DÉPÊCHE DU GÉMÉRAL BEKER AU MLXISTRE DE LA GUERRE
A la Malmaison, le 26 juin 1813.
Monseigneur,
D’après les ordres de Votre Altesse, je me suis rendu hier soir à la Malmaison pour y prendre le commandement delagarde de rEmpereur. Sa Majesté, sans paraître étonnée de l’objet de ma mission, m’a seulement fait observer qu’on aurait dû l’informer officiellement de celte disposition , attendu qu’elle la regardait comme une affaire de forme, et non comme une mesure de surveillance, à laquelle il était inutile de V assujettir, puisqu’ elle n’avait pas l’intention d'enfreindre ses engagements.
Après m’avoir (juestionné sur la mai’che du Gouvernement provisoire, sur les dispositions des deux Chambres et sur l’esprit de la capitale. Napoléon répliqua à mes réponses, opposées à ses espérances : Qu’on me donne les deux frégates que j'ai demandées, et je pars à l’instant pour Ilochefort ; encore faut-il cjne je puisse
C 0 H K E s F 0 X D A iN C E 1 X E Ü l T E
me. rendre ronvenablement à ma destination, sans tomber au pouvoir de mes ennemis.
J’ai remarqué, dans la longue conversation (jiie j'ai eue avec lui, qu’il appréhende les prétentions de l’ennemi sur sa personne. C’est pourquoi il lui tarde de sortir de France, afin d’échapper à cette catastrophe, dont l'odieux, m’a-t-il dit, retomberait sur la nation.
Mon installation n’a pas souffert la moindre difiiculté. Il n’y a ici que trois cents hommes de la garde impériale, tout compris. Je prie Votre Altesse de me transmettre les ordres du Gouvernement sur ma conduite ultérieure, ([uand l’Empereur partira.
Le Lieutenant général.
Comte Heker.
Après avoir [irononcé, dans le pare, h's paroles (|ui annoinjaient sa résignation à nn e.xil volontaire. Napoléon, suivi du général, rentra dans les appartinnents , où l)eauc(tn]) d’anciens serviteurs l’attendaient, les uns pour lui lauidre un dernier lionnnage, d’autres pour protester de leur dévonement inaltérable à sa ju'rsitnne, en le conjurant de ne j)as abandonner rarinée. ({ni le réclamait avec chaleur; ({nehjues-uns iin'-ine ne rougiiamt |»as de S(dliciler des secours, des récompenses, lors((u’il n’élail j)liis en son j)ouvoir d’en accoi'd(‘r.
C(‘s nionvements avaient duré toute la nuit du 2.') au 21), (juoi(|n(; rEiuju'reur ikî IVit j)Ius accès-
Lli MAUÉl'lIAL DAVOÜT
sihlc jusqu’au leudeuiaiu uialiu. Los allcos ot. les venues se prolougèreiit peudaut celte jourutuu C’élaieuL des eiupièles perpétuelles sur les résolutions prises par Sa Majesté, ou ipi’elle prendrait, d’après les dilïéreuts rapports (pii arrivaient sans cesse sur l’état des allaires. La tâche imposée au dévoueineiit du général lieker n’était pas facile.
Tl lui fallait veiller, oliserver, se tenir en gaiahî contre toutes les tentatives (pii pouvaient coiuproiuettre la sûreté de riîinpereur, ou favoriser sou eulèveuieiit de la Maliuaisou. Quelques ofliciers avaient agité la ((uestioude le rendre malgré lui-mèim; à l’armée, impatiente de lui voir défendre la cause (pi’elle avait embrassée avec tant d’ardeur, peudaut les trois mois où il avait gouverné la k’rance.
Nap(déou couuaissait les démoiistralions de ses troujies, et riullueiice de sou nom sur leur esprit. Tl était également informé des dispositions du Gouvernement provisoire et des manœuvres des royalistes. Mais, soit par respect pour ses engagements, on j)ar conviction de l’imitilité de la lutte, soit par faiblesse dans une circonstance (jui exigeait de l’énergie et surtout une prompte résolution , il ne voulut rien entreprendre sans l’assentiment de la Commission exécutive à la(pielle il lit, tant par l’organe du comte 13eker que par d’aulres voies, diverses propositions.
