‹ Le Maréchal Davout, Prince d'EckmühlChapitre 32 sur 63 · LE MA 11 EL II AL IJAVÜÜT · texte numérisé non relu

LE MA 11 EL II AL IJAVÜÜT

Le conile Beker ne reiM'vail el n’adressait aucune dépêche sans la sonmellre à l’Empereur, (jui lui faisait souvent riionnenr de l’appeler dans son cabinet pour lui demande)' si aucune instiniction supplémentaire concernant son voyage à Ro chefort ne lui avail été expédiée. Le général n’était pas toujours à même de satisfaire cette juste et nalurelle curiosité, puiscpie le Gouvernement provisoire le laissait dans une complète ignorance sur la marche des négociations des andiassadeurs auprès des alliés et sur les mesures des Chambres pour maintenir l’ordre dans la capitale et dans l’Empire.

C’était toujours avec une grande douceur de caractère cpie Napoléon l'aisonnait de sa situation, de sa renonciation aux alfaires publiques et de l’avenir delà France. Il croyait (pie les Souverains exécuteraient lidèlement les promesses stipulées dans les proclamations, répandues avec profusion par leui's armées lorsqu’elles Irancbirent les frontières, proclamations dans lescpielles ils garantissaient aux Français l’intégrité du territoire, le respect des personnes et des propriétés et le maintien de la Charte.

Durant cet intervalle, la Malmaison avait vu disparaître, d’une manière de plus en plus sensible, la foule jadis si empressée des courtisans de la fortune; ses salons étaient devenus déserls.

COH R ES POND A xN CE INEDITE

Dans la journée du 28, (|uel(|ues personnes arrivaient encore de Paris, mais on n’apercevait pins ni grands dignitaires, ni inai’échanx de l’Empire, que d’anires intérêts timaient attachés à d’antres lieux. La solitude du chàti'an n’était ])lns troublée (pie par l’ai’rivée on le départ de ipielqnes ofticiers snjiéiàenrs (pii acconraieni du champ (le bataille, souvent avec l(‘s vêtements en désordre, pour inl'ormer l’Emperenr du dévonement dont l’armée était tonjonrs animé(' en sa faveur. Ils lui proposaient de se remettre à leur tête, sans égard pour les résolutions du (lonvernemeiit provisoire, (|ni ne voulait pins admettre de sa part aucune tentai iv(‘ héronpie, dans la crainte de contrarii'r les négociations avec les coalisés.

IMais l’Empi'rem- se tenait isolé, comnmin(jnant peu avec hvs personnes, dndidiors; le (Irand -Maréchal, (jui S(‘nl avait un libre accès aiifirès de sa personne, lui servait d’intermédiaire.

Dans le cours de cette journée, il fut enjoint au général Deker d’aller visit(‘r le pont de Chaton sur la Seine, pour s’assurer de l’exécution des ordres du .Ministi-e de la guerre, donnés à un détachement de la garde Impériale, pour la destruction de ce point de communication, attendu (pie, dans un moment on l’on était menacé de l’invasion des Prussiens, sa [iroximité de la Malmaison pouvait comjiromettre la sûreté de l’Emjierimr-

LE iM A U EL 11 AL UAVOUT

ORDRE DU JllMSTRE DE LA GUERRE AU GÉMjRAL BEKER.

Paris, 28 juin.

Monsieur le Général,

Vous prendrez une partie de la garde qui se trouve sous vos ordres à Rue), et vous irez brûler et détruire complètement le pont de Cliatou.

Je lais détruire également par des troupes qui sont à (iourbevoie le pont de Résous; j’y envoie un de mes aides de camp pour cette opération.

J’enverrai demain des troupes à Saint-Germain; mais, en attendant, gardez-vous sur cette route.

L’ol'ticier([ui vous portecette lettre est cbargédem'apporter lui-même le rapport de l’e.xécution de cet ordre.

Maréchal Prince d’Eckmuiil

Durant cos retards et ces incertitudes, le temps s’écoulait, les évéuemejits se j)récij)itaieut. Ou pouvait être surpris et on ne résolvait rien. Seulement, quel(|ues préparatifs de départ étaient ordonnés, sans qu’on eût lixé la direction à prendre pour mettre un terme à une si périlleuse situation.

Il était buit heures du soir, quand un message du Maréchal prince d’Eckmühl mandait à Paias le général Dekei', dont, les instructions devaient être complétées.

On apprit en même temps la désorganisation de l’armée, la défection de beaucoup d’ofliciers généraux et supérieurs, le défaut d’ensemble et

COUliKSPÜNUANCK INKDITE

les actes criiisuljordiaalioa (|ai éclalaieat sar tous les poials.

