiUet 1815.
Son Excellence M. le maréchal prince d'Eckmûhl a reçu des propositions par l'inlcrniédiaire des généraux comte Gérard, Valmy et Haxo.
Vous connaissez assez son caractère pour savoir qu'il n'en acceptera que d'honor.'il)les à l'armée, et vous pourrez vous en convaincre par la copie ci-jointe des pouvoii^ et instructions donnés à ces généraux. Son Excellence me. charge de vous représenter que le seul moyen de soustraire notre mallieureiise patrie au démembrement que projettent quelques gouvernements étrangers est de se rallier franchement et promplement au gouvernement actuel. Il aura ainsi une armée à présenter «n contrepoids aux projets sinistres des eimemis de la France.
Cette démarche, en sauvant la patrie de sa désorganisation politique, lui évite en même temps les malheurs incalculables de la guerre civile.
Voyez vos généraux et vos chefs de corps ; faites-leur con-
naître la situation actuelle dans laquelle se trouvent la France et l'armée ; il vous sera facile de les convaincre que le seul parti à prendre est celui qui est proposé. Il faut s'unir au gouvernement et rallier tout le monde à cette morale pour sauver la patrie.
Vous voyez par l'extrait ci-joint de la lettre des généraux Gérard et Haxo que le ministère nouvellement choisi offre des garanties à tous.
Enfin Son Excellence M. le maréchal prince d'Eckmûhl est convaincu que le parti qu'il a pris était le seul convenable et il vous engage, ainsi que les généraux et chefs de corps, à signer l'une des copies ci-jointes de ces instructions que Ton signe déjà de toutes parts.
Vous aurez ainsi rendu un service signalé à votre patrie.
Il est urgent que cette copie soit rendue de honne heure demain au quartier général.
Recevez, Monsieur le général, l'assurance de ma pjirfaite considération.
Le général, chef de l'état-major général,
Comte GUILLEMINOT.
Vainement nous nous sommes demandé pourquoi le comte Pajol, soucieux de publier tout ce qui émane de son vaillant père, ayant donné page 41 idu tome 111 des Mémoires de Pajol une lettre assez insignifiante datée de Lignières le 25 juillet !815, à moins que la fin cavalière de cette première dépêche ne lui ait spécialement plu\ n'a point transcrit une communication certainement plus curieuse et portant cette même date. Nous réparons son oubli.
* <* ...Notre position est si fausse, si drôle, que je vous prie de me faire passer immédiatement des ordres et des instructions à cet égard.»
Ligniëres, le 25 juillet tStô.
Monsieur le maréchal,
p* ^i-^mpt* de police se sont présentés chez moi à Paris pijfir m'irrvter au nom du Roi. Ma femme, mes enfants, sont *iaxti I<s plus vives alarmes.
Oymnï^le vous l'ai dit le 3 au matin, je ne varierai jamais et toutes les potences du monde ne pourront me faire changer ; je «rai donc sûrement le dernier de l'armée qui donnerai à noa pays l'exemple de rattachement et de ht fidélité les plus pnr^. car il n'est aucun motif que Tamour de ma patrie qui poLsse me faire a|?ir, n^ayant pas un sol de fortune après vin^-sept ans de service, n'ayant jamais rien reçu de qui que c«Kât*. et ne voulant aujourd'hui que la liberté de rester chez moi trinquille.
il faut donc. Monsieur le maréchal, que vous me disiez ce que TOUS voulez faire, et quels sont vos projets, pour que je puisse afçir ea conséquence, car, ne suivant de conseils que de mon expérience et de ma tête, eux seuls me conduiraient dans les circoostances difOciles.
Depuis que j*ai quitté Paris, on a arrêté mes lettres; on m'a laissé tout ignorer et j*ai vécu dans la plus grande ignorance de tout ce qui se passait.
Cette lettre vous sera remise par un de mes amis particuliers, auquel vous pouvez. Monsieur le maréchal, transmettre avec :<ècut ité et confiance toutes les instructions et les ordres que vous aurez à me donner.
Hi^revez, Monsieur le maréchal, l'assurance de mes respects avee lesquels j*ai l'honneur d'être,
Le lieutenant général comte Pajol.