CO H K ES PON' DANCE INÉDITE
Cos (lomarolios rosLoront sans offet, parce (jue la (^oininission, 1('S deux (jliainbros el la capitales séduit(“S [)ar les proclainalions des étrangers ann()n(;ant epi’ils ne taisaient la guerre epi’à Napoléon, se llaltaient (pi’nne heni’ense transition du gouvernenuMit de Honaparte à ctdni des llonrbons accomplirait les destinées d<‘ la France, el replacerait l’Etat dans la position où il était avant le retour de; File d’Elbe. Les pronu'sses fallacieuses des sonvei’ains alliés avaiemt favorisé leur marebe à travers nos j)r(>vinc(‘S , {)lus cpie le succès de leurs armes.
L’Einpereui', àson arrivée à la Malmaison, avait été reçu })ar la princesse Hortense (‘t s(‘s enfants.
Tout, dans ce séjour, devait lui i-etracer le souvenir des jours j)ros[)èr('s (pi’il y avait passés avec Josépbine. La reiiit' de Hollande l’entourait constamment de sa tendresse liliale ; son dévouement pour l’Em[)erenr était sans bornes.
Napoléon dînait seul, et dans c(‘s tristes circonstances (pii ne permettaient plus ni faste, ni représentation, le général H(d<er avait l’bonneur d’être admis à la table di' famille de la princesse.
La préoccupation dans bupielle b“s sombres événements, dont le dénoueimmt approebait à grands pas, avaient j(‘té les babilants du cbàtean, imposait sibmee an.x (piestions et an.x (Mitia'licms.
Néanmoins la ladne épanebait souvent sa don
LE MARÉCHAL DAYQUT
leur auprès du coiuto Bekor ; dans uu de ces moments d’intimité dont elle l’honorait, elle lui confia qu’elle avait remis à Napoléon tous ses diamants, comme ressource extrême, dans ces temps critiques.
Tel était, à la Malmaison, durant ces journées déchirantes, le spectacle auquel avait été associé le général Beker.
Les difticultés de sa mission croissaient à cha- {jue instant. Dans le principe, elle n’avait pour objet que de veiller à la sûreté de l’Empereur ; mais, dès le 20, le Gouvernement avait jugé son éloignement nécessaire au succès des négociations entamées près des puissances.
Le comte Beker fut rappelé à Paris pour prendre connaissance des modifications que ses premières instructions allaient subir. 11 descendit à Tbètel du prince d’Eckmübl; le ministre lui donna aussitôt communication de l’arrêté du Gouvernement provisoire, qui lui enjoignait d’accompagner Napoléon Bonaparte à l’île d’Aix et de rester auprès de sa personne jusqu’à l’arrivée des passeports demandés à l’Angleterre. Il y était dit en outre que deux frégates seraient mises à sa disposition pour le transporter en Amérique.
CORKESPONDANCE INÉDITE
EXTRAIT DES MINUTES DE LA SEERÉTAIRERIE d’ÉTAT
ArnUé du Gouvertïemcnt provisoire.
Paris, le 27 juin 1813.
La Commission du Gouvprm'monl arrête ce qui suit :
Art.
Le ministre de la marine donnera des ordres pour que deux frégates du port de Uochefort soient armées pour transporter Napoléon Bonaparte aux États-Unis.
Art. 2,
Il lui sera fourni, jusqu’au point de rembanpiement, s’il le désire, une escorte suftisante sous les ordres du lieutenant-général Beker, qui est chargé de pourvoir à sa sûreté.
Art. 3.
Le directeur général des postes donnera de son côté tous les ordres relatifs au service des relais.
Art. 4.
Le ministredela marinedonnera les ordres nécessaires pour assurer le retour immédiat des frégates aussitôt après le débarquement.
Art. o.
