‹ Le Maréchal Davout, Prince d'EckmühlChapitre 33 sur 63 · LA COMMISSIO.N DU GOUVERNEMENT AU GÉNÉRAL BEKER · texte numérisé non relu

LA COMMISSIO.N DU GOUVERNEMENT AU GÉNÉRAL BEKER

Paris, 28 juin 1813.

iMonsieur le Général,

La Commission vous envoie copie des nouvelles instructions qu’elle donne au Ministre de la marine.

Vous devez, en ce (jui vous concerne, vous conformer entièrement à cette nouvelle disposition et aux précédentes instructions que vous avez reçues du Ministre de la guerre, relativement au départ et à la sûreté de la personne de Napoléon.

Signé : Le duc d’OTRAATE, comte Grenier, Quinette, Caulaincourt, duc de Vicence, Carnot.

Le Ministre de la guerre, en ajoutant à ces dépêches des instructions verbales, réitéra au général l’ordre d’accélérer par tous les moyens de persuasion le départ de Napoléon et le pressa d’instruire Sa Majesté des périls auxquels l’exposait un plus long séjour aux portes de la capitale.

Le jour naissait à peine, lorsque le comte Beker reprit le cbemin de la Malmaison, pour rendre compte à l’Empereur des ordres que le Ministre île la guerre venait de lui transmettre et l’instruire de la marche des événements.

Un lugubre silence pesait sur cette résidence impériale, maintenant solitaire, et jadis trop étroite

COHRESPONDANCE INEDITE

pour la cour la plus sploiidide de l’Europe, (piand le drapeau national, déployé sur sou faîte, anuoii- '<;ail la présence du iuonar(jue; les principaux personnages avaient disj)aru ; la veilh;, la reine Ilorteuse, eu pleurs, avait fait au chef de sa famille :ses derniers adieux.

Le général, (mi proie aux tristes réllexious (pie taid, d’infortune faisait naître, attendait le réveil d(! l’Empereur, lorscpie, vers i heures du matin, arriva le duc Decrès, ministre di; la marine.

Il v(‘uait notifier lui-mème à Napoléon le dernier arrêté du (louvernemeut provisoire, et l’avertir des dangers (pi’un plus long' séjour à la Malmaison multiplierait autour de lui, l’avaut-garde ennemie pouvant se montrer d’un instant à l’autre. Son éhugnement devait au contraire assurer le succès des négociations avec les souverains alliés, et favoriser l’acceptation des clauses stipulées dans l’intérêt de son (ils et do sa famille. La démaridie du Ministre de la marine paiait persuader rEinpei'eur (pi’nne plus longue hésitation pouvait être fatale, et il S(‘ disposait à partir pour Kocheforl. Néanmoins, (pioiipie les ordres fussent ilonnés en conséapience de cette résidu! ion, il céda au.x avis de quehpies anciens serviteurs ipii croyaient (uicore à la possibilité de changi'r la lace des affaires, et dilféra son départ de (pndipies lieures pour envoyer le comte ]}(d\er à Paris, à

l’ciroL (lo Iransmollre de iiouvolles propositions au GouveraeinenI .

11 était cinq heures du matin lors(|u’il le lit appeler pour le charger de cette mission. Le général lui lit oljserver respectueusement que, 'position, un pareil 'message serait mieux rempli par un officie)' de la maison impèidale que par lui, membre clelaChamb)-edes représentants et commissaire du gouver-nement, dont les insti'uctions , qu’il avait eu l’honneur de soumettre à Sa Majesté, se bornaient à V accompagner .

L’Empereur, dans cet entretien, avait l’épée au coté, le chapeau sous le hras; derrière lui se tenaient debout 3Iadame mère et le cardinal Fesch, récemment arrivés, ainsi que le duc de Bassano et d’autres personnages, lorsqu’il termina par ces mots : J’ai confiance en 'votre loyauté, remplissez cette mission à l’instant, vous me rendrez un nouveau service. — Sire, répondit ie général, je suis fier de ce té)noignage d’une confiance aussi haute, et puisque moi dévoûnient peut être idile à Votre Majesté, je ne puis hésiter à obéir à vos désirs.

Il se jeta immédiatement dans une chaise de poste pour se rendre à Paris. Il arriva au pont de Neuilly; des barricades avaient déjà converti ce passage en obstacles. Il fut obligé de les traverser à ses risques et périls, et de se glisser le long des

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piixapots, t‘.\po.s(‘ à cluupie pas à tomber dans la Seine; il atteignit l’antre rive, mais il n’avait pins de A'oitnre à sa disposition. Henrensement , le commandant dn bataillon établi snr ce point lui procura un mécbant cabriolet do place, (io fut dans ce modeste érpnjjage (pie le d(‘rnier amliassadenr du souverain ipii avait régné snr le continent européen fit son entrée aux Tuileries.

L’buissier d(‘ service l’avant annoncé à la (aunmission du gouvernement, le général l'nt aussitôt introduit dans la salle du conseil, on l’on lut étonné de le voir, lorscpi’on croyait (b'jà (pie, conformément aux dernii'res et pressantes déja'cbes nolilié(‘s par le Ministre de la marine Ini-mème, il avait pris avec Napoléon la route de Ilocbef'ort. Le généi'al, pour expli(pier à la (ammiission le motif de son retour, s’i'xprima en ces t(‘rmes :

L’Empereur m’envoie vous dire (pic la situation de la France, les vœux des patriotes et les cris des soldats réclament sa présence pour sauver la jialrie.

Ce n’est |»lus comme Empereur qu’il demande le commandement, mais comme général dont le nom et la réputation peuvent encore exercer une grande influence sur le sort de l’Empire. Ajirès avoir repoussé rennemi, il promet de se l'endre aux États-Unis, pour y accomplir sa destinée.

Fai jiropositioii était séduisante dans l’état où

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