On ne parle point ainsi à un homme dont on se défie; tout ivmpH dune juste inquiétude, Pajol écrit pour siotiir quoique chose, pour apprendre ce que le maré-
t S(«ul* h* ^^^^ ^^' comte et une dotation obtenue de TEmpereur U iiiMrtH;bal Davout.
chai ne pouvait certainement pas lui dire, car ce qui se passait Tétonnait et l'écrasait tout le premier !
Le 18 juillet, de Châteauroux, Pajol avait envoyé au général Ameil une lettre superbe. Après avoir dit qu'il signe la soumission de l'armée au nom de son corps, il ajoute : « Nous devons rester ensemble, toujours ensemble, voilà notre force. Malheur à ceux qui ont été assez lâches pour nous quitter et abandonner notre cause; plaignons-les et abandonnons-les au mépris, d
Pajol était trop Français pour ne pas comprendre le désir de Davout de conserver une armée à la France. Toutes les lettres du général, aussi bien que celles du maréchal, montrent ces deux vaillants soldats tristes, mais soumis et pensant à la France beaucoup plus qu'à eux-mêmes.
La page 402 nous dit le prince d'Eckmiihl inquiet de la marche des Autrichiens, s'entourant de précautions et se préparant au besoin à la bataille. Qui sait s'il ne fût point parvenu à chasser l'étranger ? A coup sûr Pajol l'y eût puissamment aidé, et si ces Mémoires étaient 50/2 œuvre, on n'y rencontrerait pas ce faux et second courant qui a mal dirigé M. Pajol le jeune. Nous ne doutons pas qu'il ne vienne un jour à comprendre que c'est se trahir soi-même que de méèonnaître les choses nobles et les grands caractères.
Il nous est doux de terminer ce travail par de ferventes paroles de reconnaissanceàTadressede M. Charles de Saint-Nexant. C'est un singulieret curieux livre quecelui qui paraissait en 1863 chez Pion, sous le titre que voici: Des événements qui ont amené la fin du règne de Napoléon /*'^ Le prince d'Eckmiihl est le héros de cette œuvre originale, écrite sous la dictée de l'amour le plus passionné, mais le plus sévère, pour l'Empereur. M. de Saintr
Xexajit compte avec désespoir les fautes commises par Njpijlê'^n, et termine à peu près toujours ses conseils rétr»:^spectifs par des mots tels que ceux-ci : o Ah ! si Davout edt été-là î...»* « En retrouvant Davout, dont Tuniforme valait ane année aux yeux des Prussiens, » etc., etc. Je m'arrête après avoir dit que le prince d'EckmCihl est nommé f^Uir-ringt-quatre fois dans ce volume de 34H) paires, et toujours avec le plus vif sentiment d'admiration. On pourrait croire que M. de Saint-Nexant a lu le^ chères. les belles lettres que j'ai entre les mains, et U ne connaissait aucun de nous. J'ajouterai que M. de Somt-Xexant^ n'étant point obligé à tenir son admiration en bride comme la fille du héros qui sentait que Ton pourrait croire à une partialité trop naturelle, se montre plus enthousiaste que l'éditeur du Maréchal Davout^ raconté par ies siens et par lui-même. M. de Saint- Nexant semble avoir puisé dans Tétude consciencieuse de la marche droite et noble suivie par le maréchal au travers de Tépopée impériale, puis dans le cœur du comte Zaluski« le culte qui nous enchante. Analyser un tel livre serait chose difficile ; nous préférons de beaucoup engager à le lire, d'autant qu'il a le grand mérite d'être amusant en même temps qu'excentrique, nouveau de forme et de conception. Passionné dans ses haines comme dans ses sympathies, vrai et courageux dans ses opinions, M. de Saint-Nexant refait le règne de Napoléon 1" à sa fantaisie. Pour le bonheur de la France, il serait à désirer que les événements eussent suivi le cours indiqué par le rêveur, dont la pénétration, dont la connaissance des choses et des hommes revêt un cachot tout personnel, et donne à ses travaux d'histoire l'attrait ardent d'un roman d'aventures tout en restant dans la stricte vérité. Nous ne dirons pas que cette œuvre
csl sans défauts, mais nous dirons que les défauts qu'elle renferme, bien loin de lui nuire, séduisent le lecteur.