Les frégates ne quitteront pas la rade de Bochefort avant que les sauts-conduits demandés ne soient arrivés.
Art. g.
Les ministres de la marine, de la guerre et dos tinan-
LE MARECHAL UAVOUT
ces soûl chargés, cliacuu eu ce ([ui le couccrue, de l’exécutiou du présent arrêté.
Signé : Le duc d'Otrantr, comte Grenier, Quinette, Gaulaincocrt, duc de ViCENCE, Carnot.
Par la Commission du Gouvernement :
Le secrétaire adjoint au ministre, secrétaire d’état, Signé : ï. Berlier.
Son Excellence, devant joindre à la copie d(‘ ces pièces ses propres instructions, traça rapidement, sons les yeux du général, sur nue simph' feuille sans en-tète imprimé, une lettre qu’il écrivit tonte entière de sa main, et qui était conçue dans les termes suivants :
LE MINISTRE DE LA GUERRE AO GÉNÉRAL BEKER
Paris, 26 juin 1815.
Monsieur le Général,
.le vous transmets copie d’un arrêté de la Commission du Gouvernement qui vous charge d’accompagner l’Empereur Napoléon.
Votre caractère connu est unegarantie que vous aurez et que vous ferez rendre à ce prince les égards et le respect que l’on doit au malheur, et à un homme qui a gouverné pendant plusieurs années notre nation. L’honneur de la France est intéressé à sa sûreté.
Ainsi vous trouverez dans chaque autorité civile et militaire, dans l’àmede chaque citoyen, les secours que
COHHESPÜNDAMCE EN EDITE
VOUS pouiToz être dans le cas de réclamer pour la sûreté de sa personne.
Il vous sera suffisant de montrer l’arrêté de la Commission du Gouveruemeut ; je ne vous donne pas d’autres instiTictious.
Le Maréchal, ministre de la guerre, Prince d’Eckmuui..
Le général s’enij)ressa de c()niimini([uer ces (léj)ècli('s à l’Empereur, tpii ne, sungtai pas néanmoins à eirecluer son déjiarl. Eluupie lu'ure lui apportait des avis dilIeiTuits sur la inaroho dos événtMuenls ; il se llattait tonjonrs de (piehpie lienrense diversion.
A mesui'o (pie se discniail la (pieslion d'nn exil, à nu'sure ipie s’évanouissaient les cliances l'avoraides, h's rosies de la Cour impériale se dispersai(‘ii(, rapidement. Dans les rangs éclaircis, on dislingnait tonjonrs riionoraldc* (î l•and Maréchal comte ]îertrand, (pii conliimail à donner tonies les |)renves d'une nolde liih'dilé jiar l(“s soins (pi'il consacrait à la jiersonne (d aux dernim’s inlérèls (le rEmjierenr.
27 juin.
Cet élal (l’incertitude se piadongeail , lors(pie, le 27, le général Didier fut mandé à la Commission du (lonvernemenl.il i‘ec(“vail (m même temjis les trois dépêches snivaides : les deux jiremières pr(“scrivaient les mesma's dont le (lonvernemeiit
cliargeail, dans celle circonstance, le ministre de la marine et Ini ; la troisième en ordonnait la notification à l’Empereur.
LE MINISTRE DE LA GUERRE AU GÉNÉRAL BEKER
Paris, 27 juin 1815.
Monsieur le Général,
J’ai riiouneur de vous donner copie de la lettre que la Commission du Gouvernement a écrite au ministre de la guerre, relativement à l’Empereur Napoléon.
La lecture de cette lettre vous fera sentir. Monsieur le général, qu’il est de la plus haute importance pour le bien de l’Etat et la sûreté personnelle de Sa Majesté que vous ne vous sépariez pas de sa personne tant qu’elle restera en rade de l’île d’Aix, ce qui devra durer jusqu’à l’arrivée des passe-ports.
Le Maréchal, ministre de la guerre.
Prince d’Eckmuhl.
Paris, li; 27 juin 1815.
LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DU GOUVERNEMENT AU MINISTRE DE LA MARINE.