Arrivé chez Saa Excellence, le coiate Beker so. croisa dans le vestihale de l’iiàltd da Miaistre avec aa persoaaaj^e (pii sortait d’iiae coafériaici' <pi’il viaiait d’avoir avec 1(( Maréchal. L’huissier de S(‘rvice ayant aaiaaicé ipie le Miaistre attendait le (léaéral dans son jardin, celai-ci travei’sa le péristyle et, abordant Son Alti'sse ; lai deaiaada (padh's (‘taieat les iastractioas aoawdles (pi’tdh' avait à ha coiaiaaaiipier poar l’accoiaplisseaa'at de sa laissioa. Sans donner suite à cette ([iiestioa : Connaissez-vous la 'personne que vous avez rencontrée dans le vestibule? dit le .Alaréchal. Sar la réponse aégativi', il ajoata : C’est M. le baron de Vitrolles, agent du Roi, qui est venu, delà part de sa Majesté, 'me soumettre des propositions que j'ai trouvées acceptables pour le pays. Si les miennessont agréées, je monterai demain à la tribune de la Chambre des représentants, pour exposer le tableau de notre situation, et pour faire sentir la nécessité d’adopter les projets queje o'ois utdes à la cause nationale .

^ iveaieat impressionné jiar ct'tti* coatideaciy ipa le coalirmait dans la crainte da chaagiMaeat prochain d(“S di'stiaées de la France, le coiate Beker lai dit : Je ne puis, monsieur le Maréchal, vous dissimider mon étomiement de vous voir

LE MARÉCHAL DAYOUT

prendre une dèierminaiion qui doit disposer du sortde l'Empire en faveur d’une seconde restauration. Prenez garde de vous charger d’une si grande responsabilité ; il y a peut-être encore des ressources pour repousser V ennemi., et l’opinion de la Chambre des représentants ne me qoarait pas, après son voie pour Napoléon II, favorable au retour des Bourbons. Le prince (rEckmühl, qui fut complèlement éloigné des ali'aires dès la rentrée de Louis YXIII, était de bonne foi et d’une entière loyauté dans les uégociatious qu’il n’avait entamées que d’accord avec le Gouvernement provisoire; il était couvaincu qu’après les malheurs de la gueiTe, après les promesses des étrangers, qui ne mettaient à la paix d’autre condition que celle de la retraite de l’Empereur, cette époque de trausitiou d’un règne à un autre était opportune pour débattre et garantir les intérêts du pays b

Le Ministre, s’apercevant que le Général ne

1, Cette assertion est qielque peu surprenante, mtis nous ne saurions clouter delà loyauté du général Beker. S’il a raconté cit incident à l’Empereur, la phrase par lui redite à ma mère et par moi entendue : « Je croyais que Davout m’aimait, mais il n’aimait que la France! » doit sans doute trouver ici sa place. Comme l’Empereur, le maréchal avait l’horreur de la guerre civile, et sans doute les propositions soumises à M. de Vitrolles devaient être pareilles aux paroles adressées par le maréchal à l’armée de laLoire. Ce dont nous a\ons la certitude, c’est de la noblessedes inlentionsdu prince d’Eckmühl, mais du messager fatal nous ne répondons pas.

COHRESFONUA.XCE INÉDITE

partageait pas sa manière de voir, ne poursuivit pas plus loin cet enti-etien. Il rentra dans les a[)partements et lui remit la copie d’un nouvel arrêté du Gouvernement adressé au Ministre de la marine, ampiel il était ordonné, vu rurgence des circonstances, de mettre les frégates à la disposition de Napoléon, sans retard ni délai. Il n’était {)lus nécessaire d’atttmdre l’i'xpédition des sanfs-conduits.

COPIE DE LA I.ETTliE DE LA COMMISSION DU GOUVER.NEMENT AU •MINIsTliE DE LA MARINE.

Paris, 28 juin 1813.

Monsieur le Duc,

De longs retards ayant eu lieu depuis la demande faite de sanfs-conduits pour Napoléon, et les circonstances actuelles faisant craindre pour sa sûreté personnelle, nous nous sonnues déterminés à regarder comme non avenu l'article cimj de notre airèté du 20 de ce mois. En conséipience, les frégates sont mises à la disposition de Napoléon.

Rien mûntcuant ne met olislacle à son départ. L’intérêt de l’État et le sien exigent imiiérieusement (|u’il parte aussitôt après la notification que vous allez lui faire de notre détermination. .M. le comte Merlin doit se joindre à vous pour cette mission.

Signe : Les 5 iiiemhres de la Commission.

\ cette pièce était jointe la lettre originale écrite sur une leuille volante, et signée par les

LE MAUÉCllAL DAVOUT

cinq membres de la Commission, qui enjoignail an comte Beker de se conformer aux diverses dispositions mentionnées.

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