‹ Le maréchal DavoutChapitre 6 sur 52 · LISTE DES PAIRS A NOMMER · texte numérisé non relu

LISTE DES PAIRS A NOMMER

Colaud. Chasset.

* Chaptal. Choiseul-Praslin.

* Lacépède. * Perregault.

Lambrecht. Lanjuinais.

Lenoir-Laroche. * Dedlé-Dagier.

*Monge. *Rampon.

1 Les noms précédés d'un astérisque sont compris au décret de nomination du 2 juin 1815.

LE lARECHAL DAVOLT.

Grégoire.

•Rflwierer.

Boissy-d'An^as.

Saint-MartlQ-Lamotie.

D'Alqnier.

Beaumont.

LaTille.

* Montalivet.

* Prince d*£s$ling.

* Duc de Conegliano.

*Duc de Dalmatie.

* Maréchal Brune.

* Duc de Trévise.

* Duc d^EIchingen.

Duc de Reggio.

* Duc d'Albuféra.

* Duc de Dantzick.

* Maréchal Grouchv.

* De Laborde.

* Duhesme.

Grenier.

*Dejean.

*Lecourbe.

* Kellerman.

* Molitor.

*Clauzel.

* Comte d'Erlon.

•Comte Gérard.

* Latour-Maubourg.

* Comte de Lobau.

* Duc de Padouc.

Merlin.

La Fayette.

*Joordan..

Macdonald (et les autres

maréchaux qui ne sont

pas dénonunésj.

Sérurier.

* Vandamme.

*Rapp.

Villemanzy.

Liancouri.

* Montesquieu.

Bondy.

Clément de Ris.

Broglie.

* Cardinal Cambacérès.

*Lespinasse.

* Gazan.

* Andréossy.

Bedoch.

Cinq ou six grands négociants ou banquiers.

Vingt grands propriétaires ayant des biens par suite de la Révolution, pris dans les départements.

Quatre ou cinq membres de rinstitut.

Quatre ou cinq membres de Tordre judiciaire.

* Cornudet.

Verhuell.

Saur.

Marescot.

A cette époque, l'Empereur commençait à compter avec les Chambres; voici une lettre qui nous le dit :

xMon cousin, j*ai reçu votre rapport du 18 mai. Les objets les plus urgents dont vous avez à vous occuper sont : 1° Présenter un compte clair et détaillé des exercices arriérés de Tannée 1814; 2° Établir le budget motivé pour 1815. — Le budget que vous m'avez présenté n'est pas assez motivé. 11 est tout simple que les Chambres voudront connaître l'emploi de l'argent qu'on leur demandera. Faites bien connaître la différence de la situation entre le 1" mai et le l''' juin, et tout ce qui a été fait pendant deux mois.

Vous devez faire travailler aux modifications à faire au Gode pénal militaire d'après la Constitution.

Napoléon.

Paris, le 20 mai 1815.

Une lettre, portant la date du 20 mai, parle d'officiers espagnols du génie à employer dans les places; en voici une seconde sur le même sujet que nous donnons avec un étonnement ému. Napoléon croyait-il à Toubli, pouvait-il compter sur le dévouement des vaincus, ou espérait-il en imposer aux souverains alliés?

Mon cousin, faites-moi connaître quand on pourra tirer des bataillons espagnols, piémontais, belges, polonais et autres étrangers, pour les mettre en ligne.

Napoléon.

Paris, le 20 mai 1813.

142 LE MARÉCHAL DAVOCT.

Nous donnons intégralement ici un ordre du même jour, ordre dont l'Empereur, voilé par son ministre, a légué en tombant à ce dernier le terrible héritage de haine :

Mon cousin, autorisez le général Laborde à garder, indépendamment du 43° régiment, le 26" de ligne. II faut qu'il forme des colonnes mobiles composées de gendarmerie et de troupes de ligne. Autorisez-le à faire marcher à la suite une commission militaire et à faire fusiller tout homme qui serait pris les armes à la main. Enfin, autorisez-le à envoyer en Champagne, çn Bourgogne et en Dauphiné tout ce qui lui paraîtra suspect, et à faire arrêter ceux qui fomenteraient des rassemblements armés. — Donnez ordre au général Laborde de réunir ses forces, de se porter sur la maison du sieur Larochejaquelin et de la raser. Il fera mettre le séquestre sur ses propriétés. La Vendée verra dans ces actes de vigueur un renouvellement des malheurs dont elle a été accablée il y a dix ans. Une proclamation fera sentir que c'est le commencement des désastres qu'elle va subir encore et qu'on peut encore éviter.