Monsieur le Duc,
La Commission vous rappelle les instructions qu’elle vous a transmises il y a une heure. Il faut faire exécuter l’arrêté tel que la Commission l’avait pris hier et d’après lequel Napoléon Bonaparte restera en rade de Pile d’Aix jusqu’à l’arrivée des passe-ports. D importe pour le bien de l’Etat, qui ne saurait lui être indifférent, qu’il y reste jusqu’à ce que son sort et
CÜKHESPONÜANCE IiNÉDlTE
celui de sa famille aient été réglés d’une façon définitive. Tous les moyens seront employés pour (jiie cette négociation tourne à sa satisfaction.
L’honneur français y est intéressé; mais en attendant ou doit prendre toutes les précautions pour la sûreté personnelle de Napoléon et pour qu’il ne quitte point le séjour (jui lui est momentanément assigné.
Signé : Le duc D'O'ra.v.NTE.
Pour copie :
Prince d’EciCMuiiL.
AUTIIE CÉPÈCIIE DU MLNISTHE DE I.A GUERIIE AU UÉNÉIIAL DElvEIl.
Paris, 27 juin 1813.
Monsieur le Général,
J’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint un arrêté i (jue la Commission du gouvernement vous charge de notifier à l’Empereur Napoléon, en faisant observer à Sa Majesté (jue les circonstances sont devenues tellement impérieuses (pPil devient indispensable ({u’elle se décide à partir pour se rendre à l'ile d’Ai.v. Cet arrêté est pris autant j)our la sûreté de sa personne (jiie dans l’intérêt de l’État, qui doit toujours lui être cher. Si l’Empereur ne prenait point une résolution à la notification (|ue vous lui ferez de cet arrêté, vous exercerez la plus active surveillance, soit pour ([ue Sa Majesté ne puisse sortir de la Mahnaison, soit pour
1. Cet arrêté iloiit il est fait meution est le même que celui liu 20 juin.
LE MAllÉCHAL DAVOUT
prévenir toute tentative contre sa personne. Vous feriez alors garder toutes les avenues qui aboutissent de tous les cotés vers la Malmaison. J’écris au premier inspecteur général de la gendarmerie et au commandant de la place de Paris de mettre à votre disposition la gendarmerie et les troupes que vous pourriez lui demander.
.le vous reitère, Monsieur le général, que cet arrêté a été entièrement pris pour l’intérêt de l’État et la sûreté personnelle de l’Empereur ; sa prompte exécution est indispensable. Le sort futur de Sa Majesté et de sa famille en dépend. Je n’ai pas besoin de vous dire. Monsieur le général, que toutes ces mesures doivent être prises dans le plus grand secret possible.
Le Maréchal, ministre de la guerre,
Prince d’Eckmuiil.
Pour se conformer au message qui venait de lui èü'C Lranmis avec ces dépêches, le comte Beker se rendit de nouveau à Paris. Introduit dans le cabinet du comte Berlier, secrétaire adjoint au ministre secrétaire d’État, il apprit que la Commission lui intimait l’ordre de partir le soir même incognito avec l’Empereur, et de l’accompagner à Rochefort. En même temps, le comte Berlier lui remit un passe-port par lequel la Commission exécutive autorisait le général Beker à se diriger vers cette ville, suivi de son secrétaire et d’un domestique. Ce secrétaire devait être l’Empereur.
Le Gouvernement , dil le comte Berlier, a trop
C ü H H E s P 0 N D A N CK I x\ EDI T E
à cœur le salut de Napoléon pour n avoir pas songé à tous les moyens propres à favoriser son départ; U a pensé (pue dans son voyage un strict incognito, sous votre nom et sous votre protection, serait le moyen le plus simple de le faire arriver sans danger à sa destination.
Ce (locuniciil est lro[t précieux pour l’Iiistoii'e |tour lie pas trouver ici sa place.
La Commission du gouvernement ordonne à tous les olliciers civils et militaires de laisser passer librement Monsieur le comte Beker, lieutenant-général, député à la Chambre des représentants, se rendant à Roebel'ort, accompagné de son secrétaire et d’un domestique ; leur enjoint expressément de ne pas souffrir qu’il soit apporté aucun obstacle, ni mis aucun retard à la marche de Monsieur le comte Beker, et de lui prêter au contraire, en cas de besoin, aide et assistance.
Fait à Paris, le vingt-six du mois de juin de l’an dixbuit-cent-quinze.
Le secrétaire-adjoint au iiiinistre, secrétaire d’Etat.
T. lÎKlU.IER.
Au bas (le ce jiasse-port. eulit'reiueiit tracé à la main, était imprimé en cire rouge le cachet du ministre secrétaire d’Etat.
(iliaque jour venait donc agrandir rétendue. accroître rurgence des servici's réclamés du comte Beker ; à clunjue instant, son patriotisme
cL son dévouement désintéressé recevaient un nouveau et douloureux appel.
Dans ce court trajet qui le séparait de la Malmaison, sa sollicitude s’appesantissait sur la gravité des obligations devant lesquelles la ligne de ses devoirs et l’accueil afTectueux qu’il avait reçu <le l’Empereur ne lui permettaient plus de reculer.
Devant ses yeux se manifestait l’exemple le plus étrange des vicissitudes humaines, puisque celui qui avait commandé à tant de Rois allait être obligé de s’abriter sous le manteau d’un de ses généraux pour s’éloigner à jamais de sa patrie. Quand il prit entre ses mains les pièces qui lui annonçaient un exil, l’Empereur, lisant les termes du passe-port, dit en souriant : « Me voilà donc voire secrétaire'^ — Non, Sire, répondit le général, vous serez toujours mon Souverain. »
Napoléon ne joignit pas d’autres réflexions à la lecture de ces dépêches (jui l’avaient étonné un instant, et bientôt s’eflaça sur ses traits l’impression qu’elles avaient produite.
Tous ces messages révélaient de la part de la Commission du Gouvernemeni des dispositions irrévocables. Malgré ces pressantes notifications. Napoléon restait irrésolu. Sa répugnance à quitter la Malmaison se fortifiait de plus en plus; le lendemain matin, 28 juin, il fit appeler le comte
CO li H E S P ü Ml A N C E I N E DI TE
|{(‘l<('r, el l’iiit'orma dc's (‘onsidéralions (|ui sus- ]joiidai(Mil son dt'parL, n’ayant olil.enn ni sanf- (‘ondnit. ni j;aranl i(‘S snllisanlcs ponr sa snreté. Il le cliarg^ea d'éerirc' dans ce sens an Maréchal, ministre de la pneri-e. et ce fut jiresqne enlièrof ment sons §a dictée (jiie fnl Lracéi* cette dépêche :
DÉPÈCHR: du générai, IÆKKR au MIXISTRÉ de DA GUERRE.
Ea Malmaison. 28 juin 1813.
Moiiscipnenr,
Après avoir comimmiqiié à l’Empereur l’arrêté du (lOuvernemcnt, relatit à son départ pour Hochefort, Sa Majesté m’a charf>é d’aiinonrer à Votre Altesse ipi’elle renonce à ce voyage, attendu ipie, les communications n’étant pas libres, Elle ne trouve pas une garantie siitlisante pour la suret* de sa per.sonne.
D’ailleurs, en arrivant à cette destination, l’Empereui se considère comme prisonnier, puisipie son départ de File d’Aix est snliordonné à l’arrivée des passe-ports, (|ui lui seront sans doute refusés ponr se rendre en Améri(|ue.
En conséquence de cette interprétation, FEmperenr est déterminé à recevoir son arrêt à la .Mahnaison, persuadé qu’on n'entreprendra rien contre lui ipii ne soit digne de la nation et de son gouvernement.
Telle est, Monseigneur, la notitication ijiie je suis chargé de vous adresser, et sur laipielle j’attends de nouveuix ordres.
Slfpié : Le Lieutenant-général,
Comte IkKEn.