Napoléon.

Paris, le 20 mai 1815.

La proclamation fut faite d'après te système do terrification (qu'on nous permette ce mot) adopté par le prince d'Eckmiihl, « qui n était obligé de faire pendre personne , quand on croyait qu il faisait pendre tout le monde. »

tiO même jour, TEmpereur écrit encore :

Mon cousin, est-ce que vous avez envoyé le sieur Bresson de Valensolle à Londres pour y acheter des fusils? Si cela est, vous auriez dû m'en parler avant de rien faire. Cet homme m'est suspect.

Napoléon.

Paris, le 20 mai.

Les forces du maréchal Davout, largement dépensées au service de la France, s^usaient dans cette lutte incessante contre Tespionnage malveillant de ses moindres actes, exercé non seulement par la police secrète, mais parles flatteurs de l'Empereur.

Les blâmes se succédaient; l'Empereur voulait tout diriger :

Mon cousin, je ne puis être que mécontent de la proposition que vous me faites d'employer pour les équipages militaires une partie des 1,500 chevaux qui étaient destinés pour la jeune garde. L'artillerie a également soustrait 5,000 chevaux qui étaient destinés pour la garde, de sorte que nous sommes moins avancés que jamais. Cependant, il me semble que la garde doit être la première servie, puisqu'elle a une artillerie d'élite attachée à des troupes d'élite et qu'il est indispensable que j'aie au 5 juin les 144 pièces de la jeune garde. Ne touchez donc en rien à toutes les dispositions qui ont été faites pour la garde, qui passe avant tout. J'approuve que le pont se rende à Guise, mais ne prenez pour cela aucun des moyens destinés à la garde.

Napoléon.

Paris, le 20 mai 1815.

Voici une lettre raturée, chargée de retouches de la propre main de TEmpereur, qui nous semble abriter le ministre de la guerre contre tout reproche de dureté personnelle :

Mon cousin, je viens d'ordonner à Gorbineau de pa^ tir ce soir pour se rendre à Angers, où il sera le bras droit du général Laborde. Il tâchera de réunir le 15*et le 26*^ bataillon de gendarmes et 400 hommes à cheval. 11 se concertera avec le général Travault, qui a sousses ordres le 43® et des gendarmes ; avec le général Char pentier, qui mettra en mouvement deux bataillons de fédérés et des hommes de la marine. Les autres feronl des battues, feront démolir et raser la maison de Larochejaquelin, et se porteront à la poursuite des bandes. Il est nécessaire qu'avant minuit vous fassiez partir un jeune général d'artillerie pour commander l'arlillerie à Tarmée de la Loire ; il se rendra à Angers. — îic parlez pas à Laborde de son remplacement jusqu'à ce que Lamarque soit arrivé.

A Paris, ce 21 mai 1815, six heures du soir.

On voit que FEmpereur agissait en dehors de son ministre, ne s'en rapportant qu'à lui-mèïï^® pour les mesures de sévérité. Sa police était éW^' nellement en éveil, et il harcelait sans cesse * prince d'Eckmùhl, ainsi que ces deux ordres * témoignent :

Mon cousin, je suis fâché que vous ayez envoy

sieur Bresson à Londres; n'envoyez personne à Tétran-

ger sans m'en parler avant.

Napoléon.

Paris, le 21 mai 1815.

Mon cousin, expédiez par une estafette extraordinaire

qui partira de suite, Tordre d'arrêter un nommé Béroni,

qui est parti le âO mai de Paris et qui se dirige sur Bâle.

Donnez l'ordre qu'on interroge cet individu, qu'on le

fouille avec soin et qu'on prenne tous ses papiers. Il sera

gardé soigneusement.

Napoléon.

Paris, le 22 mai 1815.

Si cet individu était déjà passé à Huningue, qu'on le guette pour l'arrêter à son retour.

Non seulement l'Empereur avait sa police, mais il correspondait secrètement, et contre son ministre de la guerre, avec certains généraux. Le billet que voici nous semble expliquer la lettre ferme et froidement irritée du prince d'Eckmiihl à un ancien ami, le général Rapp, à qui il avait rendu plus d'un seiTice :

Mon cousin, le général Rapp désire avoir pour chef

d'état-major le colonel Schneider. Il paraît y attacher

une grande importance.

Napoléon.

A Paris, ce 21 mai 1815.

Sans doute, le général Rapp s'était vanté de l'appui de l'Empereur à propos de quelque réclamation,

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